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EVENEMENT POUR TOUS LES FANS DE JEANNOT : « MOI JEAN LACOMBE MARIN ET CINEASTE », enfin disponible en DVD

« On ne devient pas esclave. On naît esclave. Si vous allez en Haïti, vous verrez à Port au Prince, la statue de l’esclave qui a brisé ses chaînes et s ‘évade vers la liberté. C’est le « Nègre Marron ». Ne sommes-nous pas tous les esclaves d’une société qui nous impose ses lois auxquelles il est difficile de se soustraire… Alors, moi aussi un jour j’ai brisé mes chaînes et me suis enfui sur la mer, tout seul, avec un petit voilier. Je suis devenu un « Blanc Marron ». C’est ce marronnage à la recherche de la liberté qui va être ici raconté. » Jean Lacombe

La galette du DVD de MOI JEAN LACOMBE MARIN ET CINEASTE / Jeannot dans son Hippocampe, 1955

Bonne nouvelle pour tous les fans de ce marin mythique : le film « MOI JEAN LACOMBE MARIN ET CINEASTE », prix « Mémoires de la mer » 2014 du documentaire de la Corderie Royale de Rochefort, est enfin disponible en DVD.
Vous pourrez vous le procurer à la Corderie Royale de Rochefort ou auprès de la production l’Heure Bleue (en laissant dans un premier temps vos coordonnées mail à yoann@hbleue.fr ou aussi en laissant un message sur ce site. Le film est en vente prix de 21 €, frais de port inclus.

Le film « Moi Jean Lacombe, marin et cinéaste » à été sélectionné au FILMAR 2018 qui se déroulera à Hendaye du 22 au 25 mars prochain.

Et voilà aussi un article sur le film par le rédacteur en chef de « Bâteaux » :
https://www.bateaux.com/article/27288/moi-jean-lacombe-marin-cineaste

La jaquette du DVD de JEAN LACOMBE MARIN ET CINEASTE, sortie décembre 2017

Jean Lacombe était le héros populaire de la plaisance naissante, mais aussi un esprit libre, « un vagabond céleste » qui méprisait les conventions sociales. Sa fantaisie s’apparente à celle d’un « facteur cheval », à un virtuose de « l’art brut » pour qui cette notion d’amateur ou de professionnel n’a plus de sens…

Il décide un jour de quitter sa vie d’artisan, de construire son propre bateau et de partir, tout seul, vers les Amériques :

« J’achetais des livres techniques, dépouillais toutes sortes de revues de yachting, regardais les plans et les récits des navigateurs à la voile, solitaires de préférence. Et la conclusion s’imposa à moi (…) Le mieux était de faire à mon idée (…) Je décidai de dessiner moi-même mon bateau. Les femmes qui veulent un sac à main se classent en trois catégories : celles qui prennent ce qu’on veut leur vendre, celles qui choisissent parmi ce qu’on leur offre, et c’est quelquefois très long, et celles qui disent : « je le veux comme ceci, comme cela ». Ce sont les plus emmerd… , mais au fond, celles que je respecte le plus. Après tout, c’est pour elles, le sac : pas pour moi ! Deux ou trois fois, la cliente a su bien m’expliquer sa conception, la dessiner. Quand j’ai eu compris, le résultat a été bon. Elles n’étaient pourtant pas du métier. Moi non plus, je n’étais pas architecte naval. Mais je pouvais essayer… »,Jean Lacombe à propos de la conception de son premier bateau Hippocampe.

