BORIS PAHOR, LE PLUS VIEUX CANDIDAT DU MONDE défend DANS UNE VIDEO la cause des migrants. C’est RUSHES N°1. Des nouvelles ICI de la projection en mai de mon film portrait de Boris Pahor à Ajdovscina (Slovénie). Les articles sur son recueil de nouvelles, un interview en allemand et le TEASER du film !

Boris Pahor était sans doute le plus vieux candidat du monde, présent dans une liste aux élections régionales de la Frioulie Vénétie Julienne fin avril 2018. Il n’a finalement pas été élu, mais a obtenu quand même quelques 500 voix. Pas mal du tout à 105 ans et pour ce seul parti représentant la communauté slovène en Italie, associé au parti démocrate ! A la fin de cet article, retrouvez des articles de la presse locale annonçant en avril son improbable candidature.

Boris Pahor en 2009 à Trieste

Boris Pahor en 2009 à Trieste

 

VIDEO : RUSHES N° 1 Boire une goutte d’eau (cliquez ci-dessous)

« Tout le monde devrait avant toute chose, pouvoir boire et manger dans ce monde. Il faudrait tous se mobiliser pour cette cause, pour que plus personne ne meurent de soif sur la terre », déclare Boris Pahor.

Dans cette petite vidéo, le message de paix pour le monde de Boris pahor est prémonitoire des événements politiques italiens de ces derniers jours. Il plaide notamment pour l’organisation d’Etats généraux pour réfléchir et tenter d’anticiper avec humanité les problèmes migratoires de notre planète.

 RUSHES N° 1 : contexte du tournage

« Je séjournais à Trieste pendant une semaine en septembre dernier pour la projection de mon film « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » dans sa version slovène. Aussi j’allais fréquemment visiter mon héros Boris, l’écrivain slovène de Trieste, rescapé des camps, humaniste toujours aussi combatif à 105 ans. Dans sa cuisine, nous discutions  librement du monde. Ce jour-là, le 2 septembre, Boris Pahor parlait des réfugiés en lisant le journal et des droits humains élémentaires : boire et manger d’abord, circuler ensuite. Il évoqua aussi la durée de la vie et les idées transhumanistes qui se développent… Un très léger flottement dans l’air m’obligea tout à coup à saisir ma caméra – une vieille sony à K7 même pas HD –, et j’enregistrais quelques bribes de notre rencontre. Je ne savais pas encore à ce moment-là que Boris Pahor serait présent sur la liste du parti slovène Slovenska Skupnost pour les élections régionales du 29 avril 2018. Quand j’ai pris connaissance de cette incroyable nouvelle, je me suis souvenue de cette journée du 2 septembre, dans la touffeur d’une après-midi de fin d’été où notre marathonien, bras nus et en « marcel », voulait une fois de plus sauver le monde : Don Quichotte levant son glaive devant les moulins dans la lumière de l’Adriatique… La petite K7 attendait depuis des mois sur mon bureau de révéler la parole libre de Boris Pahor, le plus vieux candidat du monde ! »

Fabienne Issartel, avril 2018

 

C’est le premier opus d’une série que j’appelle RUSHES (et dans laquelle on retrouvera sans doute encore Boris Pahor). RUSHES présentera des petits bouts d’instantanés de rencontres, de promenades ou de réflexions, à la façon de notes consignées dans un carnet. Dans ces moments apparemment sans importance dont nos vies sont peuplées, instants magiques en pointillés où il ne se passe presque rien et qui nous façonnent pourtant, nous ressentons soudain cette émotion particulière d’une intimité avec le temps. Alors dans une pulsion de vie, simple et belle, nous participons au « grand tout » à notre façon. En agissant. En témoignant. En cadrant.

Le message de Boris pahor était prémonitoire !

Le 23 mai 2018, Giuseppe Conte, un professeur de droit de 54 ans devient finalement le nouveau chef du gouvernement italien, fruit du compromis trouvé par les responsables du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue : Luigi Di Maio et Matteo Salvini. Dans le programme de cette coalition, est inscrite l’expulsion annoncée (et irréaliste d’ailleurs) de 500.000 migrants d’Italie (le rythme actuel des expulsions étant de 6.514 en 2017 selon le ministère de l’Intérieur). Une partie des 4,2 milliards d’euros devant être consacré chaque année à l’accueil, sera maintenant transféré vers les expulsions. Marco Minniti, ancien communiste passé par les services secrets et devenu ministre de l’Intérieur en décembre 2016, avait déjà réussi à faire chuter les arrivées de 80% de la Libye depuis la mi-juillet ( Cf. une manifestation en septembre à Trieste mentionnant la politique migratoire de Minniti dans la vidéo ci-dessus). Grâce à ses vieux contacts en Libye, Minniti avait pu signer des accords avec les autorités, mais aussi avec des milices dans ce sens. Ainsi, pour réguler ces flux, l’Italie, avec le soutien européen, a contribué à former et à équiper les garde-côtes libyens, aux méthodes souvent plus que musclées.

