Archives Mensuelles: juillet 2016

« INDIGNONS-NOUS » TOUJOURS ET ENCORE ! Les deux dernières projections de mon « Boris Pahor, portrait d’un homme libre »

Deux nouvelles projections de « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » ont eu lieu en février 2016 au Luxembourg et en juin 2016 à Palma de Majorque à l’Atlantida film festival. Notre aventure extraordinaire continue donc à travers toute l’Europe ! Même si le film n’a pas encore été diffusé sur une chaine de télévision – qu’attendent-ils ?-, c’est un beau et étrange succès auquel des acteurs artistiques indépendants et enthousiastes ont envie de s’associer. Ainsi le film a déjà été sous-titré en italien par la formidable équipe de l’Alliance française de Trieste (c’était la toute première projection mondiale), puis en espagnol par Max Lacruz pour le festival Atlantida de Palma de Majorque, et maintenant à Bruxelles c’est Maja Knafelc qui travaille à une traduction slovène. Une chaîne de belles personnes ont ainsi permis d’amplifier la voix et le message humanistes de Boris Pahor plus que jamais nécessaires ces jours-ci !

Stéphane Hessel et Boris Pahor lors de leur rencontre à Paris en 2012, image du film "Boris Pahor, portrait d'un homme libre" de Fabienne Issartel

Stéphane Hessel et Boris Pahor lors de leur rencontre à Paris en 2012, image du film « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » de Fabienne Issartel

Trois grands indignés européens !

J’avais filmé avec Guylène Brunet la rencontre entre Stéphane Hessel et Boris Pahor en 2012 à la Maison de l’Amérique latine. Stéphane Hessel et Boris Pahor : deux hommes libres profondément européens, comme l’était aussi Albert Camus que Boris Pahor aime tant. Voilà un extrait du discours que Camus avait prononcé en octobre 1957 à Stockholm où on lui remettait le prix nobel de littérature.

« Chaque grande œuvre rend plus admirable et plus riche la face humaine, voilà tout son secret. Et ce n’est pas assez de milliers de camps et de barreaux de cellule pour obscurcir ce bouleversant témoignage de dignité. C’est pourquoi il n’est pas vrai que l’on puisse, même provisoirement, suspendre la culture pour en préparer une nouvelle. On ne suspend pas l’incessant témoignage de l’homme sur sa misère et sa grandeur, on ne suspend pas une respiration. Il n’y a pas de culture sans héritage et nous ne pouvons ni ne devons rien refuser du nôtre, celui de l’Occident. Quelles que soient les œuvres de l’avenir, elles seront toutes chargées du même secret, fait de courage et de liberté, nourri par l’audace de milliers d’artistes de tous les siècles et de toutes les nations. Oui quand la tyrannie moderne nous montre que, même cantonné dans son métier, l’artiste est l’ennemi public, elle a raison. Mais elle rend ainsi hommage, à travers lui, à une figure de l’homme que rien jusqu’ici n’a pu écraser. »

(Dans « Discours de Suède », 10 décembre 1957, édition Folio, page 61)

Camus et Pahor sont nés tous les deux en 1913 !

Camus, Hessel et Pahor nous donnent ce courage d’être digne de notre humanité.

La projection AU LUXEMBOURG :

L'événement organisé au Luxembourg autour de la venue de Boris Pahor en février 2016

L’événement organisé au Luxembourg autour de la venue de Boris Pahor en février 2016

Après la projection du film "Boris pahor, portrait d'un homme libre" au Luxembourg le 24 février 2016 : Boris Pahor, Michel Hiebel le proviseur du lycée français Vauban et moi, Fabienne Issartel

Après la projection du film « Boris pahor, portrait d’un homme libre » au Luxembourg le 24 février 2016 : Boris Pahor, Michel Hiebel le proviseur du lycée français Vauban et moi, Fabienne Issartel

Boris Pahor sort du lycée Français Vauban du Luxembourg en compagnie de Marc Bubert, professeur de français et aussi personnage présent dans le film "Boris Pahor portrait d'un homme libre", février 2016

Boris Pahor sort du lycée Français Vauban du Luxembourg en compagnie de Marc Bubert, professeur de français et aussi personnage présent dans le film « Boris Pahor portrait d’un homme libre », février 2016

La projection à PALMA DE MAJORQUE :

Palma de Majorque vue du chateau de Bellver

Palma de Majorque vue du chateau de Bellver

L’affiche de la première projection en espagnol. Le film a été sous-titré par Max Lacruz.L’affiche a été conçue et réalisée par Slobodan Obrenic.

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Le trailer de « Boris pahor, portrait d’un homme libre » réalisé spécialement par le festival Atlantida de Majorque pour le film présenté en ouverture le 27 juin 2016.
Cliquez ici :

http://www.ecartelera.com/videos/trailer-boris-pahor-retrato-de-un-hombre-libre/

Boris Pahor après la projection de Boris Pahor, portrait d'un homme libre" à l'Atlantida film fest de Palma de Majorque,  27 juin 2016

Boris Pahor après la projection de Boris Pahor, portrait d’un homme libre » à l’Atlantida film fest de Palma de Majorque, 27 juin 2016

Boris Pahor à Palma de Majorque, juin 2016

Boris Pahor à Palma de Majorque, juin 2016

Tous les médias (une dizaine en deux jours) sont venus à Boris dans le hall de l’hôtel Balenguera où nous logions. Il a enchainé les interviews avec l’énergie d’un chef d’état.

