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BORIS PAHOR EN ROUTE POUR L’ÉTERNITÉ

La statue de Boris Pahor érigée en avril 2017, dans le parc Tivoli de Ljubljana, Slovénie, photo Igor korsic

Depuis le jeudi 8 avril 2017 se dresse dans le parc Tivoli de Ljubljana, capitale de la Slovénie, un nouveau mémorial dédié à l’écrivain slovène Boris Pahor. Evènement assez extraordinaire et rare, dans la mesure où le héros a pu assister en chair et en os à son érection.

Inauguration le 6 avril 2017 du mémorial de Boris pahor à Ljubljana en présence du héros,
Photo Borut Zivulovic/Bobo, droits réservés

Oui, ce fut un moment surréaliste que de voir surgir dans le paysage de ce jardin de ville tranquille, cette statue géante hyper réaliste, jaugeant du haut de ses deux mètres de ferraille, son modèle vivant de 104 ans un peu interloqué.
C’est que Boris Pahor ne mesure qu’à peine 1 mètre 68 !
Le monument a été réalisé par le sculpteur Mirsad Begić.
Non loin de lui, est installée depuis 2005 une autre statue réalisée par le sculpteur Boštjan Drinovec. C’est également un homme de fer mais à taille humaine cette fois-ci. Il est assis sur un banc et regarde fixement le monde avec gravité, la tête légèrement penchée. Il a l’air de réfléchir. C’est Edvard Kocbek, poète, écrivain et homme politique slovène.

la statue d’Edvard
Kocbek dans le parc Tivoli de Ljubljana

Voilà que les deux hommes sont à nouveau réunis. Car ils se sont bien connus, et se sont soutenus mutuellement dans leurs luttes contre l’injustice. Tout au long de leur vie,les deux amis n’ont cessé de dialoguer jusqu’à la mort de Kocbek en 1981.

« Je ne savais pas que ma statue allait être aussi grande », me confie Boris Pahor un peu embêté en évoquant la taille plus modeste de celle de son aîné Kocbek. « On ne m’en avait envoyé que des petits bouts pour avoir mon accord. Et je n’avais aucune idée de l’échelle de l’ouvrage ».

Il y a 80 ans, les tous premiers articles de Boris Pahor le triestin, alors aux prises avec le fascisme de Mussolini, avaient été publiés sous un pseudonyme à Ljubljana dans les revues d’avant-guerre d’Edvard Kocbek, lui-même alors proche des « Personnalistes » de la revue Esprit à Paris, et engagé dans les combats contre les franquistes de la guerre d’Espagne et les exactions de l’église catholique.
Après la deuxième guerre mondiale en 1952, alors que Kocbek est victime à son tour de la censure du régime de Tito, placé sous surveillance et mis à la retraite forcée, c’est Boris Pahor qui lui redonne voix et médiatise son histoire hors du rideau de fer dans sa revue ZALIV, une tribune à Trieste pour les intellectuels en résistance au totalitarisme communiste. Pour avoir défendu Kocbek, Pahor sera ensuite interdit de séjour en Slovénie pendant 30 ans.

ZALIV qu’il co-signait avec l’écrivain triestin Aloz Rebula fut sans doute l’un des objets les plus recherchés par les douaniers de l’ex-Yougoslavie à cette époque. Il fallait empêcher sa pernicieuse diffusion à tous prix.

Edvard Kocbek et boris Pahor en 1960

Bien plus tard, en 1989, Boris Pahor racontera en détail le récit des vicissitudes de la vie de Kocbek, embastillé dans son propre pays qu’il avait pourtant si bien contribué à libérer. Dans « Ta océan strasno odprt » (« cet océan meurtri », 1989), Boris Pahor expose de façon méthodique, chirurgicale, les dérives au jour le jour du régime Tito, dont son ami Edvard devenu la bête noire.

Edvard Kocbek en statue dans le parc Tivoli de Ljubljana

On traite Boris de vieux fou qui s’acharne sur les cadavres. Le livre n’est jamais traduit. Je le trouve par hasard dans un coin de la librairie slovène de Trieste et le confie à une amie de Ljubljana, reconnaissante d’avoir pu, grâce à moi, découvrir ces côtés sombres de la Slovénie qu’elle ignorait.

« Cet océan meurtri », livre de Boris Pahor 1989, capture d’écran du film « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » (réal. F.Issartel)

Et Boris Pahor a continué inlassablement à chercher les preuves de ce qu’il savait être vrai.Quand nous nous sommes rencontrés en 2008, il m’en parlait régulièrement.
Et voilà qu’il y a un mois, un nouveau livre a fait irruption dans l’espace public comme une bombe. C’est celui d’Igor Omerza qui a retrouvé et produit tous les documents officiels qui attestent maintenant des intuitions bien fondées de Boris Pahor.

« Je suis en train d’étudier tout ça », me dit Boris Pahor. « C’est moche ! »

Alors, l’écrivain qui a presque 104 ans s’est remis à la tâche pour lire et commenter ces nouveaux éléments. Il faut imaginer Boris à moitié aveugle,tapi dans sa chambrette dont il a fermé les volets pour échapper à la canicule, pulsant des mots comme un boxeur sur sa Remington dont il ne trouve plus si facilement les rubans encreurs. Il faut imaginer sa détermination, son ardeur de Sisyphe heureux et incarné !