Ci-dessous : Trente écrivains ont participé à cet ouvrage collectif passionnant et engagé pour la cause des migrants, sorti lors du dernier festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo qui en est le co-éditeur avec les éditions Philippe Rey :

Les droits d'auteur de l'ouvrage "Osons la fraternité, les écrivains aux côtés des migrants" (mai 18) seront versés au GISTI

Les droits d’auteur de l’ouvrage « Osons la fraternité, les écrivains aux côtés des migrants » (mai 18) seront versés au GISTI

 

Dernière nouvelle d’octobre 2018 :

Le Serment du Centquatre pour l’accueil des migrants: rendez-vous mercredi 31 octobre 2018 à partir de 19h sur Mediapart en libre accès

https://blogs.mediapart.fr/la-redaction-de-mediapart/blog/261018/le-serment-du-centquatre-pour-laccueil-des-migrants-rendez-vous-mercredi-31-octobre-p?utm_source=programme&utm_medium=email&utm_campaign=Live_31-10-2018_programme&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-1026-%5Bprogramme%5D&M_BT=436382103159

 

ENFIN DES NOUVELLES ET DES PHOTOS DE LA PROJECTION à AJDOVSCINA en Slovénie le 13 mai 2018 du film « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » !

 

Boris Pahor à Ajdovscina devant le public du documentaire "Boris Pahor, portrait d'un homme libre", le 13 mai 2018
Boris Pahor à Ajdovscina devant le public du documentaire « Boris Pahor, portrait d’un homme libre », le 13 mai 2018

Les 7 membres de l’Institut culturel « Zavod Fluvium », (« les 7 mercenaires de la culture », comme je les appelle) m’avaient invitée le dimanche 13 mai 2018 avec Boris Pahor à une nouvelle projection de mon film organisée dans le cinéma de la ville slovène d’Ajdovscina ! 

Boris Pahor est venu en voiture de Trieste pour l’occasion. Après le générique de fin du documentaire, le public s’est levé avec enthousiasme pour le saluer dans un tonnerre d’applaudissements quand il est apparu sur la scène. Même si j’ai maintes fois vécu cette scène, c’est toujours un moment formidable et émouvant : celui où le héros du film a l’air de sortir de l’écran pour devenir un personnage réel en chair et en os…  Il a ensuite harangué l’assemblée pendant une heure, avec énergie et détermination. Les spectateurs nombreux en ce milieu d’après-midi de dimanche partagèrent bouche bée sa vision pertinente, mais néanmoins toujours positive de notre monde. 

Ainsi, cette tournée surréaliste d’avant-premières du film se poursuit encore et encore ! Jusqu’à quand ?

Boris Pahor arrive à la projection d'ajdovscina, 13 mai 2018
Je filme Boris Pahor qui arrive à la projection d’Ajdovscina, 13 mai 2018

 

Le TEASER de mon documentaire « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » :

 

 

Boris Pahor boit un petit café à Ajdovscina avant la projection du film, le 13 mai 2018

Boris Pahor boit un petit café à Ajdovscina avant la projection du film, le 13 mai 2018

 

Pendant la projection à Ajdovscina, Boris Pahor s'adonne à une passionnante conversation littéraire avec son ami le photographe et écrivain Evgen Bavcar. Je filme. 13 mai 2018

Pendant la projection à Ajdovscina, Boris Pahor s’adonne à une passionnante conversation littéraire avec son ami le photographe et écrivain Evgen Bavcar. Je filme. 13 mai 2018

 

Boris Pahor et Fabienne Issartel après la projection du film à Ajdovscina, Slovénie, le 13 mai 2018Boris Pahor, 105 ans, et Fabienne Issartel, devant la salle de cinéma d’Ajdovscina en Slovénie, le 13 mai 2018

 

Le au-revoir à Boris Pahor qui retourne à Trieste après la projection du 13 mai à Ajdovscina. Boris Pahor que je devrai revoir en principe le 4 octobre en France....

Le au-revoir à Boris Pahor qui retourne à Trieste après la projection du 13 mai à Ajdovscina. Boris que je devrais revoir, en principe, le 4 octobre en France….

 

Fabienne Issartel et Anne-Cécile Lamy de la Zavod Fluvium, dans les rues d'Ajdovscina, Slovénie, le 13 mai 2018

Fabienne Issartel et Anne-Cécile Lamy de la Zavod Fluvium, dans les rues d’Ajdovscina, Slovénie, le 13 mai 2018

Merci à la « Zavod Fluvium » d’avoir permis qu’adviennent ces moments d’échanges riches et chaleureux. Et bravo à Boris de me soutenir et de continuer à m’accompagner avec une telle grâce dans cette aventure. Mon coeur est joyeux !

 

Fabienne Issartel après la projection à Ajdovscina le 13 mai 2018 avec quelques uns des imminents membres de la "Zavod Fluvium"

Fabienne Issartel avec quelques uns des imminents membres de la « Zavod Fluvium », après la projection de « Boris Pahor portrait d’un homme libre » à Ajdovscina le 13 mai 2018

 

« PLACE OBERDAN à TRIESTE », nouvelles de Boris Pahor, chez Pierre-Guillaume de Roux

La place Oberdan à Trieste, lieu cardinal de la destinée des Slovènes, doit son nom à un irrédentiste italien du XIXe siècle et a joué un grand rôle dans la vie de Boris Pahor. C’est là qu’à l’âge de 7 ans, en 1920, il vit brûler la Maison de la culture slovène incendiée par les fascistes. C’est là aussi que se dresse le palais où, bien des années plus tard, il eut à répondre aux interrogatoires de la police secrète nazie.
« Place Oberdan à Trieste », titre de ce recueil de nouvelles mêle fictions alertes et récits autobiographiques, tous traversés par les thèmes majeurs qui imprègnent l’oeuvre de Boris Pahor : la période noire du fascisme et de la Seconde Guerre mondiale, l’empreinte indélébile laissée par les camps, la défense de la « slovénité », sans oublier les particularités naturelles du Karst que sa sensibilité de poète fait miroiter au fil d’inoubliables descriptions. 