Quelques images de lui en pleine action sur le lien ci-dessous :

L’ENERGIE FORMIDABLE ET VISIBLE DE BORIS PAHOR A PALMA DE MAJORQUE 

A l'ouverture du festival Atlantida à Palma de Majorque le 27 juin 2016 : Jaum Ripoll, le Directeur du festival, Fabienne Issartel et Boris Pahor

A l’ouverture du festival Atlantida à Palma de Majorque le 27 juin 2016 : Jaum Ripoll, le Directeur du festival, Fabienne Issartel et Boris Pahor

Très bon article dans El Mundo, plein d’humour… de Luiz Martinez : Boris Pahor: « La Europa de hoy está sucia »
En français : « Boris Pahor :  » L’Europe d’aujourd’hui est sale  »
Le lien :
http://www.elmundo.es/cultura/2016/07/07/577d58e4ca4741dc2d8b460b.html

Un autre :

Boris Pahor à Palma de Majorque parle inlassablement de l'Europe, Juin 2016

Boris Pahor à Palma de Majorque parle inlassablement de l’Europe, Juin 2016

Et aussi :
Boris Pahor: “L’Europa actual també és bruta, desgraciada i egoista” de CRISTINA ROS
Le lien :
http://www.arabalears.cat/cultura/Boris-Pahor-LEuropa-desgraciada-egoista_0_1603639687.html

Un article de Gil Toll qui lui a vraiment regardé le film avec attention.
C’est rare !
Le lien :
Boris Pahor, retrato de un hombre libre

Très belle présentation du film avant la projection par un superbe personnage : Emili Manzano, journaliste, écrivain et réalisateur (son film « El dia de la sépia » ici
http://www.ccma.cat/tv3/el-documental/el-documental-estrena-el-dia-de-la-sipia/noticia/2710834/

Boris Pahor et Emili Manzano devant la salle comble pour l'ouverture de l'Atlantida film festival au cinéma Cineciutat de Palma de Majorque le 27 juin 2016

Boris Pahor et Emili Manzano devant la salle comble pour l’ouverture de l’Atlantida film festival au cinéma Cineciutat de Palma de Majorque le 27 juin 2016

Quelques mots d’Emili Manzoni après la projection :

(En catalan. La traduction suit)

« Ahir vaig tenir l’honor de presentar l’escriptor Boris Pahor (Trieste, 1913) a Palma, amb motiu de l’estrena del documental de Fabienne Issartel projectat com obertura del festival de cinema Atlantida Film Fest de l’amic Jaume Ripolli que podeu trobar a la plataforma de cinema a domicili www.filmin.es(« Retrato de un hombre libre »). Boris Pahor és autor d’una extensa obra en llengua eslovena de la qual només disposam, a les nostres llibreries, de les edicions catalana (Pagès Editors) i castellana (Anagrama) del seu impressionant « Necròpolis », sobre el seu pas pels camps de concentració nazis. Un home que ha sobreviscut als pitjors escorxadors humans del segle XX, i que ahir, a Palma, demostrà que si bé ha estat víctima i testimoni del pitjor que ha donat Europa, també és l’hereu del millor que ha donat el nostre continent al llarg de la seva història: la tradició humanística. Al final de la projecció volgué adreçar-se al públic, i sota l’allau d’aplaudiments que tancàren la seva intervenció encara va aixecar un fil de veu per demanar que els aplaudiments fossin dedicats a tots aquells que vàren morir per la llibertat d’Europa. »

Traduction du catalan en français :

« Hier j’ai eu l’honneur de présenter l’écrivain Boris Pahor (né à Trieste en 1913) à Palma, à l’occasion de la première espagnole du documentaire Fabienne Issartel, « Retrato de un hombre libre », projeté à l’ ouverture du festival Atlantida de mon ami Jaume Ripoll (www.filmin.es). Boris Pahor est l’auteur d’une œuvre vaste slovène, dont nous avons seulement dans nos librairies, les éditions catalanes ( Pagès Editors) et espagnoles (Anagram) de son impressionnante « Necropolis », sur son voyage à travers les camps de concentration nazis. Un homme qui a survécu aux pires abattoirs humains du XXe siècle, et qui hier à Palma a démontré que même si il a été la victime et le témoin de cette Europe, il est aussi l’héritier de la meilleure chose qu’ait façonné notre continent tout au long de son histoire : la tradition humaniste. A la fin de la projection il a rejoint le public sous un tonnerre d’applaudissements, qui ont aussi clôturé son discours, et dans un dernier sursaut de voix, il en a demandé encore, pour rendre hommage cette fois-ci à ceux qui sont morts pour la liberté de l’Europe. »

Et encore à 18’37 un reportage sur Boris sur RTVE
Cliquez :
http://www.rtve.es/alacarta/videos/la-2-noticias/2-noticias-30-06-16/3650394/

Face à Boris Pahor après les interviews interminables au festival de Palma de Majorque en juin 2016, photo Fabienne Issartel

Face à Boris Pahor après les interviews interminables au festival de Palma de Majorque en juin 2016, photo Fabienne Issartel

« Et voilà, nous avons fait notre devoir ! » me dit-il.