Maintenant, Edward et Boris sont à nouveau réunis. Formidable et absurde situation…
Eux qui ont payé au prix fort leurs engagements sont là, étrangement côtes à côtes, figés pour l’éternité dans leur gangue de fer au beau milieu de ce paisible jardin de Ljubljana. Que vont-ils se dire pendant des siècles et des siècles de toute cette drôle d’histoire ? Qui enregistrera leurs conversations ? Où sont placés les micros ?

Les mains de l’écrivain Boris Pahor et sa revue ZALIV

… Peut-être enfin seuls, entendront-ils quelques mots de leur cher poète KOSOVEL :

SEUL

L’homme est étale.
Le monde s’est écarté, loin, étrangement.
tu erres et tu divagues ça et là, perdu,
Tout est parti à la dérive, tu ne sais où.

Le radieux visage s’est éteint dans la grise pénombre;
En moi se mirent les châtaigniers nus
Et les feuilles foulées aux pieds dans la pluie
Pourrissantes sous les arbres.

Oh ! Je crierais jusqu’à ce que mon cri revienne
Des montagnes, des bois, des vallées,
Mais je tremble de rester seul
Avec le vide mille fois répercuté.

Texte traduit par Viktor Jesenik et adapté par Marc Alyn,
Kosovel, poètes d’aujourd’hui, Seghers, 1965.

Dans une ferme du Karst en Slovénie, lieu de résistance du front de libération pendant la deuxième guerre mondiale

A propos du livre d’Igor Omerza

Voilà ci-dessous le lien vers un article en slovène qui parle de la sortie du livre d’Igor Omerza, dans lequel est détaillée la surveillance de Boris Pahor par la police secrète :

https://marijanzlobec.wordpress.com/2017/05/22/borisa-pahorja-je-nadzorovala-udba/

Le livre de Igor Omerza sorti en mai 2017 chez un éditeur slovène de Klagenfurt (Autriche) raconte comment Boris Pahor a été surveillé pendant des années par la police secrète yougoslave

Quelques précisions résumées ici pour les français qui voudraient en savoir plus :

L’Udba (police secrète de l’ex Yougoslavie) s’est intéressé à Pahor à partir de 52. Fin 51, il avait écrit une critique élogieuse de « Peur et courage » de Kocbek dans le journal Primorski dnevik,car le livre avait été condamné par le PC yougoslave en décembre 51.
Par la suite il sera aussi suspect pour :
– Sa participation à la revue « Sidro in tokovi » (l’ancre et les courants) (53-56)
– La publication de la revue Zaliv
– La création en 1968 de la « Gauche slovène » à Trieste
– La publication de « Odisej ob jamboru » où il attaque Kardelj (le théoricien du titisme entre autre)
– La publication en 1975 de « Kocbek, témoin de notre temps » dans la revue Zaliv
– En 70 et 77, il est suspecté d’être l’auteur de tracts hostiles
– La défense de Viktor Blažič et Franc Miklavčič (76-77)
– Sa collaboration dans les années 80 à Nova revija et à l’Association des écrivains slovènes

Igor Omerza, l’auteur, avait aussi publié en 2010 « Edvard Kocbek, dossier personnel 584 », biographie politique de Kocbek.

Boris pahor en route vers l’éternité entre les mains de son créateur, le sculpteur Mirsad Begić

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« INDIGNONS-NOUS » TOUJOURS ET ENCORE ! Les deux dernières projections de mon « Boris Pahor, portrait d’un homme libre »

Deux nouvelles projections de « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » ont eu lieu en février 2016 au Luxembourg et en juin 2016 à Palma de Majorque à l’Atlantida film festival. Notre aventure extraordinaire continue donc à travers toute l’Europe ! Même si le film n’a pas encore été diffusé sur une chaine de télévision – qu’attendent-ils ?-, c’est un beau et étrange succès auquel des acteurs artistiques indépendants et enthousiastes ont envie de s’associer. Ainsi le film a déjà été sous-titré en italien par la formidable équipe de l’Alliance française de Trieste (c’était la toute première projection mondiale), puis en espagnol par Max Lacruz pour le festival Atlantida de Palma de Majorque, et maintenant à Bruxelles c’est Maja Knafelc qui travaille à une traduction slovène. Une chaîne de belles personnes ont ainsi permis d’amplifier la voix et le message humanistes de Boris Pahor plus que jamais nécessaires ces jours-ci !

Stéphane Hessel et Boris Pahor lors de leur rencontre à Paris en 2012, image du film "Boris Pahor, portrait d'un homme libre" de Fabienne Issartel

Stéphane Hessel et Boris Pahor lors de leur rencontre à Paris en 2012, image du film « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » de Fabienne Issartel

Trois grands indignés européens !