Boris Pahor dédicace mon exemplaire de "Pace Oberdan à Trieste", le 13 mai 2018
Boris Pahor dédicace mon exemplaire de « Pace Oberdan à Trieste », le 13 mai 2018 à Ajdovscina

ARTICLES autour de la parution  de son recueil de nouvelles « Place Oberdan à Trieste »  :

  • Dans l’excellente revue littéraire « En attendant Nadeau », l’article de Linda Lê, « Les errants de Boris Pahor »

En-attendant-Nadeau-n°51 Boris Pahor

  • Dans le magazine mensuel CAUSEUR N°57 de mai 2018, actuellement en kiosque, page 82, l’article « Boris Pahor, une vie parmi les ombres » de Daoud Boughezala qui a rencontré Boris Pahor à Trieste au mois de février.

Boris Pahor dans Causeur, février 2018

  • Dans Valeurs actuelles, septembre 2018

Article sur Boris Pahor, Valeurs Actuelles, septembre 2018

 

PLACE OBERDAN A TRIESTE : c'est aussi le titre du dernier recueil de nouvelles de Boris Pahor, paru en France en janvier 2018

LA PLACE OBERDAN A TRIESTE : « Place Oberdan » c’est  le titre du dernier ouvrage de Boris Pahor paru en janvier 2018, et aussi d’une des nouvelles page 63″

 

UN ARTICLE DANS LE MAGAZINE TAZ WEEK-END ALLEMAND
DU 18 NOVEMBRE 2018
Liens vers l’article en allemand et sa traduction en français :
L’écrivain Boris Pahor à propos du nouveau fascisme
interview de Martin Reichert
 
« TROUVONS UN AUTRE SENS »
 
Boris Pahor qui fut interné dans un camp de concentration, est un membre de la minorité slovène en Italie. Malgré le retour de la droite, il veut croire encore dans l’homme.
 
TRIESTE taz | 
 
Boris Pahor vit dans une maison sur les hauteurs, dans le quartier de Prosecco, au-dessus de Trieste. De là, vous avez une vue imprenable sur la mer, le golfe. Tout est bleu. Nous sommes en août. La gouvernante nous amène au salon et bureau de travail. Partout des fleurs et des objets décoratifs. Deux bouquets sont décorés du drapeau slovène. Boris Pahor vient d’avoir 105 ans. Après avoir conduit « le jubilé » jusqu’à son fauteuil,  la gouvernante se rend à la cuisine pour préparer le déjeuner. Les volets sont tous fermés à cause de la chaleur.
 
TAZ: Mr Pahor, saviez-vous que l’on peut apprendre le slovène à Berlin? Le ministère slovène pour la Science, l’Education et les Sports a rendu cela possible.
 
Boris Pahor: Je suis allé plusieurs fois en Allemagne et j’ai toujours eu un bon traducteur. Par exemple, lorsque je me suis rendu au camp de Dora dans l’entrepôt où le missile V2 a été construit. J’ai été invité là-bas comme survivant à plusieurs reprises pour des commémorations, en tant que témoin. Je parle aussi allemand, mais un petit allemand de voyageur.
Il a appris l’Allemand dans les camps de concentration allemand.
 
J’aurai préféré pouvoir parler en slovène si cela avait été possible… Mais que voulez-vous savoir ?
 
Nous avons pensé qu’il serait approprié compte tenu de la résurgence du fascisme, de se confronter aux témoins oculaires de cette époque…
 
Au début du fascisme il y a Mussolini. Hitler le considérait comme son professeur. Mussolini s’est présenté comme le successeur des Romains – mais un empereur romain qui a donné à l’Église le Vatican.
 
En 1929, le Vatican vit le jour avec le pape Pie XI. et c’est Benito Mussolini qui signa les actes.
 
Malheureusement l’église est devenue à ce moment-là presque fasciste parce que tout ce que Mussolini voulait était alors approuvé par le Vatican. Les fascistes, par exemple, ne voulaient pas d’un Slovène archevêque à Gorica. Il a donc dû partir. Plus tard, les catholiques slovènes se sont battus avec les communistes pour la liberté et contre le fascisme, même si le Vatican s’est opposé de manière catégorique à une telle coopération.
Les catholiques slovènes faisaient partie de cette résistance du mouvement de libération slovène.
 
Je parle du fascisme plus précisément en tant que membre de la partie slovène de Trieste. Car nous n’étions pas vraiment une minorité ici et nous n’avons pas eu de chance lorsque l’Italie est devenue un véritable État. Une partie de la population d’ici a déclaré que Trieste devait devenir italien. La population de Trieste était mélangée depuis toujours et l’est encore aujourd’hui d’ailleurs. Les Serbes ont ici l’église Saint-Spyridon sur le Grand Canal. Les Grecs ont leur église près de la mer et les Juifs leur grande synagogue.
 
