SALLE PLEINE POUR L’AVANT-PREMIERE DE MON FILM « BORIS PAHOR PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE » A BAGNOLET EN PRÉSENCE DE MON HÉROS. LE GRAND ECRIVAIN SLOVÈNE DE TRIESTE, 101 ANS, A UNE FOIS DE PLUS SÉDUIT SON PUBLIC !

l'invitation de la mairie de Bagnolet pour la venue le 8 et 0 octobre de l'écrivain Boris Pahor

l’invitation de la mairie de Bagnolet pour la venue le 8 et 0 octobre de l’écrivain Boris Pahor

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http://blogs.mediapart.fr/blog/alicia-deys/081014/boris-pahor-un-sommet-d-humanite

http://www.humanite.fr/boris-pahor-portrait-dun-homme-libre-554108

Boris Pahor trinque avec Liza Japelj à son arrivée à Paris le 7 octobre 2014

Boris Pahor trinque avec Liza Japelj à son arrivée à Paris le 7 octobre 2014

Boris Pahor est arrivé à Paris mardi en pleine forme, et il était le 8 octobre présent à la Médiathèque de Bagnolet pour une conférence, premier rendez-vous avec les habitants de Bagnolet.

Boris Pahor dans les rues de Paris, en route pour Bagnolet , octobre 2014

Boris Pahor dans les rues de Paris, en route pour Bagnolet , octobre 2014

La rencontre, animée par Liza Japelj, a duré au moins deux heures et demie devant un public très attentif. La traductrice de Boris Pahor ANDRÉE LÜCK-GAYE nous a fait part des émotions bien particulières ressenties pendant son travail autour de l’oeuvre de Boris Pahor, et notamment lors de la traduction du récit que Boris Pahor a consacré à sa détention au camps du Struthof : « Pélerin parmi les ombres ».

Le public de la conférence de Boris Pahor à la Médiathèque de Bagnolet le 8 octobre 2014

Le public de la conférence de Boris Pahor à la Médiathèque de Bagnolet le 8 octobre 2014

Quelques mots de sa traductrice Andrée Lück-Gaye en 2013 :

« « Nekropola », « Pèlerin parmi les ombres », a été ma première traduction publiée et qu’elle est encore maintenant, un peu plus de vingt ans plus tard, la plus visible, la plus lue, j’y reviendrai. Ce texte m’a beaucoup marquée quand je l’ai traduit. J’en ai des souvenirs très précis.
Récemment, avant sa publication en poche, j’ai relu « Printemps difficile » pour lui apporter quelques corrections, et à cette occasion j’ai redécouvert le texte. Pour « Nekropola », nul besoin de relire. De nombreux passages sont restés gravés dans ma mémoire et sans doute à jamais, et pas seulement parce que je tombais sur des mots qui me résistaient ni en raison de la longueur et de la complexité des phrases ; mais parce que la lecture du traducteur est, pour reprendre une belle expression de Boris A. Novak, « la seule qui aille si profondément dans le texte et le contexte », et que j’ai lu et relu ces mots, ces phrases, que j’ai dû m’arrêter sur chacune d’entre elles et que le traducteur n’a pas, comme le lecteur, la possibilité de passer rapidement sur les moments durs, de sauter les passages insupportables, qui font mal, voire de tourner la page.
Souvenir aussi de mes conversations avec M. Pahor, échanges, discussions, parfois confidences. Nous nous rencontrions dans un bistrot de la Place d’Italie pour discuter de ma traduction, corriger mes erreurs le cas échéant … et nous avions parfois de longs échanges à propos de certains termes. Je me rappelle entre autres le débat que nous avons eu pour déterminer si, dans les camps, les détenus portaient des sabots ou des galoches (…) Ce livre a aussi révélé à beaucoup de ses lecteurs l’existence d’un camp de concentration sur le sol français, ce que moi-même j’ignorais alors que j’avais pourtant lu dès les années 70 de nombreux ouvrages sur la deuxième guerre mondiale et les ignominies des nazis. Et quand j’ai visité le Struthof, j’ai eu moi aussi, toutes proportions gardées évidemment, l’impression de faire un pèlerinage, en retrouvant tous les lieux décrits par M. Pahor et qui m’avaient tellement impressionnée, la potence, les terrasses, la table de dissection avec la goulotte pour l’écoulement du sang… et qui me renvoyaient à certains moments intenses, comme la séance chez le coiffeur à l’arrivée dans le camp, la douche, la mort du petit Tchèque… Maurice Braun, du journal « le Déporté », cite quant à lui la description des corps nus dans la neige avant et après la douche et considère qu’il s’agit d’un morceau d’anthologie de la littérature concentrationnaire. (…)
Une autre traduction m’a profondément marquée, c’est celle du recueil de nouvelles « Arrêt sur le Ponte Vecchio » qui donne notamment à voir au lecteur un aspect de l’histoire italienne tout à fait inconnue –en tout cas des Français. Des autres nouvelles, je me souviens, bien sûr, de la campagne du Karst, de la bora, du cliquetis des trams. Mais je me rappelle surtout avoir découvert, là encore comme de nombreux lecteurs français, les horreurs commises par les fascistes italiens pour tenter d’éradiquer les Slovènes, leur langue, leur culture, leur nom même. Je n’oublierai jamais le chef de chœur à qui on fait boire de l’huile de machine, la petite fille que l’instituteur suspend par les tresses à un porte manteau. Dans une critique parue dans Charly Hebdo, Michel Polac a écrit à l’époque : « Il faut faire lire ces pages à nos gens de droite qui veulent faire croire que Mussolini était plus respectable que Hitler un peu trop fou… » (…) »