J’avais filmé avec Guylène Brunet la rencontre entre Stéphane Hessel et Boris Pahor en 2012 à la Maison de l’Amérique latine. Stéphane Hessel et Boris Pahor : deux hommes libres profondément européens, comme l’était aussi Albert Camus que Boris Pahor aime tant. Voilà un extrait du discours que Camus avait prononcé en octobre 1957 à Stockholm où on lui remettait le prix nobel de littérature.

« Chaque grande œuvre rend plus admirable et plus riche la face humaine, voilà tout son secret. Et ce n’est pas assez de milliers de camps et de barreaux de cellule pour obscurcir ce bouleversant témoignage de dignité. C’est pourquoi il n’est pas vrai que l’on puisse, même provisoirement, suspendre la culture pour en préparer une nouvelle. On ne suspend pas l’incessant témoignage de l’homme sur sa misère et sa grandeur, on ne suspend pas une respiration. Il n’y a pas de culture sans héritage et nous ne pouvons ni ne devons rien refuser du nôtre, celui de l’Occident. Quelles que soient les œuvres de l’avenir, elles seront toutes chargées du même secret, fait de courage et de liberté, nourri par l’audace de milliers d’artistes de tous les siècles et de toutes les nations. Oui quand la tyrannie moderne nous montre que, même cantonné dans son métier, l’artiste est l’ennemi public, elle a raison. Mais elle rend ainsi hommage, à travers lui, à une figure de l’homme que rien jusqu’ici n’a pu écraser. »

(Dans « Discours de Suède », 10 décembre 1957, édition Folio, page 61)

Camus et Pahor sont nés tous les deux en 1913 !

Camus, Hessel et Pahor nous donnent ce courage d’être digne de notre humanité.

La projection AU LUXEMBOURG :

L'événement organisé au Luxembourg autour de la venue de Boris Pahor en février 2016

L’événement organisé au Luxembourg autour de la venue de Boris Pahor en février 2016

Après la projection du film "Boris pahor, portrait d'un homme libre" au Luxembourg le 24 février 2016 : Boris Pahor, Michel Hiebel le proviseur du lycée français Vauban et moi, Fabienne Issartel

Après la projection du film « Boris pahor, portrait d’un homme libre » au Luxembourg le 24 février 2016 : Boris Pahor, Michel Hiebel le proviseur du lycée français Vauban et moi, Fabienne Issartel

Boris Pahor sort du lycée Français Vauban du Luxembourg en compagnie de Marc Bubert, professeur de français et aussi personnage présent dans le film "Boris Pahor portrait d'un homme libre", février 2016

Boris Pahor sort du lycée Français Vauban du Luxembourg en compagnie de Marc Bubert, professeur de français et aussi personnage présent dans le film « Boris Pahor portrait d’un homme libre », février 2016

La projection à PALMA DE MAJORQUE :

Palma de Majorque vue du chateau de Bellver

Palma de Majorque vue du chateau de Bellver

L’affiche de la première projection en espagnol. Le film a été sous-titré par Max Lacruz.L’affiche a été conçue et réalisée par Slobodan Obrenic.

Afficheespagnole_BP-FILMIN_A3

Le trailer de « Boris pahor, portrait d’un homme libre » réalisé spécialement par le festival Atlantida de Majorque pour le film présenté en ouverture le 27 juin 2016.
Cliquez ici :

http://www.ecartelera.com/videos/trailer-boris-pahor-retrato-de-un-hombre-libre/

Boris Pahor après la projection de Boris Pahor, portrait d'un homme libre" à l'Atlantida film fest de Palma de Majorque,  27 juin 2016

Boris Pahor après la projection de Boris Pahor, portrait d’un homme libre » à l’Atlantida film fest de Palma de Majorque, 27 juin 2016

Boris Pahor à Palma de Majorque, juin 2016

Boris Pahor à Palma de Majorque, juin 2016

Tous les médias (une dizaine en deux jours) sont venus à Boris dans le hall de l’hôtel Balenguera où nous logions. Il a enchainé les interviews avec l’énergie d’un chef d’état.

Quelques images de lui en pleine action sur le lien ci-dessous :

L’ENERGIE FORMIDABLE ET VISIBLE DE BORIS PAHOR A PALMA DE MAJORQUE 

A l'ouverture du festival Atlantida à Palma de Majorque le 27 juin 2016 : Jaum Ripoll, le Directeur du festival, Fabienne Issartel et Boris Pahor

A l’ouverture du festival Atlantida à Palma de Majorque le 27 juin 2016 : Jaum Ripoll, le Directeur du festival, Fabienne Issartel et Boris Pahor

Très bon article dans El Mundo, plein d’humour… de Luiz Martinez : Boris Pahor: « La Europa de hoy está sucia »
En français : « Boris Pahor :  » L’Europe d’aujourd’hui est sale  »
Le lien :
http://www.elmundo.es/cultura/2016/07/07/577d58e4ca4741dc2d8b460b.html

Un autre :

Boris Pahor à Palma de Majorque parle inlassablement de l'Europe, Juin 2016

Boris Pahor à Palma de Majorque parle inlassablement de l’Europe, Juin 2016

Et aussi :
Boris Pahor: “L’Europa actual també és bruta, desgraciada i egoista” de CRISTINA ROS
Le lien :
http://www.arabalears.cat/cultura/Boris-Pahor-LEuropa-desgraciada-egoista_0_1603639687.html