La situation s’est ensuite aggravée après la Première Guerre mondiale.
 
En 1918, l’Italie a été récompensé par le territoire de Trieste et plus précisément celui de Trieste – Trento, auquel s’ajoutait toute la zone située derrière le Triglav, les Alpes juliennes. Et puis quand les fascistes sont arrivés ils ont voulu que tous deviennent des Italiens. Nous les Slovènes, avons été alors les premiers à souffrir du fascisme.
 
En 1920, les fascistes ont fait brûler le Narodni dom, le centre culturel slovène de Trieste. Là tu avais sept ans.
 
J’ai tout vu. Ils ont coupé les tuyaux des pompiers qui sont venus à la rescousse. En 1922, quand Mussolini est arrivé au pouvoir je n’ai plus été autorisé à parler slovène.La culture slovène a été supprimée.
Aujourd’hui, il y a de nouveau un théâtre slovène à Trieste, et les panneaux dans la région sont bilingues. Il y a une minorité italienne en Slovénie, et une slovène en Italie. 
Cela s’est beaucoup amélioré. Ce n’est qu’en 2000 que nous avons obtenu une loi, qui nous avait été promise en 1954 et qui nous protège en tant que minorité. Il y a des éditeurs, de très bons médias, une radio de sept heures du matin à sept heures du soir. Mais nous n’avons pas encore de vrais représentants dans le gouvernement à Rome.
Il y a maintenant des populistes de droite aux commandes.
 
Je vais répondre au nom du peuple slovène : nous sommes très malheureux. Il faut dire que les Italiens ont toujours préféré ne pas parler de fascisme. Ils préfèrent garder le secret. Laissez-moi vous donner un exemple. En 2004, une « loi sur le souvenir » a été adoptée en Italie – rappelant que la population italienne sous domination yougoslave devait quitter l’Istrie – mais cette loi ne mentionne en aucune manière ce que les fascistes avaient fait à la population avant 1945. La population italienne ne sait toujours pas ce que le fascisme nous a fait. La langue slovène, les écoles, les clubs – tout était interdit. C’était une destruction de tout ce qui était slovène. Les Croates ont également dû quitter l’Istrie. Entre les deux guerres mondiales, 500 000 personnes ont été internées, expulsées ou les deux. Dans un processus d’italianisation forcée.
 
Y a-t-il une écoute en Italie ?
Les Italiens de Trieste me disent : Monsieur Pahor, vous nous avez raconté votre passé. Nous ne le connaissions pas. Nous avons vécu tout le temps en Italie sans savoir qu’il y avait eu une autre histoire : que les Slovènes étaient considérés comme des sortes de terroristes. 
 
Des terroristes ?
Les Slovènes constituaient une minorité opprimée. Regardez les musulmans radicaux d’aujourd’hui, ils se vengent de ce que l’Europe a fait dans leurs pays. En Afrique et ailleurs. Les Européens étaient des colonialistes. Les Italiens, les Français, les Anglais, les Néerlandais : ils avaient toute l’Afrique entre leurs mains. Et maintenant que les gens fuient l’Afrique, ils n’en veulent pas. Ils disent : « Nous n’aimons pas les Africains. » Hier, cependant vous les aimiez, à l’époque où vous aviez leur continent entre vos mains et que vous divisiez à volonté.
Et l’Italie …
L’Italie ne dit pas la vérité sur le fascisme et le protège indirectement. Je ne sais pas comment cela se passe ailleurs. Si les Hongrois veulent vraiment avoir un dictateur, ils s’arrangeront de cette façon. J’espère que ce ne sera pas le cas. J’espère que l’Europe sera différente et en même temps unie. L’Europe est unique au monde sous cette forme – le pluralisme au sein de l’unité, comme à Trieste. L’Europe est en danger – et les nationalismes naissants constituent la principale menace. Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée, on pouvait voir que les nationalismes étaient aussi une vérité. Outre la mondialisation, le particularisme a également le droit d’exister. Il s’agit du droit à une certaine indépendance. Prenons l’exemple de la Catalogne : à mon avis, ce ne sont pas des nationalistes. Je suis membre de l’Association pour les droits des minorités linguistiques en Europe et ami de certains Catalans. Je suis allé à un congrès de langue catalane – et partout il y avait de petits drapeaux slovènes. Ils suivent l’exemple de la Slovénie. Cela ne leur suffit pas d’avoir leurs propres écoles, ils veulent être indépendants. L’Union européenne devrait être suffisamment mature pour faire face aux besoins des Catalans.
Mais c’est aussi complexe. 
L’histoire de cette région ici l’est également, et elle doit être réécrite car, telle qu’elle existe aujourd’hui, elle est fondée sur les intérêts des Italiens. Je viens de publier un livre sur mon compatriote Edvard Kocbek, un socialiste chrétien qui a combattu le fascisme contre les communistes. Il espérait un changement dans l’Église catholique dans le sens d’un christianisme qui ressemble à Jésus. Jean XXIII. a commencé avec ça. Après lui, un autre est venu, qui voulait tout refaire.
Avec Paul VI, qui était alors l’original du pape Jean XXIII., le deuxième concile du Vatican a pris fin.
Et ainsi la voie était préparée pour les problèmes actuels de l’Église catholique – Nietzsche avait parfaitement raison avec sa prophétie selon laquelle nous aurions des problèmes lorsque l’Église catholique aurait perdu sa validité. Et maintenant nous en sommes là. Ce que le pape actuel peut accomplir, je ne le sais pas. Il ne peut pas faire grand chose. Il peut parler pendant qu’il est pape.
Après tout, vous l’écoutez.
Vous savez, j’ai eu le droit de parler pendant un quart d’heure au Parlement européen. Ils ont d’abord dit cinq minutes, puis dix – et ensuite, je me suis entretenu pendant quinze minutes avec les députés et je leur ai dit: « Écoutez, nous n’avons pas de solution aujourd’hui. J’ai aussi parlé des « triangles rouges ». Les prisonniers politiques du camp avaient des triangles rouges, et j’en avais un grand parce que j’étais italien.
 