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Après sa diffusion le 26 septembre sur France 3, « CHACUN CHERCHE SON TRAIN » de Fabienne Issartel, 52′, se promène ! Le 11 octobre, le film était à St- Pierre-des-Corps ! Il sera projeté au festival des Escales documentaires de La Rochelle le samedi 12 novembre à 16 h. L’AVANT-PREMIÈRE du 15 septembre 2016 au Cin’Hoche de Bagnolet avait réuni quelques 200 spectateurs enthousiastes.

Médéric Collignon et Pacôme Thiellement pendant le tournage de "Chacun cherche son train" au Groundcontrol à Paris, octobre 2015. Médéric improvise à partir des dessins du livre "Grande vitesse" de Jochen Gerner

Médéric Collignon et Pacôme Thiellement pendant le tournage de « Chacun cherche son train » au Groundcontrol à Paris, octobre 2015. Médéric improvise à partir des dessins du livre « Grande vitesse » de Jochen Gerner

CHACUN CHERCHE SON TRAIN, un film de Fabienne ISSARTEL, 52’’

TOUJOURS EN REPLAY pendant encore quelques jours 8 (après les 2 pubs et la longue mire de Bar). Cliquez sur le lien ci-dessous :

http://france3-regions.francetvinfo.fr/aquitaine/emissions/qui-sommes-nous-en-aquitaine/documentaire-chacun-cherche-son-train-lundi-26-septembre-apres-le-grand-soir-3.html

Prochaine projection du film le 12 novembre à 16 h au festival « les Escales documentaires » de La Rochelle (section Escales locales) au MUSEUM d’histoire naturelle, 28 rue Albert 1er.

http://www.escalesdocumentaires.org/films-competition/chacun-cherche-son-train/

Infos pratiques et lieu de ma projection (N° 5 sur le plan) :

http://www.escalesdocumentaires.org/le-festival-2016/infos-pratiques/

l'affiche du festival ESCALES DOCUMENTAIRES de La Rochelle du 8 au 13 novembre 2016

l’affiche du festival ESCALES DOCUMENTAIRES de La Rochelle du 8 au 13 novembre 2016

La dernière projection, c’était mardi 11 octobre à 18 H 30  » dans la magnifique salle de cinéma du Centre culturel de St Pierre des Corps !

L’affiche de l’événement (du 16 septembre au 29 octobre) « Des traits, des trains/ le dessin ferroviaire », une exposition de dessins (Gébé, Dubreuil,Sochard), des rencontres et un film (« chacun cherche son train » !). Cette manifestation originale a été imaginée par Astrid Chabin, responsable du « fonds TRAIN » à la bibliothèque de St Pierre des Corps.

"des traits des trains" du 16 septembre au 29 octobre 2016 à St Pierre des Corps

« des traits des trains » du 16 septembre au 29 octobre 2016 à St Pierre des Corps

Dans la Nouvelle République :

http://www.lanouvellerepublique.fr/Contenus/Articles/2016/10/15/Chacun-cherche-son-train-et-trouve-sa-voie-2871609

Une assemblée chaleureuse et attentive a nourri le débat qui a suivi la projection.
J’étais là pour leur répondre, accompagnée de Marine Tadié qui a réalisée toutes les images du film, et de Dominique Maugars, ancien cheminot de St Pierre des Corps, personnage du documentaire.
Leurs questions :
Mes voyageurs sont-ils de vrais voyageurs ?
Mon discours est-il ou n’est-il pas passéiste ?
Le documentariste doit-il dans ses films répondre aux questions ou bien les poser en donnant envie aux spectateurs d’y réfléchir ?
Quelle place peut prendre la poésie dans nos vies d’aujourd’hui et aussi dans nos films ?
Pourquoi on aime la vitesse et pourquoi aussi on en a toujours eu peur ?
Quel est ce rapport intrinsèque entre le train et le cinéma ?
Que nous disent les images entre les lignes et comment les fabriquer pour qu’elles ne nous trahissent pas ?
Qu’est-ce que le doute ? Est-il ou n’est-il pas un frein à l’idée de mouvement ?

Les spectateurs ont déclaré aussi que le film leur donnait envie de lire Léon Paul Fargue, Alfred Jarry et Ivan Illich… Si les films servent au moins à ça, à donner envie de lire : alors je suis ravie !

Un dessin de Fred Sochard dans l'exposition "des traits-des trains" à la bibliothèque de St Pierre des Corps, octobre 2016 (photo Fabienne Issartel)

Un dessin de Fred Sochard dans l’exposition « des traits-des trains » à la bibliothèque de St Pierre des Corps, octobre 2016 (photo Fabienne Issartel)

Après la projection j’ai pu découvrir l’exposition de dessins à la bibliothèque de St Pierre des Corps qui réunit trois artistes. Exposition très riche et dont certaines oeuvres faisaient d’ailleurs écho aux questionnements de notre débat…

A la fin de mon film, je pose cette question : « Où allons-nous ? »
Et j’y réponds d’une certaine façon en déclarant : « vers ce quelque part qui n’est peut-être nulle part.Et c’est ce doute qui nous pousse à avancer !  »
Voilà deux dessins de Gébé qui a commencé sa carrière de dessinateur dans le magazine : « La vie du rail » qui abordent aussi mes sujets de prédilection.