Un article de Gil Toll qui lui a vraiment regardé le film avec attention.
C’est rare !
Le lien :
Boris Pahor, retrato de un hombre libre

Très belle présentation du film avant la projection par un superbe personnage : Emili Manzano, journaliste, écrivain et réalisateur (son film « El dia de la sépia » ici
http://www.ccma.cat/tv3/el-documental/el-documental-estrena-el-dia-de-la-sipia/noticia/2710834/

Boris Pahor et Emili Manzano devant la salle comble pour l'ouverture de l'Atlantida film festival au cinéma Cineciutat de Palma de Majorque le 27 juin 2016

Boris Pahor et Emili Manzano devant la salle comble pour l’ouverture de l’Atlantida film festival au cinéma Cineciutat de Palma de Majorque le 27 juin 2016

Quelques mots d’Emili Manzoni après la projection :

(En catalan. La traduction suit)

« Ahir vaig tenir l’honor de presentar l’escriptor Boris Pahor (Trieste, 1913) a Palma, amb motiu de l’estrena del documental de Fabienne Issartel projectat com obertura del festival de cinema Atlantida Film Fest de l’amic Jaume Ripolli que podeu trobar a la plataforma de cinema a domicili www.filmin.es(« Retrato de un hombre libre »). Boris Pahor és autor d’una extensa obra en llengua eslovena de la qual només disposam, a les nostres llibreries, de les edicions catalana (Pagès Editors) i castellana (Anagrama) del seu impressionant « Necròpolis », sobre el seu pas pels camps de concentració nazis. Un home que ha sobreviscut als pitjors escorxadors humans del segle XX, i que ahir, a Palma, demostrà que si bé ha estat víctima i testimoni del pitjor que ha donat Europa, també és l’hereu del millor que ha donat el nostre continent al llarg de la seva història: la tradició humanística. Al final de la projecció volgué adreçar-se al públic, i sota l’allau d’aplaudiments que tancàren la seva intervenció encara va aixecar un fil de veu per demanar que els aplaudiments fossin dedicats a tots aquells que vàren morir per la llibertat d’Europa. »

Traduction du catalan en français :

« Hier j’ai eu l’honneur de présenter l’écrivain Boris Pahor (né à Trieste en 1913) à Palma, à l’occasion de la première espagnole du documentaire Fabienne Issartel, « Retrato de un hombre libre », projeté à l’ ouverture du festival Atlantida de mon ami Jaume Ripoll (www.filmin.es). Boris Pahor est l’auteur d’une œuvre vaste slovène, dont nous avons seulement dans nos librairies, les éditions catalanes ( Pagès Editors) et espagnoles (Anagram) de son impressionnante « Necropolis », sur son voyage à travers les camps de concentration nazis. Un homme qui a survécu aux pires abattoirs humains du XXe siècle, et qui hier à Palma a démontré que même si il a été la victime et le témoin de cette Europe, il est aussi l’héritier de la meilleure chose qu’ait façonné notre continent tout au long de son histoire : la tradition humaniste. A la fin de la projection il a rejoint le public sous un tonnerre d’applaudissements, qui ont aussi clôturé son discours, et dans un dernier sursaut de voix, il en a demandé encore, pour rendre hommage cette fois-ci à ceux qui sont morts pour la liberté de l’Europe. »

Et encore à 18’37 un reportage sur Boris sur RTVE
Cliquez :
http://www.rtve.es/alacarta/videos/la-2-noticias/2-noticias-30-06-16/3650394/

Face à Boris Pahor après les interviews interminables au festival de Palma de Majorque en juin 2016, photo Fabienne Issartel

Face à Boris Pahor après les interviews interminables au festival de Palma de Majorque en juin 2016, photo Fabienne Issartel

« Et voilà, nous avons fait notre devoir ! » me dit-il.

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Boris pahor 103 ans à l’ouverture du forum culturel européen 2016 à Bruxelles dit les choses que personne ne veut entendre !

Boris Pahor, discours inaugural du forum culturel européen 2016 à Bruxelles

Boris Pahor, discours inaugural du forum culturel européen 2016 à Bruxelles

Voilà en cliquant sur le lien à la fin de cet article, la possibilité de ré-entendre Boris Pahor lors de son discours inaugural au dernier forum culturel européen 2016, prononcé le 20 avril. Il parle à partir de 28′ 12. Le texte intégral de ce discours est présent ici aussi. Il y exprime son inquiétude concernant l’avenir du monde plus préoccupé par l’argent que par la qualité de vie de l’humanité. Boris Pahor propose ici d’organiser une grande réunion de tous les pays européens, comme on l’a fait récemment pour le climat, pour imaginer la meilleure façon de répondre aux problèmes des migrants.
Boris Pahor à 103 ans est toujours aussi pertinent pour réfléchir à l’actualité brûlante de notre monde bouleversé.