le samedi 24 mars 2012, Andrée Lück-Gaye a reçu la Bourse de Traduction du Prix Européen de Littérature.

le samedi 24 mars 2012, Andrée Lück-Gaye a reçu la Bourse de Traduction du Prix Européen de Littérature.

Boris Pahor, Liza Japelj et Andrée Lück-Gaye à la Médiathèque de Bagnolet le 8 octobre 2014

Boris Pahor, Liza Japelj et Andrée Lück-Gaye à la Médiathèque de Bagnolet le 8 octobre 2014

LE 9 OCTOBRE À 19 h 30, A EU LIEU LA PROJECTION DE MON DOCUMENTAIRE « BORIS PAHOR PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE », 98′, au cinéma le CIN’HOCHE, place de la mairie à Bagnolet.
L’intervention de Boris Pahor après la projection a été remarquable. D’un trait, il nous a proposé un raccourci d’histoire allant de la barbarie des baïonnettes en 1914, aux horreurs des camps de la deuxième mondiale, juqu’aux martyrs égorgés d’aujourd’hui. « A quoi servent donc la mémoire et les témoignages de ce mal, si le pire se reproduit sans cesse ? » a demandé avec énergie Boris Pahor à l’assistance.

Tournage des dernières images du documentaire "Boris Pahor portrait d'un homme libre au sommet du mont Nano. Boris Pahor et Fabienne Issartel.

Tournage des dernières images du documentaire « Boris Pahor portrait d’un homme libre au sommet du mont Nanos. Boris Pahor et Fabienne Issartel.

« Il se pencha sur ses lèvres, retenant sa nuque et ses cheveux dans ses mains, tandis qu’elle s’agrippait à son cou et que son sein le frôlait, à la fois tendu et accueillant. Sous ses paupières mi-closes, il vit à nouveau et clairement que, après l’extermination et la mort, l’irremplaçable entente entre l’homme et la femme constituait la seule vérité de ce monde ; grâce à elle, grâce à la femme, toute chose existante prenait un sens. C’est elle qui devrait enseigner aux enfants de l’homme l’alphabet d’une nouvelle paix. Et pendant qu’il caressait le corps de Luciana, une promesse solennelle naissait de sa passion : « femmes, nous devons t’aimer à la fois avec intensité et avec attention, pour savoir aimer de nouveau notre monde et ceux qui y vivent, avec intensité car c’est seulement d’un amour intense que naîtront la fierté et l’audace, et c’est seulement de l’audace que naîtra la liberté ».
Boris Pahor, Extrait de La Villa sur le Lac, p 201-202, 1955