En tant que membre du mouvement de libération slovène, vous avez été arrêté en 1944 par la milice Domobranzen, collaborant avec les nazis, et conduit au camp de concentration de Dachau. Vous avez aussi été emmené à Natzweiler-Struthof, Mittelbau-Dora et Bergen-Belsen. 
Nous devons parler non seulement des Juifs, mais également de ceux qui étaient dans les camps parce qu’ils étaient contre les nazis, parce qu’ils étaient homosexuels, et autres. Il y avait seize types de triangles. Nous avions faim du matin au soir, mais nous devions travailler de six heures du matin à une heure de l’après-midi. Et après le déjeuner, encore deux heures. Ou encore des exercices physiques. Corps pauvres et affamés, puis exercices. C’était en Allemagne. Nous avions un morceau de pain gros comme la paume de ma main et épais comme deux doigts, et puis une soupe de betteraves et d’autres choses. Non, attendez : la soupe c’était au déjeuner et le pain à quatre heures. Et quiconque ne travaillait pas, ou si la pelle lui échappait des mains et qu’il tombait aussi … alors le Kapo venait et le frappait, le frappait, le soulevait, et lui remettait la pelle à la main. S’il tombait à nouveau, on l’emmenait alors à la baraque et il s’allongeait jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais jusqu’à ce moment-là, il devait travailler : malgré la faim. Et ça c’était le pire.
 
Et vous deviez raconter tout cela en cinq minutes au Parlement européen ? 
 
J’ai dit aussi : « Excusez-moi, mesdames et messieurs. J’ai maintenant 104 ans. Je vais bientôt en avoir 105. J’ai quand même une certaine expérience de la société humaine. Pendant vingt ans, j’ai eu affaire au fascisme. Dans le camp, j’ai souffert du manque de tout. » J’étais ambulancier à Mittelbau-Dora. Aujourd’hui, il y a partout des sites commémoratifs en Allemagne. L’Allemagne est correcte et juste, et pour cela il faut louer l’Allemagne. Et aussi pour le fait que l’Allemagne est la principale puissance du socialisme chrétien.
Vous pensez à Angela Merkel ? 
Les sociaux-chrétiens sont forts en Allemagne ainsi que les sociaux-démocrates, tous deux partisans d’une certaine justice. Et vous devez féliciter l’Allemagne d’avoir accueilli les réfugiés. Mme Merkel l’a fait parce qu’elle avait besoin des travailleurs. C’est allemand. Elle a ensuite été accusée d’avoir d’abord pensé à l’Allemagne. Mais c’est une telle économie, il faut des travailleurs qui travaillent plus qu’ils ne dansent.
Avez-vous une expérience de la société humaine – savez-vous comment elle va ? 
 » Nous n’avons pas de solution », j’ai dit au Parlement européen. La seule solution que je vois aujourd’hui, c’est que nous procédions comme nous l’avions décidé : les technologies évoluent et on essaie de sauver quelque chose de cette terre où les icebergs fondent ! Tous devraient se rassembler, ceux avec et ceux sans pouvoir, et prendre une décision appropriée pour préserver la terre. Aujourd’hui l’homme est capable de fabriquer une chèvre sans chèvre. Il peut fabriquer les téléphones que vous sortez de votre poche pour parler à votre femme à New York.
Si un homme né en 1907 qui a vécu il y a 150 ans nous voyait, il dirait : «quoi, ils l’ont simplement sorti de leurs poches et ils ont parlé ?. Comment ça marche ? » Et vous lui diriez : « mais tout ça est normal aujourd’hui ».
Ce n’est pas normal ! C’est un miracle ! Ou alors, prenez encore le génie génétique, c’est incroyable. Mais vous savez, si nous sommes vraiment si intelligents, donnons alors un sens à l’humanité pour qu’elle ne soit plus comme avant : guerres, sang, prison, camps. Il n’est pas possible que ces gens miraculeux ne soient nés que pour inventer de petits téléphones portables. Trouvons un autre sens au monde ! Pourquoi sommes-nous des humains avec des cerveaux ici  juste pour détruire la Terre ? Juste pour nous battre ? Alexandre le Grand, Napoléon, Mao Tsé-Toung, Hitler, Mussolini, tous entrèrent dans les livres d’histoire et n’étaient que parasites. Ils ont travaillé pour détruire autant de personnes que possible, et au nom de la liberté et de la justice ! Et compte tenu de ce qu’il ya aujourd’hui dans les mains d’un millier de personnes, avec seulement un dixième ou un cinquième des milliards d’un de ces riches, personne ne devrait plus mourir de faim.
 