Retranscription du discours de Boris Pahor :

Mesdames et Messieurs,

j’ai deux questions que je trouve très importantes du point de vue de la culture. La première question concerne un camp de concentration dans les Vosges, c’est-à-dire le camp du Struthof-Natzweiler, à neuf cents mètres d’altitude, ce camp où est né mon livre « Pèlerin parmi les ombres » (en français), traduit en vingt-et-une langues sous le nom de « Nécropole ».
Dans ce camp-là, la France a construit un bâtiment qui abrite le « Centre Européen du Résistant Déporté ». Dachau était le premier camp qu’a créé Hitler pour les communistes, les socialistes [et pour les résistants politiques], puis il y a eu Buchenwald, Struthof-Natzweiler, puis Dora-Mittelbau, Mauthausen, Bergen-Belsen. Il existe une quinzaine de ces camps à peu près. Il faut souligner tout de suite que Buchenwald avait environ à quatre-vingt dépendances. Une dépendance de Buchenwald, était Dora-Mittelbau. Les déportés y construisaient les V2. Ce camps se trouvait dans les montagnes dans la forêt et sur soixante mille déportés, vingt-cinq mille sont morts pour construire les V2 sous la direction de Von Braun, de l’ingénieur nazi Von Braun. Il a été emmené aux Etats-Unis en cachette, après la Libération, et on l’a embauché à la NASA. Quand l’homme s’est rendu sur la Lune, il est devenu alors le héros mondial, lui l’ingénieur Von Braun des nazis.
Dora-Mittelbau était donc une dépendance de Buchenwald. Et le camp de Dora lui-même avait trente-neuf dépendances et dans une de ces dépendances, j’étais déporté moi-même. En 1995, on a créé une organisation des étudiants allemands, puis français et italiens qui s’appelle « Jugend für Dora », « La Jeunesse pour Dora » et qui s’intéressent à ça, qui veulent faire connaître le camp de Dora où on faisait ces V2. Et ça c’est une chose fantastique. Ils sont aussi venus à Trieste, chez moi, et ils m’ont dit : « Boris Pahor, vous avez écrit un livre dans lequel vous parlez aussi de Dora : vous y étiez. Vous parlez aussi des autres camps, mais surtout de Dora. Donc cela nous intéresse parce qu’il faudrait faire connaître Dora au peuple européen en général. J’ai expliqué cela publiquement. J’étais à Dora il y a une semaine où l’on m’a invité pendant cinq jours pour la commémoration de la libération. J’y suis allé déjà trois fois auparavant. Je suis un peu un habitué. J’ai parlé aussi du « Centre Européen du Résistant Déporté ».
Ces résistants avaient des triangles rouges.
En Allemange, tous les gens dans les camps allemands avaient des triangles sur la poitrine et la couleur de ces triangles donnait une précisions de ce qu’ils avaient fait de mal pour être déportés. Et le rouge, c’était nous ! Il y avait mille six-cents camps de travail où les soi-disants résistants devaient mourir de faim, de maladie et étaient pendus. A Dora on faisait beaucoup de sabotages et le sabotage était fait en sachant qu’on contrôlerait où a avait été commis le sabotage. Dans ces cas-là, on ne demandait pas dans ce petit centre de montagne qui avait fait le sabotage exactement, mais on pendait tous les gens qui travaillaient dans l’atelier identifié. Quand je suis arrivé de Dachau, je me suis retrouvé justement dans une dépendance de Dora. On en avait pendu dix récemment, puis on en a pendu encore vingt à la fois quelques temps après.
De tout cela pratiquement la population européenne ne sait rien du tout. Comme elle ne sait rien de Dachau, comme elle ne sait rien de Mauthausen. Il y avait beaucoup de Français à Mauthausen parce que tous ces camps-là avaient tous des dépendances. Dans tous ces camps les gens mouraient de faim, de maladie, de pendaison. Et moi je parle ici de cela dans ce lieu dédié à la culture européenne.
Pourquoi chaque fois qu’on parle de la mémoire, il n’y a personne qui parle des camps de déportés, de ceux qui étaient des résistants ? La majorité pourtant étaient des intellectuels, des hommes de culture qui se sont opposés. Les Français, les Belges, les Hollandais et les Norvégiens portaient en plus un N majuscule sur le dos. NN signifiait « Nacht und Nebel ». C’était une loi spéciale nazie destinée aux hommes qui étaient condamnés à mort, par exemple à Paris ou dans une ville de France où ils ne pouvaient pas être tués, ils recevaient sur le dos le NN. Cela signifiait que ce monsieur-là irait après sa mort dans l’autre monde, après avoir passé la fin de sa vie dans le brouillard et dans la nuit. C’étaient des gens qui venaient de toute l’Europe occidentale. Ils étaient punis de cette façon-là parce qu’ils se sont opposés, mais d’une autre façon que les communistes russes et tous les autres.
La culture européenne était opposée aux Nazis.
Je parle de cela pour que l’Europe européenne, pour que les gens de culture qui sont ici ou les gens qui vont peut-être dire quelque chose de ce qui s’y est passé, puissent témoigner de cela à propos des camps, pour que chaque année, quand il y a le jour de la mémoire, on puisse se souvenir des résistants européens, russes, polonais, tchèques, italiens, slovènes, français, belges, espagnols.
Les Espagnols, ce sont des gens qui ont combattu contre Franco. Ils se sont réfugiés en France et pendant l’ère de Pétain, ils ont été punis dans les camps de concentration allemands. Vous voyez la chose. C’étaient des Espagnols, c’étaient des Hollandais, c’étaient des Norvégiens. Moi j’étais interprète pour l’italien, le français et les langues slaves, pour seconder un médecin norvégien en chef, Leif Poulson, un homme très chic qui dirigeait tous les médecins des différents pays dans le camp de Struthof-Natzweiler dont j’ai parlé tout à l’heure. Et je me donne la permission de prier les hommes de culture qui préparent aujourd’hui ces deux journées de la culture européenne de ne pas oublier les gens qui ont combattu pour la liberté. La société d’aujourd’hui qui est égoïste et qui s’en fiche pas mal, va dire que cela c’est du passé, et qu’on doit penser au futur. Ils ne pensent qu’à l’argent. Car la liberté, c’est l’argent aujourd’hui. Ils ne sont pas dignes, les gens de cette société maintenant, de tous ces morts qui ont combattu pour la liberté. La liberté s’est transformée en un sale égoïsme.