"Le doute" : dessin de GEBE issu de La vie du Rail et présent dans l'exposition "des traits-des trains" de St Pierre des Corps, octobre 2016 (photo Fabienne Issartel)

« Le doute » : dessin de GEBE issu de La vie du Rail et présent dans l’exposition « des traits-des trains » de St Pierre des Corps, octobre 2016 (photo Fabienne Issartel)

Dessin de GEBE issu de La vie du Rail et présent dans l'exposition "des traits-des trains" de St Pierre des Corps, octobre 2016 (photo Fabienne Issartel)

Dessin de GEBE issu de La vie du Rail et présent dans l’exposition « des traits-des trains » de St Pierre des Corps, octobre 2016 (photo Fabienne Issartel)

Original du dessin de Ferdinand Dubreuil "les hommes du rail" présent dans l'exposition "des traits-des trains" de St Pierre des Corps, octobre 2016 et aussi dans le film "Chacun cherche son train"(photo Fabienne Issartel)

Original du dessin de Ferdinand Dubreuil « les hommes du rail » présent dans l’exposition « des traits-des trains » de St Pierre des Corps, octobre 2016 et aussi dans le film « Chacun cherche son train »hoto Fabienne Issartel)

Le formidable ouvrage 'grande vitesse" de Jochen Gerner, présent dans l'exposition "des traits-des trains" de St Pierre des Corps, octobre 2016 et aussi dans le film "Chacun cherche son train" (photo Fabienne Issartel)

Le formidable ouvrage ‘grande vitesse » de Jochen Gerner, présent dans l’exposition « des traits-des trains » de St Pierre des Corps, octobre 2016 et aussi dans le film « Chacun cherche son train » (photo Fabienne Issartel)

L’avant-première de CHACUN CHERCHE SON TRAIN le 15 septembre 2016 à 21h au Cin’Hoche de Bagnolet a été un beau succès ! Merci aux 200 personnes présentes à cette avant-première très joyeuse !
Voilà quelques photos réalisées par Arnaud Baumann.

La salle du Cin’Hoche se remplit.

La salle du Cin'Hoche se remplit le 15 septembre 2016 à 21h pour l'avant-première à Bagnolet de CHACUN CHERCHE SON TRAIN de Fabienne Issartel. Photo Arnaud Baumann, tous droits réservés.

La salle du Cin’Hoche se remplit le 15 septembre 2016 à 21h pour l’avant-première à Bagnolet de
CHACUN CHERCHE SON TRAIN de Fabienne Issartel. Photo Arnaud Baumann, tous droits réservés.

Ariane Issartel qui a composé et interprété la musique originale du film à l'avant-première du film à Bagnolet. Photo Arnaud Baumann, tous droits réservés.

Ariane Issartel qui a composé et interprété la musique originale du film à l’avant-première du film à Bagnolet. Photo Arnaud Baumann, tous droits réservés.

SYNOPSIS :
« Immobiles devant les fenêtres du train, nos écrans de cinéma, ou ceux des ordinateurs, nous regardons défiler notre monde en pleine mutation. « Les écrans sont ces miroirs du temps qui annulent l’horizon » dit Paul Virilio, le grand penseur de la vitesse. « Alors, comment retrouver un rythme propre, notre petit tempo battant, au coeur de cette accélération inéluctable ? », se demandent les protagonistes du film, passagers en quête de sens sur le chemin furtif de la vie, et dont le train devient ici la métaphore. Un « film promenade » – pour croiser les reflets de nos âmes qui deviennent, le temps du film, « le paysage » mouvant du voyage. Où vont-ils ? Eux ? Moi ? Où allons-nous ? « Chacun cherche son train » ! Un film en marche, dans lequel l’homme et la machine cherchent désespérément à s’aimer. Un film pour « refaire le monde » à notre image ! »

Réalisation : Fabienne Issartel – Image : Marine Tadié – son : Olivier Vieillefond – Montage : Xavier Franchomme – Musique originale : Ariane Issartel – Une coproduction MARMITAFILMS/FRANCE TELEVISIONS (52 minutes)

Avec les voyageurs filmés :

Hermine Karagheuz (actrice), Pacôme Thiellement (écrivain), Médéric Collignon (musicien), François Abdelnour (cinéaste), Klavdij Sluban (photographe), Benoît Duteurtre (écrivain), Dominique Maugars, (cheminot et cinéaste), Marc Armengaud (architecte), Denis Brochard (architecte), Denis Sire (dessinateur), Yves Belaubre (scénariste), Lola Salès (géographe), Pascal Desmichel (géographe), Julien Rapegno (journaliste), Jean-René Malivert (ferrovipathe), Dominique Olivier, Michel Prioux et Rémi Sagot (conducteurs de locomotives).

Et aussi, l’ouvrage « Grande vitesse » de Jochen Gerner, les dessins de Ferdinand Dubreuil, les textes d’Alessandro Baricco.

Et encore les magnifiques conducteurs de la locomotive du « train des Mouettes » dans lequel une scène de « Chacun cherche son train » a été tournée.
Cliquez ici pour découvrir le visage et l’identité de mes voyageurs :

CHACUN CHERCHE SON TRAIN – les voyageurs !

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Hermine Karagheuz et Pacôme Thiellement à Bagnolet (photo Arnaud Baumann)

Dans « Chacun cherche son train », Hermine et Pacôme voyagent ensemble dans le  » train des Mouettes » en Charentes Maritimes entre Saujon et la Tremblade…

http://www.ville-bagnolet.fr/index.php/lire-actualite/items/chacun-cherche-son-train-1559.html

Marc Armengaud, philosophe, urbaniste et architecte, dans "chacun cherche son train"

Marc Armengaud, philosophe, urbaniste et architecte, dans « chacun cherche son train »

La première diffusion à la télévision a eu lieu le 26 septembre sur France 3 Poitou Charentes et France 3 Limousin après le grand Soir 3.