Mise à l’eau d’Hippocampe à Sartrouville le 17 décembre 1953

« Hippocampe, conçu au hasard des idées de notre parisien populaire et archi terrien, retrouve les formes les formes les plus traditionnellement marines. C’est extraordinaire ! Ce bateau rejoint les admirables coques des petits bateaux cancalais, si profondes, si « coulées », qu’on les croirait faîtes avec de la glaise par les mains d’un sculpteur de génie ! Hippocampe serait peu commode pour la petite croisière. Mais l’Atlantique est assez profond. Et c’est là que Lacombe a compris : tel usage, telle forme ! Il a ainsi fait de son bateau « un petit roc », alors que la tendance de cent ans, en plaisance et en traversée solitaire, avait été de créer des « mouettes »… Jean Merrien

Une publicité pour le livre récit de la première traversée de l’Atlantique de Jean Lacombe, 1957

Jean lacombe l’ingénu est devenu marin, cinéaste, photographe et même écrivain. Le film raconte avec ses images quelques uns des épisodes de sa vie hors normes.

Jean Lacombe est parti sachant à peine naviguer. C’est comme cela qu’il se retrouve un jour échoué sur une plage de Graciosa aux Canaries. Ce total manque d’expérience lui permet de vivre une expérience humaine exceptionnelle qui s’apparente à la fameuse scène de Fitzcarraldo avec Klaus Kinski. Impossible de remettre Hippocampe à l’eau du côté où il s’est échoué à cause de l’état de la mer. Les habitants de Graciosa n’ont alors d’autre choix que celui de porter le bateau qui pèse quand même 2 tonnes de l’autre côté de l’île par-dessus une colline. Pas de machines. Tous les hommes vaillants participent à cette curieuse épopée. Le bateau glisse maintenu droit sur des rondins de bois…

Jean Lacombe à propros de cet épisode dans « A moi l’Atlantique ! »

« On prend la montée en biais, mais le bateau ne dérape pas. Dans les passages difficiles et les virages, il faut avoir recours à des leviers… Cette foule est adroite, calme, disciplinée. A tant d’hommes, tout est facile. Je comprends comment on a bâti les pyramides. Sous le soleil, les hommes transpirent. Voici Hippocampe au sommet. Il prend la pose comme un alpiniste victorieux. Je vais chercher ma bonbonne de vin et fais une distribution générale. On redescend de l’autre côté, sans que le bateau ne glisse. Ces gens sont vraiment des as. A midi, ça y est ! Hippocampe est à la petite crique, après avoir été traîné pendant plus d’un kilomètre. Mon cœur bat de joie. »

Après cette première traversée sur Hippocampe, Jean Lacombe décide de s’installer à New-York où Pierre Gazarian devient son grand ami :

Pierre Gazarian, l’ami français de New-York, le complice indéfectible de Jean lacombe

« Je vois arriver cet homme petit, carré, la tête un peu penchée de côté, comme un oiseau. Son teint est bronzé, ses yeux intenses et pétillants d’espièglerie : des yeux bleus gris de marin,
phosphorescents, habitués à ce concentrer sur l’horizon. Nous allons déjeuner. Il s’installe, solide à table. Il verse le vin rouge. C’est un français. Non. Un parisien. Dans des conditions précaires, il trouve toujours le moyen d’inviter les copains. Jean, c’est le génie de la débrouillardise, c’est l’expert pour faire beaucoup avec rien, c’est l’anti gaspilleur rayonnant avec toujours une grande énergie physique et mentale. Il méprise tout ce qui est étriqué et rigide. Il avait le goût de la discussion. Il aimait la confrontation et mettre l’interlocuteur en porte à faux. Et pourtant, il avait aussi besoin d’être compris et admiré. Jean aimait le paradoxe. Il disait : « être premier, cest facile. Mais arriver dernier, c’est plus difficile. C’est ça la véritable épreuve ! Je ne sais combien de fois, j’ai voulu lui arracher quelques descriptions héroïques de ses traversées, mais sans succès… Il disait « Les problèmes, c’est avec les gens quand j’arrive. En mer je me débrouille… » La relation de Jean et de son voilier était très importante. L’un et l’autre se confondent, comme un cavalier et sa monture d’une façon animée, presque organique… Pierre Gazarian »

(Pour retrouver les autres articles parus précédemment à propos du film : https://fabienneissartel.wordpress.com/tag/jean-lacombe/)

Jean Lacombe sur Le tigre à New-York

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