Boris Pahor à Bruxelles en juin 2016 pour l'ouverture du forum culturel européen

Boris Pahor à Bruxelles en juin 2016 pour l’ouverture du forum culturel européen

La deuxième question dont je voudrais parler et dont je voudrais qu’on accepte la proposition est la suivante. La société dans laquelle on vit aujourd’hui, cette société égoïste, doit faire avec ce qui s’est passé à Paris, ce qui s’est passé à Bruxelles, ce qui s’est passé auparavant également à New York avec les deux tours. On ne peut pas combattre avec l’armée ou avec des bombes les gens qui nous dirigent. Il faut que la société humaine, la société européenne d’abord, la société culturelle européenne, que tous se mettent d’accord pour une espèce de réunion européenne générale, une espèce de congrès général. Quelque chose de la même ampleur que ce que l’on a fait pour le climat, que ce que l’on a fait pour l’atmosphère.
Pour sauver l’Europe aujourd’hui, il faut se mettre d’accord à travers un dialogue, un dialogue général pour changer la façon de vivre de l’Homme sur cette Terre, une façon de trouver la manière de ne pas tout vouloir résoudre par les guerres pour atteindre la libération, qui nous amènera forcément à une nouvelle autre guerre. Et puis avec toutes ces choses qu’il faut défendre, toute l’Europe vit sous un contrôle. Il faut maintenant que l’Europe qui a inventé des choses magnifiques, l’Europe intellectuelle avec les petits téléphones aves lesquels je peux, moi maintenant, parler avec New York… Cela, c’est un miracle. Les gens qui ont vécu il y a cent ans nous diraient : « mais qu’est-ce que c’est ça ? Comment avez-vous réussi à faire çà ? ». C’est la question du progrès technologique qui suit son cours. Mais tout de même, les hommes qui ont créé cela, s’ils se mettaient à raisonner pour changer la façon de vivre de l’Homme avec l’intelligence, et avec les sentiments… Dans ce monde avec des gens qui ont faim d’un côté et de l’autre des riches, qui cachent de l’argent. C’est une chose anormale de vivre comme cela. Je crois que la première chose c’est au moins de donner à manger à l’Afrique. L’Europe a colonisé l’Afrique. Cela signifie qu’elle a vécu avec ce que l’Afrique lui a donné. Elle devrait avoir une certaine dette.
Le Pape l’a dit quand il est allé en Afrique : il faut essayer de faire en sorte que ces gens-là élargissent leurs possibilités de se prendre en main de pouvoir se mettre debouts. Médecins sans frontières, c’est une très belle chose. Il faut louer cela. Il faut dire « Chapeau ! ». Mais ils sont toujours en train de demander de l’argent eu aussi juste pour donner des médicaments. Cela coûte. Si vous donnez vingt euros, on va acheter juste de l’aspirine ou des choses comme cela. Cela, c’est une honte pour l’Europe, c’est une honte pour l’Homme européen, soi-disant plus intelligent, plus évolué… C’est une honte si, avec sa civilisation technique, il est incapable de faire mieux.
Alors je demande à l’Homme culturel, à l’Homme de culture, dans cette rencontre culturelle qu’on est en train de faire maintenant, d’essayer d’organiser, de proposer une espèce de dialogue général – appelez cela « congrès », appelez cela comme vous voulez – mais que ce soit une rencontre où l’Homme du XXIème siècle se mette à penser ce que le christianisme a toujours dit et Jésus aussi : « il faut aimer ton prochain. Il faut l’aider ». Mais on ne met pas cela en pratique. Le philosophe Nicolas Berdiaev a dit que ce sont les Chrétiens d’abord qui devraient faire une révolution. Les gens ne vivent pas selon ce qui est écrit dans l’Evangile.
Je suis social-démocrate, mais je suis avec le Pape : on n’a pas besoin de guerre pour accéder à la liberté et pour le bien-être de l’Humanité. Il s’agit d’aider son prochain au lieu de donner maintenant des milliards et des milliards pour bloquer l’avancée de tous ceux qui veulent venir en Europe afin de trouver une façon de vivre plus honnête et plus juste. Donnez tous ces milliards à « une organisation générale » dédiée à la vie sur Terre : une vie d’Homme qui soit juste, qui soit dans l’idée de celle qu’on espère pour l’autre monde s’il y en a un. Mais ne détruisons pas ce monde d’emblée, ne le détruisons pas de notre propre chef !