L’affiche du film : une image tournée à Angoulême en fin de journée

Cliquez ici :

Affiche du film « Chacun cherche son Train » de Fabienne Issartel, 52′, 2016

La directrice de la photo : Marine Tadié

Marine Tadié, la Directrice de la photo du film "Chacun cherche son train"

Marine Tadié, la Directrice de la photo du film « Chacun cherche son train »

Musique originale : Ariane Issartel

La violoncelliste Ariane Issartel qui a composé et interprété la musique originale du film "Chacun cherche son train" de Fabienne Issartel

La violoncelliste Ariane Issartel qui a composé et interprété la musique originale du film « Chacun cherche son train » de Fabienne Issartel

Olivier Viellefond a réalisé toutes les prises de sons des tournages de "Chacun cherche son train"

Olivier Viellefond a réalisé toutes les prises de sons des tournages de « Chacun cherche son train »

Klavdij Sluban, photographe, dans "Chacun cherche son train"

Klavdij Sluban, photographe, dans « Chacun cherche son train »

Voilà quelques éléments qui ont régie ma réflexion pour construire ce film :

L’actualité  :

En 2017, une toute nouvelle ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique sera mise en service. On pourra alors rejoindre Bordeaux de la capitale à 320 kms/h et en 2 h et 5 minutes, au lieu de 3 heures actuellement… Que d’avancées depuis 1829 où la fameuse « Rocket » de George Stephenson fit sensation, circulant à Rainhill en Angleterre à 59 kms/h devant un public médusé et effrayé. En 1853, 24 ans plus tard seulement, quatre trains reliaient déjà quotidiennement la ligne Paris Bordeaux, le train le plus rapide effectuant alors le parcours en un peu plus de treize heures… Notre espace-temps se réduit donc toujours plus. Jusqu’où ? Et quelle conséquence cela aura-t-il sur nos vies ?

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Le magazine Life en 1964 :

« En 1964, le magazine Life déclarait déjà que le plus important problème de société auquel nous serions confrontés demain serait de savoir ce que nous ferions de ce temps libre… Nous n’avons pas aujourd’hui l’impression de disposer de plus de temps : au contraire, nous en avons toujours trop peu. Nous vivons dans une pénurie de temps, une “famine temporelle”, comme la décrivait en 1999 les sociologues américains John Robinson et Geoffrey Godbey.Toutes les sociétés modernes sont caractérisées par une pénurie de temps » disaient-ils : « plus une société est moderne, et moins elle a de temps”. Ce n’est pas le pétrole qui nous manquera un jour, mais plutôt le temps… »

Paul Virilio, le grand penseur de la vitesse :

« L’écologie grise devrait, et devra, aussi, traiter la pollution des distances. Car les choses existent à travers des proportions. Au-delà de 2,5 mètres, nous ne sommes plus homme. Or, la vitesse des transports et des transmissions instantanées réduit le monde à rien. Nous vivons une époque singulière où notre appréciation des échelles de temps et de distances est bouleversée. L’écologie doit maintenant réaccorder la philosophie et la science. Si l’écologie veut être une science utile à l’humanité, à la démocratie, à la liberté, elle doit être à la fois ouverte à la techno-science mais aussi à la philo-science. »

Ivan Illich :

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Ivan Illich (un des penseurs de l’écologie politique) : « à partir du moment où la société industrielle, par souci d’efficacité, institutionnalise un moyen, que ce soit un outil, un mécanisme, ou un organisme – afin d’atteindre un but, ce moyen tend à croitre, jusqu’à dépasser un seuil où il devient dysfonctionnel et nuit au but qu’il est censé servir. Ainsi l’automobile nuit au transport, l’école nuit à l’éducation et la médecine nuit à la santé. L’institution devient alors contre-productive, et contribue à aliéner l’être humain et la société dans son ensemble. »

Extrait des « Châteaux de la colère » d’Alessandro Baricco :

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« Dans les trains pour sauver leur peau, pour arrêter la rotation perverse de ce monde qui les martelait là-bas de l’autre côté de la vitre, et pour esquiver la peur, et pour ne pas se laisser engloutir par le vertige de la vitesse qui forcément cognait sans cesse dans leur cerveau autant que sur la forme de ce monde frôlant l’autre côté de la vitre sous des apparences jamais vues jusque-là, surprenantes sans doute, mais impossibles, parce que s’abandonner un seul instant relançait instantanément la course de la peur, et donc cette épaisse et profonde angoisse qui au
moment de se cristalliser en pensée se révélait de toute façon n’être rien d’autre que la sourde pensée de la mort – dans les trains pour sauver leur peau, ils prirent l’habitude de s’en remettre à un geste méticuleux, un exercice d’ailleurs conseillé par les médecins eux-mêmes et d’illustres savants, une stratégie minuscule de défense, évidente mais géniale, un petit geste exact, et splendide.Dans les trains, pour échapper à ça, ils lisaient. Le baume parfait. L’exactitude fixe de l’écriture comme suture d’une terreur. L’oeil qi trouve dans les infimes virages dictés par les lignes une échappatoire nette à ce flux indistinct d’images que la fenêtre impose. On vendait dans
les gares des lampes exprès pour ça, des lampes de lecture. Elles se tenaient d’une main, elles dessinaient un cône intime de lumière à fixer sur la page ouverte. Il faut imaginer ça. Un train lancé dans une course furieuse sur deux lames de fer, et dans ce train un petit coin d’immobilité magique minutieusement découpé par le compas d’une petite flamme. La vitesse d train et la fixité du livre éclairé. L’éternellement changeante multiformité du monde tout autour, et le microcosme pétrifié d’un oeil qui lit. Comme un noyau de silence au coeur d’une détonation… »

François Truffaut dans « La nuit américaine » :

« Un film avance comme un train : comme un train dans la nuit » dit François Truffaut à Jean-Pierre Léaud dans « la Nuit américaine ».