Toutes les femmes étaient émoustillées d’avoir rencontré ce drôle de personnage encore mystérieusement désirable à 101 ans… Et je me souviens avoir dit à Boris Pahor : « le prochain film que je ferai sur vous s’appellera « le bourreau des coeurs » ».
Mais je crois qu’il ne connaît pas le sens de cette expression en français.

Dernière promenade dans Paris de Boris Pahor avant de prendre l'avion le 10 octobre 2014

Dernière promenade dans Paris de Boris Pahor avant de prendre l’avion le 10 octobre 2014

J’ai reçu de nombreux messages de soutien après la projection. Voilà celui de la présidente des Slovène de Paris »

Chère Madame,

J’ai été émue en regardant la projection de votre film « Boris Pahor, portrait d’un homme libre ».
Le message universel d’humanité y est omniprésent.
En plus, c’est une belle leçon de vie sur les idées reçues et le tabou sur la vieillesse.
Le portrait de l’homme libre est bien réussi. Je me permets d’affirmer que de telles rencontres dans la vie sont rares et d’une
qualité humaine précieuse.

Mes parents ont vécu le fascisme, l’interdiction de parler, chanter…en slovène.Mon père a été interné à Berlin…
Il est revenu à pied, en wagons pour les animaux…ayant 35 kg. Son voyage a duré 40 jours.

Merci pour ce film exceptionnel, incluant les témoignages et les preuves du passé sombre et inhumain de l’Europe mais aussi
porteur de messages d’amour, de vie, de liberté, de pardon et de paix.
J’éspère qu’il trouvera « sa route » en grande diffusion prochainement.
J’ai bien aimé votre conclusion à la fin : une lecture du texte de Boris Pahor; message d’amour à la Femme.

Au nom de notre communauté Slovène à Paris, je vous exprime notre gratitude pour ce cadeau mémorable
que vous avez fait à Boris Pahor, au peuple slovène, ainsi qu’à tous les autres peuples.

Anna Vicic, Présidente de l’ASSOCIATION DES SLOVENES DE PARIS

Fabienne Issartel et Boris Pahor au moment des adieux le 10 octobre 2014 à Montparnasse

Fabienne Issartel et Boris Pahor au moment des adieux le 10 octobre 2014 à Montparnasse

Encore des photos de Boris Pahor à Paris toujours curieux et toujours en action :

A chacun de ses déplacements Boris Pahor envoie à tous ses amis européens des cartes postales. Octobre 2014 au "Bistrot du Dôme", Paris.

A chacun de ses déplacements Boris Pahor envoie à tous ses amis européens des cartes postales. Octobre 2014 au « Bistrot du Dôme », Paris.

Boris Pahor veut savoir à quoi ressemble le poisson "lotte" qu'il vient de manger. "Ah, un poisson avec des ailes" dit-il en le découvrant sur le smartphone du garçon. Octobre 2014, au "Bistrot du Dôme".

Boris Pahor veut savoir à quoi ressemble le poisson « lotte » qu’il vient de manger. « Ah, un poisson avec des ailes » dit-il en le découvrant sur le smartphone du garçon. Octobre 2014, au « Bistrot du Dôme ».

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Une réflexion sur “SALLE PLEINE POUR L’AVANT-PREMIERE DE MON FILM « BORIS PAHOR PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE » A BAGNOLET EN PRÉSENCE DE MON HÉROS. LE GRAND ECRIVAIN SLOVÈNE DE TRIESTE, 101 ANS, A UNE FOIS DE PLUS SÉDUIT SON PUBLIC !

  1. Modiano peut attendre. Lisez Boris Pahor. Il est de ceux dont la lecture nous grandit.

    Jean-Michel Coget

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