Je vous remercie.

Boris Pahor

Le lien

http://ec.europa.eu/avservices/video/player.cfm?sitelang=fr&ref=I119796

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DERNIÈRE AVANT-PREMIÈRE FRANCAISE DE « BORIS PAHOR PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE » À SRASBOURG LE 20 JUIN À 18 H AU CINÉMA ODYSSÉE

Deux articles à propos de mon documentaire : http://blogs.mediapart.fr/blog/alicia-deys/081014/boris-pahor-un-sommet-d-humanite

« Jeune homme de 101 ans, dont l’énergie,  l’esprit critique, la rébellion contre l’oppression sont restés intacts, Boris Pahor est un poète, un homme phare. « Portrait d’un homme libre«   tisse méticuleusement son parcours incroyable, au cœur d’une Europe ensanglantée et meurtrie, chamboulée de toutes parts,  y compris dans ses frontières  et dans ses valeurs profondes. Pour lui-même, et au nom des siens – la communauté slovène à laquelle il appartient-, Boris Pahor n’a jamais cessé de  déclarer son amour pour la langue,  en premier lieu sa langue maternelle, longtemps interdite-, langue pour laquelle il s’est battu sans relâche, langue  grâce à laquelle il a pu renaître des cendres  et recouvrer son identité d’homme libre. »

http://www.humanite.fr/boris-pahor-portrait-dun-homme-libre-554108

« Des quais de Trieste aux reliefs tourmentés du plateau du Karst, Fabienne Issartel saisit avec une grande générosité la silhouette frêle et décidée du vieil écrivain. Ce « Portrait d’un homme libre » est aussi retour sur un siècle de résistances et de profonde humanité. » Rsa Moussaoui. 

Boris Pahor, infatigable, en route, accompagné de Liza Japelj, pour une nouvelle rencontre à Tours en mai 2015. Une étape de la grande tournée des projections du documentaire

Boris Pahor, infatigable, en route, accompagné de Liza Japelj, pour une nouvelle rencontre à Tours en mai 2015.
Une étape de la grande tournée des projections du documentaire « Boris Pahor, portrait d’un homme libre ». Photo Fabienne Issartel

Cliquez icci pour le flyer de la projection de Strasbourg : FlyerPRINT-BPahor-Strasbourg (Side 01) Résumé du film : FlyerPRINT-BPahor-Strasbourg (Side 02) La dernière étape de notre valeureuse tournée avec Boris Pahor, 102 ans, pour faire connaître le documentaire « Boris Pahor, portrait d’un homme libre »,  aura lieu à Strasbourg le 20 juin au cinéma Odyssée à 18 h. Ce sera la toute dernière avant-première française. Suivront ensuite, comme vous l’espérez tous, de belles diffusions sur les chaînes de télévisions européennes, qui permettront au plus grand nombre de faire connaissance avec mon héros. Nous attendons toutes les propositions qui conviendront à ce film atypique.

Boris Pahor et Fabienne Issartel arrivent à l'aéroport de Lyon Saint Exupéry début mai 2015.A

Boris Pahor et Fabienne Issartel arrivent à l’aéroport de Lyon Saint Exupéry début mai 2015.

A Luc en Diois, à l'occasion de la commémoration du 8 mai 45, Boris Pahor confie au député de la Drôme Hervé Mariton, son attachement à l'oeuvre de l'écrivain Vercors, et notamment à sa fameuse nouvelle

A Luc en Diois, à l’occasion de la commémoration du 8 mai 45, Boris Pahor confie au député de la Drôme Hervé Mariton, son attachement à l’oeuvre de l’écrivain Vercors, et notamment à sa fameuse nouvelle « le silence de la mer ». Le soir même avait lieu dans le village une projection de notre documentaire devant 200 personnes. Autre étape de notre tournée début mai 2015. Photo Fabienne Issartel.

La projection de

La projection de « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » à Luc en Diois dans la salle des fêtes le 8 mai 2015.