« Tu vois, c’est ça notre travail de réalisateurs! »

 

L'affiche du documentaire "chacun cherche son train" de Fabienne Issartel

L’affiche du documentaire « chacun cherche son train » de Fabienne Issartel

 

Les magnifiques conducteurs de la locomotive du "train des Mouettes" dans lequel une scène de "Chacun cherche son train" a été tournée

Les magnifiques conducteurs de la locomotive du « train des Mouettes » dans lequel une scène de « Chacun cherche son train » a été tournée

Pascal Desmichel, géographe et fils de cheminot, dans "Chacun cherche son train"

Pascal Desmichel, géographe et fils de cheminot, dans « Chacun cherche son train »

Benoît Duteurtre, écrivain, dans "Chacun cherche son train"

Benoît Duteurtre, écrivain, dans « Chacun cherche son train »

UNE NOUVELLE PROJECTION DU FILM EN OCTOBRE !
Réservez votre billet de train pour Saint-Pierre des Corps !Au mois d’octobre (le 11 octobre à 18 h 30) le film sera diffusé à Saint-Pierre des Corps, haut-lieu ferroviaire. Dominique Maugars, ancien cheminot de St Pierre des Corps, et que j’ai filmé dans « chacun cherche son train » sera bien sûr présent à mes côtés.

Dominique Maugars, ancien cheminot et cinéaste, à St Pierre des Corps, filmé pour le documentaire "Chacun cherche son train"

Dominique Maugars, ancien cheminot et cinéaste, à St Pierre des Corps, filmé pour le documentaire « Chacun cherche son train »

http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Communes/Saint-Pierre-des-Corps/n/Contenus/Articles/2016/08/19/La-bibliotheque-est-deja-sur-les-rails-2813355

Voilà l’affiche de ce bel événement (du 16 septembre au 29 octobre) qui propose autour du titre « Des traits, des trains: le dessin ferroviaire », une exposition de dessins (Gébé, Dubreuil,Sochard), des rencontres et un film (« chacun cherche son train ») :

"des traits des trains" du 16 septembre au 29 octobre 2016 à St Pierre des Corps

« des traits des trains » du 16 septembre au 29 octobre 2016 à St Pierre des Corps

Pacôme Thiellement dans la salle du Cin'Hoche pour l'avant-première de "Chacun cherche son train" le 15 septembre 2016. Photo Arnaud Baumann. Tous droits réservés

Pacôme Thiellement dans la salle du Cin’Hoche pour l’avant-première de « Chacun cherche son train » le 15 septembre 2016. Photo Arnaud Baumann. Tous droits réservés

Dessin de Fred Sochard,  présent dans l'exposition "des traits-des trains" de St Pierre des Corps, octobre 2016 (photo Fabienne Issartel)

Dessin de Fred Sochard, présent dans l’exposition « des traits-des trains » de St Pierre des Corps, octobre 2016 (photo Fabienne Issartel)

Un épisode dessiné de "la petite halte" de GEBE, document de "la vie du rail" présent dans l'exposition "des traits-des trains" de St Pierre des Corps, octobre 2016 (photo Fabienne Issartel)

Un épisode dessiné de « la petite halte » de GEBE, document de « la vie du rail » présent dans l’exposition « des traits-des trains » de St Pierre des Corps, octobre 2016 (photo Fabienne Issartel)

Dans mon documentaire, Pacôme Thiellement évoque avec Hermine Karagheuz une scène au début du film « l’an 01 » (Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch)où le personnage déclare :

« et un jour ce train, et bien, je ne l’ai pas pris ! »

Pour revoir cette scène avec Gérard Depardieu :

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Boris pahor 103 ans à l’ouverture du forum culturel européen 2016 à Bruxelles dit les choses que personne ne veut entendre !

Boris Pahor, discours inaugural du forum culturel européen 2016 à Bruxelles

Boris Pahor, discours inaugural du forum culturel européen 2016 à Bruxelles

Voilà en cliquant sur le lien à la fin de cet article, la possibilité de ré-entendre Boris Pahor lors de son discours inaugural au dernier forum culturel européen 2016, prononcé le 20 avril. Il parle à partir de 28′ 12. Le texte intégral de ce discours est présent ici aussi. Il y exprime son inquiétude concernant l’avenir du monde plus préoccupé par l’argent que par la qualité de vie de l’humanité. Boris Pahor propose ici d’organiser une grande réunion de tous les pays européens, comme on l’a fait récemment pour le climat, pour imaginer la meilleure façon de répondre aux problèmes des migrants.
Boris Pahor à 103 ans est toujours aussi pertinent pour réfléchir à l’actualité brûlante de notre monde bouleversé.