En ce qui concerne la faim, vous savez de quoi vous parlez. Ça sent bon dans la cuisine. Nous allons vous laisser bientôt. Qu’est-ce qu’il y a de bon aujourd’hui ?
 
Aujourd’hui, nous avons une très bonne soupe de légumes. Un minestrone. Mais comme il est en purée, vous ne pouvez pas voir de quels légumes la soupe est faite. Mais généralement, il y a au moins trois éléments : carottes, courgettes et que sais-je ? La soupe est en purée parce que j’ai dû emprunter des dents… Et puis il y a un dessert – dolce -. J’aime les fruits, les oranges, les melons, les raisins. J’aime beaucoup les bonbons. Les biscuits ou des crèmes. Les Autrichiens sont des spécialistes dans ce domaine. 
 
Monsieur Pahor, merci de nous avoir donné de votre temps.
Merci de m’avoir écouté.
 
BORIS PAHOR est né à Trieste en Autriche-Hongrie (aujourd’hui en Italie) en 1913 dans la communauté slovène. En tant que membre de la Résistance slovène, il est interné à Dachau, Natzweiler-Struthof, Mittelbau-Dora et Bergen-Belsen. Il publie en 1967 son roman le plus célèbre, « Necropolis » (Berlin Verlag, 2001), dans lequel il raconte les traumatismes des camps de concentration. En allemand ont été publiés  « Piazza Oberdan » (Kitab Verlag, 2008) et le recueil de nouvelles « Des fleurs pour un lépreux » (Kitab, 2004). 
Quelques livres de Boris Pahor dans une librairie de Ljubljana en 2012

Quelques-uns des livres de Boris Pahor dans la grande librairie de Ljubljana en 2012

 

Boris pahor dans les rues de Paris en 2014Boris pahor dans les rues de Paris en 2014 entouré de ses amies Liza Japelj à gauche et Anne-Marie Mansuy à droite

 

Boris Pahor candidat aux élections régionales italiennes :

Quelques liens pour mémoire, parmi une ribambelle d’articles, qui annonçait sa candidature (accompagnés d’éléments de traduction) :

