Archives Mensuelles: septembre 2014

BELLE AFFLUENCE POUR « FOULE DE GENS : RUSHS DES ANNEES 80 » LE 20 et 21 septembre AUX PORTES OUVERTES DE BAGNOLET !

Pour la troisième année, j’ai montré dans la cave de la plasticienne Tam thi Pham, des images que vous ne pourriez pas voir ailleurs… Leurs mauvaises qualités techniques, et le format vidéo obsolète ne le permettrait pas. Mais ce travail très ancien sera la base d’un autre à venir, et auquel vous pourrez participer à votre façon. Car c’est bien cela qui est important, n’est-ce pas : participer ? Non ? « Foule de gens », c’est vous. C’est nous tous.

Vous avez été nombreux à venir vous ballader dans notre bonne ville de Bagnolet ! Votre enthousiasme m’a beaucoup touchée. Merci.

Cliquer ici pour découvrir le visuel réunissant les visages de ma foule des années 80 retrouvée dans la K7 oubliée :

foule gens : Rushs des années 80 filmés en VHS secam, aux portes ouvertes de Bagnolet 2014

FOULE DE GENS / PEUR ET FIERTÉ / La K7 oubliée / rushs des années 80 / VHS secam
Proposé par Fabienne Issartel
SAMEDI 20 et DIMANCHE 21 de 14 h à 20 h, à Bagnolet, lieu N°17

la K7 oubliée "foule de gens" de Fabienne Issartel

la K7 oubliée « foule de gens » de Fabienne Issartel

Au début des années 80, et bien avant que je ne fasse des films, on m’avait prêté une caméra vidéo – format VHS secam – que j’avais installée dans ma cuisine située au cinquième étage d’un immeuble de la rue Mandar, dans le quartier Montorgueil du deuxième arrondissement de Paris. Je décidais alors de profiter de ce matériel provisoire pour entreprendre une sorte d’enquête.
Il s’agissait de poser deux questions qui me semblaient essentielles, à des amis, ou à des gens rencontrés au débotté en bas de chez moi :
« De quoi avez-vous peur ? » et « qu’est-ce qui vous rend fier ? »

72 personnes se sont alors succédées une à une en gros plan visage devant l’objectif. Un mois exaltant durant lequel je ne ménageais pas ma peine, montant et descendant à longueur de journées les paliers abrupts de mon logement pour accueillir chaleureusement mes visiteurs. La sincérité avec laquelle ils venaient se soumettre volontairement à ce questionnement connu
à l’avance, et ainsi « faire acte », me déconcertait totalement. Comme si leurs mots fragiles et simples, prononcés justement devant moi, pouvaient tout à coup leur permettre de s’affranchir de leur destin tracé, de les sauver…

Mon idée était de monter ensuite ces entretiens avec des images de grands rassemblements humains : foules pixélisées où chaque personne n’est plus qu’un simple point.
Double face – peur, fierté -, et double genre – foule, individu -, le film « Foule de Gens » était censé susciter chez le spectateur une réflexion sur les différences de comportements, selon qu’un homme est isolé ou inclus dans une foule. Car la foule présente ces deux visages : celui de la peur souvent, celui de la fierté parfois…

Le résultat de ce beau travail était plutôt intéressant. La peur et la fierté amenaient à réfléchir en profondeur à très nombreux sujets et notamment à ce que l’on pouvait gagner en acceptant de perdre… Mais les rushs se révélèrent techniquement de trop mauvaise qualité pour envisager une finalisation « broadcast » du film, et je laissais à regret ce projet en jachère.