Retranscription du discours de Boris Pahor :

Mesdames et Messieurs,

j’ai deux questions que je trouve très importantes du point de vue de la culture. La première question concerne un camp de concentration dans les Vosges, c’est-à-dire le camp du Struthof-Natzweiler, à neuf cents mètres d’altitude, ce camp où est né mon livre « Pèlerin parmi les ombres » (en français), traduit en vingt-et-une langues sous le nom de « Nécropole ».
Dans ce camp-là, la France a construit un bâtiment qui abrite le « Centre Européen du Résistant Déporté ». Dachau était le premier camp qu’a créé Hitler pour les communistes, les socialistes [et pour les résistants politiques], puis il y a eu Buchenwald, Struthof-Natzweiler, puis Dora-Mittelbau, Mauthausen, Bergen-Belsen. Il existe une quinzaine de ces camps à peu près. Il faut souligner tout de suite que Buchenwald avait environ à quatre-vingt dépendances. Une dépendance de Buchenwald, était Dora-Mittelbau. Les déportés y construisaient les V2. Ce camps se trouvait dans les montagnes dans la forêt et sur soixante mille déportés, vingt-cinq mille sont morts pour construire les V2 sous la direction de Von Braun, de l’ingénieur nazi Von Braun. Il a été emmené aux Etats-Unis en cachette, après la Libération, et on l’a embauché à la NASA. Quand l’homme s’est rendu sur la Lune, il est devenu alors le héros mondial, lui l’ingénieur Von Braun des nazis.
Dora-Mittelbau était donc une dépendance de Buchenwald. Et le camp de Dora lui-même avait trente-neuf dépendances et dans une de ces dépendances, j’étais déporté moi-même. En 1995, on a créé une organisation des étudiants allemands, puis français et italiens qui s’appelle « Jugend für Dora », « La Jeunesse pour Dora » et qui s’intéressent à ça, qui veulent faire connaître le camp de Dora où on faisait ces V2. Et ça c’est une chose fantastique. Ils sont aussi venus à Trieste, chez moi, et ils m’ont dit : « Boris Pahor, vous avez écrit un livre dans lequel vous parlez aussi de Dora : vous y étiez. Vous parlez aussi des autres camps, mais surtout de Dora. Donc cela nous intéresse parce qu’il faudrait faire connaître Dora au peuple européen en général. J’ai expliqué cela publiquement. J’étais à Dora il y a une semaine où l’on m’a invité pendant cinq jours pour la commémoration de la libération. J’y suis allé déjà trois fois auparavant. Je suis un peu un habitué. J’ai parlé aussi du « Centre Européen du Résistant Déporté ».
Ces résistants avaient des triangles rouges.
En Allemange, tous les gens dans les camps allemands avaient des triangles sur la poitrine et la couleur de ces triangles donnait une précisions de ce qu’ils avaient fait de mal pour être déportés. Et le rouge, c’était nous ! Il y avait mille six-cents camps de travail où les soi-disants résistants devaient mourir de faim, de maladie et étaient pendus. A Dora on faisait beaucoup de sabotages et le sabotage était fait en sachant qu’on contrôlerait où a avait été commis le sabotage. Dans ces cas-là, on ne demandait pas dans ce petit centre de montagne qui avait fait le sabotage exactement, mais on pendait tous les gens qui travaillaient dans l’atelier identifié. Quand je suis arrivé de Dachau, je me suis retrouvé justement dans une dépendance de Dora. On en avait pendu dix récemment, puis on en a pendu encore vingt à la fois quelques temps après.
De tout cela pratiquement la population européenne ne sait rien du tout. Comme elle ne sait rien de Dachau, comme elle ne sait rien de Mauthausen. Il y avait beaucoup de Français à Mauthausen parce que tous ces camps-là avaient tous des dépendances. Dans tous ces camps les gens mouraient de faim, de maladie, de pendaison. Et moi je parle ici de cela dans ce lieu dédié à la culture européenne.
Pourquoi chaque fois qu’on parle de la mémoire, il n’y a personne qui parle des camps de déportés, de ceux qui étaient des résistants ? La majorité pourtant étaient des intellectuels, des hommes de culture qui se sont opposés. Les Français, les Belges, les Hollandais et les Norvégiens portaient en plus un N majuscule sur le dos. NN signifiait « Nacht und Nebel ». C’était une loi spéciale nazie destinée aux hommes qui étaient condamnés à mort, par exemple à Paris ou dans une ville de France où ils ne pouvaient pas être tués, ils recevaient sur le dos le NN. Cela signifiait que ce monsieur-là irait après sa mort dans l’autre monde, après avoir passé la fin de sa vie dans le brouillard et dans la nuit. C’étaient des gens qui venaient de toute l’Europe occidentale. Ils étaient punis de cette façon-là parce qu’ils se sont opposés, mais d’une autre façon que les communistes russes et tous les autres.
La culture européenne était opposée aux Nazis.
Je parle de cela pour que l’Europe européenne, pour que les gens de culture qui sont ici ou les gens qui vont peut-être dire quelque chose de ce qui s’y est passé, puissent témoigner de cela à propos des camps, pour que chaque année, quand il y a le jour de la mémoire, on puisse se souvenir des résistants européens, russes, polonais, tchèques, italiens, slovènes, français, belges, espagnols.
Les Espagnols, ce sont des gens qui ont combattu contre Franco. Ils se sont réfugiés en France et pendant l’ère de Pétain, ils ont été punis dans les camps de concentration allemands. Vous voyez la chose. C’étaient des Espagnols, c’étaient des Hollandais, c’étaient des Norvégiens. Moi j’étais interprète pour l’italien, le français et les langues slaves, pour seconder un médecin norvégien en chef, Leif Poulson, un homme très chic qui dirigeait tous les médecins des différents pays dans le camp de Struthof-Natzweiler dont j’ai parlé tout à l’heure. Et je me donne la permission de prier les hommes de culture qui préparent aujourd’hui ces deux journées de la culture européenne de ne pas oublier les gens qui ont combattu pour la liberté. La société d’aujourd’hui qui est égoïste et qui s’en fiche pas mal, va dire que cela c’est du passé, et qu’on doit penser au futur. Ils ne pensent qu’à l’argent. Car la liberté, c’est l’argent aujourd’hui. Ils ne sont pas dignes, les gens de cette société maintenant, de tous ces morts qui ont combattu pour la liberté. La liberté s’est transformée en un sale égoïsme.