L’écrivain italien Boris Pahor, qui appartient à la minorité slovène, participe aux élections régionales à Trieste à l’âge de 104 ans. « Je ne pouvais pas dire non. »dit-il. L’homme de lettres né à Trieste à l’époque des Habsbourg en 1913, participe avec l’Union slovène aux élections régionales du Frioul le 22 avril. « J’ai toujours été attaché aux droits des minorités. » Boris Pahor est considéré comme le représentant le plus internationalement reconnu de la littérature contemporaine slovène. Il a été interné pendant la Seconde Guerre mondiale dans quatre camps de concentration nazis, notamment en Alsace au Natzweiler-Struthof. Il raconte ses expériences des camps dans « Necropolis ». Ses œuvres, disponibles en traduction allemande, comprennent «Villa am See», «The Darkening», «Nomads without Oasis», «In the Labyrinth» et «Secret Language Gifts».
En 2007, Jacques Chirac l’a fait « Chevalier de la Légion d’honneur » en France. Depuis 2009, il est membre de l’Académie slovène des Sciences et des Arts. En 2010, il a reçu « la Croix d’honneur » en Autriche pour la science et l’art.
TRIESTE – Ses 104 ans ne l’arrêtent pas. En effet, l’écrivain slovène Boris Pahor va tenter de gagner une place au Conseil régional sous la bannière de Slovenska Skupnost, dont il est président d’honneur, aux élections du 29 avril prochain en Frioul-Vénétie Julienne. S’il est élu, il ne sera sûrement pas un homme de paille, juste inclus dans les listes pour attirer et recueillir davantage de voix, car on sait que Pahor est respecté par les institutions, comme le montre son engagement à la reconstruction historique de ce qui s’est passé dans cette partie du Nord-Est et à travers la frontière dans les terribles années de la Seconde Guerre mondiale et après. Donc, c’est une vraie candidature, malgré vénérable de 104 ans inscrit sur sa carte d’identité. Il est probablement le candidat le plus âgé de tous les temps. L’auteur de Necropolis et de nombreux autres livres, a survécu aux camps de concentration, pendant plus d’un an et a assisté à de terribles évènements toute sa vie. Pahor tente une nouvelle aventure en se portant candidat pour la première fois aux élections régionales en soutien à Sergio Bolzonello, candidat à la présidence et déjà vice-président de la Région. « Actif et enjoué – rapporte l’Ansa – Boris Pahor continue d’écrire des livres et surtout de rencontrer les jeunes et aller dans  les écoles. Et s’il devait être élu, il pourrait donner raison au slogan dont on abuse parfois : « à partir de demain, votre vie va changer. »
Le plus que centenaire candidat à la région Friuli-Venezia Giulia,  l’écrivain slovène de Trieste Boris Pahor, est né le 26 Août 1913. Auteur de romans et d’essais, plusieurs fois en lice pour le prix Nobel, son nom apparaît maintenant sur la liste de l’Union slovène qui soutient le Parti démocrate. « Je crois que je ne serai pas élu – dit-il – mais si c’est le cas, je passerai la main. Sans parler de mon âge avancé, je ne suis pas un politicien. Ma place est devant la machine à écrire. Ce que je veux faire, c’est témoigner de l’identité slovène, piétinée par l’histoire. Cette réalité n’est guère connue en Italie, ni comprise même « .
Comment la proposition pour cette candidature est-elle née? « Ce n’est pas la première fois, mais la cinquième, si je ne me trompe pas. Mais je n’ai jamais été élu de toute façon. La minorité dans la minorité. En 2009, par exemple, je me suis présenté comme candidat slovène avec le Sudtiroler Volkspartei. En tout cas, il y a quelque temps, Igor Gabrovec, l’actuel vice-président du Conseil régional Frioul-Vénétie-Julienne, est venu chez moi et m’a demandé d’entrer dans la liste. Évidemment, j’ai accepté. « 
Seriez-vous également prêt à assister à des réunions publiques? « Je le répète, je ne suis pas un politicien, mais si on me proposait d’organiser une sorte de conférence dans la Région, je ne dirais pas non. Bien sûr, je suis en forme. En ce moment je le suis. D’autre part, mon activité de conférencier est rodée. Si vous saviez dans combien d’écoles j’ai été… Les jeunes au moins devraient connaître cette histoire. »
Quels en sont les faits les plus marquants ?
«Mon livre le plus célèbre est Nécropole. Il raconte de l’intérieur, l’expérience atroce vécue dans les camps de concentration nazis. Mais la répression, même pour nous Slovènes, n’était pas seulement le fait d’Hitler. Cela avait commencé avec le fascisme dans les années 1920. En 1926, les lois de Mussolini envers nous devinrent particulièrement agressives. Mais en Italie, l’argument semble être tabou. Dans ma mémoire, il y a une date cruciale, celle du 13 Juillet 1920, ou enfant, j’ai vu des fascistes faire brûler à Trieste le Narodni Dom, la Maison du peuple slovène « .
Vous vous présentez avec l’Union slovène, un parti actif dans les élections politiques de 1963, d’inspiration chrétienne-sociale. Mais Boris Pahor n’est pas croyant, n’est-ce pas ?
« C’est vrai, je ne suis pas un croyant, et je le souligne. Politiquement, aujourd’hui je pourrais m’appeler un social-démocrate. Mes idées ont mûri lorsque, quittant le camp de concentration, je me suis retrouvé dans un sanatorium à Paris pour me soigner contre la tuberculose. A cette époque, je lisais de nombreux essais sur le communisme, mais entre le pro-communisme de Sartre et les idées de Camus, qui se détachaient du communisme, j’ai opté pour ce dernier. L’engagement civil de Camus, pas enclin aux idéologies, est un exemple. Après avoir clarifié cela, je soutiens volontiers Slovenska Skupnost pour sa ligne de défense des minorités. Et c’est bon pour moi de soutenir le Parti démocrate. Lors des élections du 4 mars, malgré la baisse des votes pour le PD, mon amie Tatjana Rojc, écrivain, traductrice, a été élue au Sénat en tant qu’indépendante. La loi italienne devrait néanmoins garantir la représentation des minorités au Parlement « .
Aujourd’hui l’écrivain anti-fasciste Pahor est candidat avec l’Union slovène: « J’ai toujours lutté pour les droits des minorités. Oui. Je me présente aux élections à 104 ans « . La voix du grand écrivain slovène de Trieste Boris Pahor est toujours énergique. Donc c’est bien vrai : il sera candidat pour le Regionali de Friuli-Venezia Giulia. C’est peut-être un record du monde : s’il était élu, le mandat se terminerait à 109 ans. À Trieste, il doit y avoir un élixir de longue vie, car c’est ici aussi qu’est né l’ultracentenaire Gillo Dorfles. Pahor né sous les Habsbourg, a été déporté dans les camps nazis en raison de ses idées antifascistes.
Pahor a survécu aux nazis. Et à son retour, il a écrit des livres extraordinaires comme Nécropoles  avec des passages éblouissants: «De la mort et de l’amour on ne peut parler qu’avec soi-même ou avec l’être aimé. Ni la mort ni l’amour ne tolèrent la présence d’étrangers « . Aujourd’hui, il se présente aux élections régionales: « Je postule pour l’Union slovène du Frioul-Vénétie Julienne. Je ne pouvais pas dire non, je me suis toujours battu pour les droits des minorités. Cela fait plus d’un demi-siècle que je me bats pour ça. L’Italie reconnaît douze langues, mais aujourd’hui il semble qu’il n’y ait pas d’argent pour payer les enseignants. Peut-être que mon nom sur la carte servira à ça, à attirer un peu l’attention sur ceux qui n’ont pas de voix. Mais s’il gagne ? Pahor sourit. « S’il arrivait que … beaucoup de gens choisissaient mon nom sur la carte … eh bien, je laisserais immédiatement la place à ceux qui viendraient après moi. Je ne veux pas faire de politique maintenant.  » Mais à partir de sa villa à Barcola, à Trieste, Pahor continue de regarder le monde: «L’Europe écrase les Catalans». Et l’Italie? « Carlo Cattaneo, les Etats-Unis d’Italie, me vient à l’esprit. Peut-être que cela aurait été la bonne solution « .
Pahor, comme recette de vie parle d’un petit déjeuner avec du café, pain, beurre et confiture. Pahor a souffert et a vécu intensément : « j’ai côtoyé ma dernière femme à 85 ans », a-t-il raconté il y a peu de temps au Corriere della Sera. Et sa dernière  nomination aura lieu – qui sait – à 104. Et il n’a pas l’intention de ralentir : « je travaille encore plusieurs heures par jour. Et si on m’appelle, si on vient me chercher en voiture, je vais partout pour parler… J’ai parlé des centaines de fois de ce que j’ai vécu. Je suis un missionnaire… de la mémoire « .
"Le ciel est sous nos pieds", place de l'Unité à Trieste, photo Fabienne Issartel