La K7 oubliée et retrouvée en VHS secam

La K7 oubliée et retrouvée en VHS secam

Quelques explications :
En mai 2014, par hasard, j’exhumais la précieuse K7 d’une main innocente d’un des cartons de mon grenier. Je croyais l’avoir définitivement égarée et voilà qu’elle ressurgissait 30 ans après ! Emotion. Je m’installais alors un peu fébrile devant mon vieux magnétoscope pour visionner cette étrange antiquité. Les visages familiers, mais oubliés, apparurent alors devant moi comme venant de l’au-delà. Certains étaient « en vrai » d’ailleurs bien morts, et je constatais avec un certain malaise, que leurs réponses aux deux questions auraient presque pu le laisser présager.
La détérioration de la bande révélait l’insolence de leur jeunesse balbutiante d’une manière particulièrement troublante. C’est qu’ils avaient définitivement atteint ici « un âge magnétique » qui colorait leurs joues de façon aléatoire en jaune, en rouge ou en vert. Aux temps arrêtés du tournage de1980, ou de leur existence peut-être maintenant interrompue, se superposait donc en abyme, la vie propre et autonome de cette bande vidéo qui s’oxydait. Il fallait faire quelque chose.
Je décidais alors de fossiliser à tout jamais ces rushs patinés qui avaient gardé leur âme. Grâce à l’artifice d’une copie numérique, les foules de points deviendraient des foules de carrés !
C’est cette copie des rushs que je vous propose de regarder ici, à votre guise, telle quelle, sans montage, comme nouvelle base de travail pour un film à venir… Lequel ? Je ne sais pas encore.
La peur et la fierté ont-elles changé de visage à notre époque ?
Que répondriez-vous aujourd’hui aux deux questions ?
J’attends vos suggestions !
Fabienne Issartel

Dans la cave du 60 rue Hoche, au lieu N°17, installée pour l’occasion en salle de projection – et pour accompagner le travail « BABEL » de la plasticienne Thi-Tam Pham qui m’accueille chez elle -, j’ai donc proposé aux promeneurs, de visionner telle quelle, comme je l’ai redécouverte, sous forme de rushs non montés, la fameuse « cassette oubliée » avec
ses images plein cadre de visages presque effacés.
Je crois que le côté sauvage des rushs a bien plu. Sans doute, le fait de proposer des images non montées permet à chacun d’inventer son propre statut de spectateur…

Comment refaire la même chose aujourd’hui ? Ce ne serait pas si simple.Les formes de désespoir ont changé. Parler devant une caméra en 1980 était un acte de liberté. En 2014, c’est devenu une contrainte sociale. Chacun veut contrôler sa propre image -fierté des selfy- tout en ayant une peur panique du regard de l’autre. BIZARRE !!

Pour rerouver cette forme d’émotion simple et sincère aujourd’hui, il faudrait inventer un dispositif différent. Lequel ? J’y réfléchis…

DEDICACES À QUELQUES-UNS DE MA FOULE :

CE CHER, TRÈS CHER HERVE PRUDHON…

Hervé Prudhon dans les années 80 répond aux questions : "de quoi avez-vous peur ? Et de quoi êtes-vous fier ?". Rushs de Fabienne Issartel.

Hervé Prudhon dans les années 80 répond aux questions : « de quoi avez-vous peur ? Et de quoi êtes-vous fier ? ». Rushs de Fabienne Issartel.

Deux articles retrouvés sur le net pour ceux qui ne le connaissent pas.
Et il faut lire « Tarzan malade »…

http://lettres.blogs.liberation.fr/sorin/2008/11/je-me-souviens.html

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/extraits-d-ouvrages/article/herve-prudon-les-hommes-s-en-vont-58733

Hervé Prudhon dans la cave-projection

Hervé Prudhon dans la cave-projection

Tristan : peintre, vidéaste, musicien, chanteur
Sa petite chanson inoubliable : « de bonne humeur ce matin »

Tristan dans "Foule de gens" de Fabienne Issartel

Tristan dans « Foule de gens » de Fabienne Issartel

Chris Vila : écrivain
Il faut lire « Sang futur », 1977
http://www.noosfere.org/icarus/livres/auteur.asp?NumAuteur=23

Chris Vila dans "foule de gens" de Fabienne Issartel

Chris Vila dans « foule de gens » de Fabienne Issartel

Olivia Clavel : peintre et membre fondatrice de « Bazooka »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bazooka_(groupe)

Olivia Clavel dans "foule de gens" de Fabienne Issartel

Olivia Clavel dans « foule de gens » de Fabienne Issartel

Jean-Edern Hallier : écrivain

Jean-Edern Hallier dans "foule de gens" de Fabienne Issartel

Jean-Edern Hallier dans « foule de gens » de Fabienne Issartel

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