Boris Pahor à Bruxelles en juin 2016 pour l'ouverture du forum culturel européen

Boris Pahor à Bruxelles en juin 2016 pour l’ouverture du forum culturel européen

La deuxième question dont je voudrais parler et dont je voudrais qu’on accepte la proposition est la suivante. La société dans laquelle on vit aujourd’hui, cette société égoïste, doit faire avec ce qui s’est passé à Paris, ce qui s’est passé à Bruxelles, ce qui s’est passé auparavant également à New York avec les deux tours. On ne peut pas combattre avec l’armée ou avec des bombes les gens qui nous dirigent. Il faut que la société humaine, la société européenne d’abord, la société culturelle européenne, que tous se mettent d’accord pour une espèce de réunion européenne générale, une espèce de congrès général. Quelque chose de la même ampleur que ce que l’on a fait pour le climat, que ce que l’on a fait pour l’atmosphère.
Pour sauver l’Europe aujourd’hui, il faut se mettre d’accord à travers un dialogue, un dialogue général pour changer la façon de vivre de l’Homme sur cette Terre, une façon de trouver la manière de ne pas tout vouloir résoudre par les guerres pour atteindre la libération, qui nous amènera forcément à une nouvelle autre guerre. Et puis avec toutes ces choses qu’il faut défendre, toute l’Europe vit sous un contrôle. Il faut maintenant que l’Europe qui a inventé des choses magnifiques, l’Europe intellectuelle avec les petits téléphones aves lesquels je peux, moi maintenant, parler avec New York… Cela, c’est un miracle. Les gens qui ont vécu il y a cent ans nous diraient : « mais qu’est-ce que c’est ça ? Comment avez-vous réussi à faire çà ? ». C’est la question du progrès technologique qui suit son cours. Mais tout de même, les hommes qui ont créé cela, s’ils se mettaient à raisonner pour changer la façon de vivre de l’Homme avec l’intelligence, et avec les sentiments… Dans ce monde avec des gens qui ont faim d’un côté et de l’autre des riches, qui cachent de l’argent. C’est une chose anormale de vivre comme cela. Je crois que la première chose c’est au moins de donner à manger à l’Afrique. L’Europe a colonisé l’Afrique. Cela signifie qu’elle a vécu avec ce que l’Afrique lui a donné. Elle devrait avoir une certaine dette.
Le Pape l’a dit quand il est allé en Afrique : il faut essayer de faire en sorte que ces gens-là élargissent leurs possibilités de se prendre en main de pouvoir se mettre debouts. Médecins sans frontières, c’est une très belle chose. Il faut louer cela. Il faut dire « Chapeau ! ». Mais ils sont toujours en train de demander de l’argent eu aussi juste pour donner des médicaments. Cela coûte. Si vous donnez vingt euros, on va acheter juste de l’aspirine ou des choses comme cela. Cela, c’est une honte pour l’Europe, c’est une honte pour l’Homme européen, soi-disant plus intelligent, plus évolué… C’est une honte si, avec sa civilisation technique, il est incapable de faire mieux.
Alors je demande à l’Homme culturel, à l’Homme de culture, dans cette rencontre culturelle qu’on est en train de faire maintenant, d’essayer d’organiser, de proposer une espèce de dialogue général – appelez cela « congrès », appelez cela comme vous voulez – mais que ce soit une rencontre où l’Homme du XXIème siècle se mette à penser ce que le christianisme a toujours dit et Jésus aussi : « il faut aimer ton prochain. Il faut l’aider ». Mais on ne met pas cela en pratique. Le philosophe Nicolas Berdiaev a dit que ce sont les Chrétiens d’abord qui devraient faire une révolution. Les gens ne vivent pas selon ce qui est écrit dans l’Evangile.
Je suis social-démocrate, mais je suis avec le Pape : on n’a pas besoin de guerre pour accéder à la liberté et pour le bien-être de l’Humanité. Il s’agit d’aider son prochain au lieu de donner maintenant des milliards et des milliards pour bloquer l’avancée de tous ceux qui veulent venir en Europe afin de trouver une façon de vivre plus honnête et plus juste. Donnez tous ces milliards à « une organisation générale » dédiée à la vie sur Terre : une vie d’Homme qui soit juste, qui soit dans l’idée de celle qu’on espère pour l’autre monde s’il y en a un. Mais ne détruisons pas ce monde d’emblée, ne le détruisons pas de notre propre chef !

Je vous remercie.

Boris Pahor

Le lien

http://ec.europa.eu/avservices/video/player.cfm?sitelang=fr&ref=I119796

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