Sur la place de l’Unité à Trieste, cet homme me rappelle le titre d’un autre de mes films : « Le ciel est sous nos pieds », portrait de Pierre Székely, photo Fabienne Issartel

 

En août, celui qui aura 105 ans a de nouveau attiré l’attention du public italien après avoir accepté la candidature du Conseil régional sur la liste de la Communauté slovène. Le journal du Corriere della Sera consacre aujourd’hui un entretien complet avec lui. Quand on lui a demandé s’il accepterait de participer à une réunion électorale, il a répondu par l’affirmative. « Je ne suis pas un politicien, mais si vous me demandiez d’assister à une réunion dans le pays, je ne refuserais pas. Je devrais, bien sûr, me sentir en forme, mais pour le moment ça va. « Dans un entretien il a dit qu’il ne croyait pas en Dieu, qu’il est un socialiste d’après la vision du monde. Il se sent proche de Camus. Il est heureux de soutenir la communauté slovène qui défend les droits des minorités. « Je suis d’accord pour qu’il soit  affilié au Parti démocrate », a déclaré le plus âgé des candidats cette année aux élections du Frioul Vénétie Julienne.
"Seule, la nuit place de l'Unité à Trieste", photo Fabienne Issartel

« Seule la nuit, place de l’Unité à Trieste », photo Fabienne Issartel

 

Boris Pahor parlait dans « RUSHS N°1 » d’Etats généraux qu’il faudrait organiser pour réfléchir ensemble aux problèmes migratoires. Des initiatives s’organisent ces temps-ci dans le bon sens. Allons-nous enfin sortir de la nuit ?

 

Le Serment du Centquatre pour l’accueil des migrants: rendez-vous mercredi 31 octobre 2018 à partir de 19h sur Mediapart live

https://blogs.mediapart.fr/la-redaction-de-mediapart/blog/261018/le-serment-du-centquatre-pour-laccueil-des-migrants-rendez-vous-mercredi-31-octobre-p?utm_source=programme&utm_medium=email&utm_campaign=Live_31-10-2018_programme&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-1026-%5Bprogramme%5D&M_BT=436382103159

ET AUSSI

PREMIÈRE SESSION NATIONALE DES ETATS GÉNÉRAUX DES MIGRATIONS

Le 26 ET 27 MAI a eu lieu la PREMIÈRE SESSION NATIONALE DES ETATS GÉNÉRAUX DES MIGRATIONS à Montreuil (93). Un document  » Socle commun pour une politique migratoire respectueuse des droits fondamentaux et de la dignité des personnes » a été établi pour préparer ce rassemblement. 

Renseignements ici :

https://eg-migrations.org/26-et-27-mai-premiere-session-nationale-des-Etat-Generaux-des-Migrations

https://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/05/26/etats-generaux-des-migrations-les-associations-poussees-a-jouer-collectif_5305004_1654200.html

Les ministres de l’Intérieur de l’Union Européenne se réunissent à Luxembourg le 5 juin pour parler des lois européennes asile et immigration :

https://www.la-croix.com/Monde/Europe/LEurope-reste-prudente-nouvel-executif-italien-2018-06-03-1200944071?id_folder=1200943713&from_univers=lacroix&position=0

L’Aquarius près des côtes libyennes :

https://www.letemps.ch/grand-format/cimetiere-marin-mediterranee

https://www.letemps.ch/grand-format/piege-haute-mer

Dernières nouvelles du 12 juin : dans quel pays pourra accoster l’Aquarius avec ses plus de 600 passagers ?

http://www.repubblica.it/cronaca/2018/06/12/news/aquarius_sos_mediterrane_e_i_migranti_saranno_portati_a_valencia_da_navi_italiane-198786734/

Sur France Inter (12 juin) : Aquarius : « Rome refuse, Paris regarde ses chaussures »

https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-12-juin-2018#xtor=EPR-5-%5BMeilleur12062018%5D

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Une réflexion sur “BORIS PAHOR, LE PLUS VIEUX CANDIDAT DU MONDE défend DANS UNE VIDEO la cause des migrants. C’est RUSHES N°1. Des nouvelles ICI de la projection en mai de mon film portrait de Boris Pahor à Ajdovscina (Slovénie). Les articles sur son recueil de nouvelles, un interview en allemand et le TEASER du film !

  1. Amitabha France dit :

    Bonjour Fabienne. Merci pour ce superbe article sur Boris Pahor. Recemment je suis allée en Slovénie, avec des amis et je suis allée au Nanos , sur vos pas, celle des dernières images de ton documentaire. J’ai raconté à mes amis l’histoire du documentaire. J’étais si heureuse d’y aller.Bruna

    Nothing last forever

    >

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