Boris Pahor sera présent à Strasbourg pendant trois jours. Le 19 juin à 17 h, une rencontre sera organisée également à la librairie Kléber et Georges Federmann Président du Cercle Menachem Taffel lui remettra à cette occasion le prix Véronique Dutriez. Véronique Dutriez, présidente du MRAP à Strasbourg, n’a pas survécu à l’agression dont elle a été victime avec son époux Georges Federmann, psychiatre. « Le 15 novembre 2005, un ancien patient a fait irruption dans notre cabinet et a tué Véronique. J’ai reçu 4 balles dans le corps. Au-delà de la douleur profonde et cruelle liée à l’absence de ma femme, je poursuis les œuvres que nous avions bâties ensemble pour rester fidèle à sa mémoire. » Déclare Georges Federmann. Un hommage spontané avait eu lieu le mardi 17 novembre 2005 en fin d’après-midi. Environ 250 personnes se sont recueillies à la mémoire de Véronique Dutriez devant le lieu du drame. Le même jour se tenait à Strasbourg un colloque sur la médecine nazie. Georges et Véronique devaient y participer. Georges et ses amis du cercle Menachem Taffel voient enfin leurs efforts couronnés : un geste de mémoire officielle sera enfin inscrit à l’Institut d’anatomie de Strasbourg pour signaler le massacre génocidaire survenu au camp du Struthof tout proche des 86 Juifs victimes de la déraison de la médecine nazie. http://www.revue-quasimodo.org/PDFs/9 – Federmann.pdf

Georges Federmann et Véronique Dutrie

Georges Federmann et Véronique Dutriez

« Il aura fallu la mort de Véronique pour que cette demande soit entendue par les autorités », déclare Georges Federmann. En tant que médecin psychiatre il se sent aujourd’hui alerté par une médecine à deux vitesses encore tentée par une ségrégation quasi raciale à l’égard des sans-papiers et démunis. Le prix Véronique Dutriez pour les droits des « sans-papiers » remis chaque année veut mettre en lumière une personnalité humaniste dont la vie a été guidée par le devoir de mémoire et de justice au service des humiliés et des démunis. Boris Pahor a mené toute son existence dans cette perspective. Il recevra ce prix 2015 à la librairie Kléber le 19 à 17 h. Venez nombreux pour le féliciter ! ATTENTION : SIGNATURES-DEDICACES DES OUVRAGES DE BORIS PAHOR à 16 h AVANT LA REMISE DU PRIX : Boris Pahor sera à la librairie Kleber pour signer ses ouvrages et vous rencontrer avant la remise du prix entre 16 h et 17 h.

Boris Pahor et Fabienne Issartel avec sa caméra lors du tournage au camp du Struthof dans les Vosges en 2009. Photo Sylvie Goubin.

Boris Pahor et Fabienne Issartel avec sa caméra lors du tournage au camp du Struthof dans les Vosges en 2009. Photo Sylvie Goubin.

Ciquer pour voir le PDF de l’événement à Strasbourg : affiche Pahor-bd L’annonce de la venue de Boris Pahor sur le site du camp du Struthof : http://www.struthof.fr/fr/actualites/fiche/boris-pahor-a-strasbourg/

L’annonce de Médiapart :

http://blogs.mediapart.fr/blog/alicia-deys/170615/boris-pahor-strasbourg

Je raccompagne Boris Pahor à son hôtel non loin de la rue de la Gaieté en juin 2014. Photo Liza Japelj.

Je raccompagne Boris Pahor à son hôtel non loin de la rue de la Gaieté en juin 2014. Photo Liza Japelj.

Le dernier article paru dans les dernières nouvelles d’Alsace (en entier pour les abonnées seulement) : http://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/2015/06/12/boris-pahor-temoin-de-l-indicible

Grande salle, Cinéma l'Odyssée, Strasbourg.

Grande salle, Cinéma l’Odyssée, Strasbourg.

L'article dans le quotidien DNA annonçant la venue de Boris Pahor à Strasbourg du 19 au 21 juin.

L’article dans le quotidien DNA annonçant la venue de Boris Pahor à Strasbourg du 19 au 21 juin.

Le contenu de l’article dans les dernières nouvelles d’Alsace du 13 juin : STRASBOURG Il reçoit le prix Véronique Dutriez du cercle Menachem Taffen Boris Pahor, témoin de l’indicible Il a été ce « pèlerin parmi les ombres », témoin de l’horreur des camps nazis auxquels il survécut : l’écrivain slovène, Boris Pahor, 101 ans, est l’invité de la Ville de Strasbourg. Si, comme de nombreux historiens l’affirment, le XXe  siècle commence avec le déclenchement de la Grande Guerre, c’est alors bien un témoin du XIXe  siècle qui sera reçu par la Ville de Strasbourg, vendredi prochain. La chose nous semble inouïe aujourd’hui, mais Boris Pahor est né sujet de l’empire d’Autriche-Hongrie, en août 1913, lorsque les Habsbourg régnaient sur sa ville natale de Trieste, en Slovénie. C’était un an avant que l’Europe ne s’embrase, mais à l’horreur des tranchées allait succéder un autre rendez-vous vertigineux avec la mort. Et de celui-là, de l’exercice méthodique du crime et de la cruauté, de cette manifestation du plus total déni de la dignité humaine, Pahor sera le témoin au plus près. Entré dans la résistance yougoslave, il est arrêté et déporté. Une trajectoire suivra dans l’indicible, dans l’impensable, dont les stations auront pour noms Natzweiler-Struthof, Dachau, Mittelbau-Dora et Bergen-Belsen. De cette voix qui fait douloureusement écho à celle d’un Primo Levi, de ces mots qui entrent en résonance avec les peintures hallucinées d’un Zoran Music, le lecteur français avait pu découvrir, en 1990, à la faveur d’une traduction du slovène, signée Andrée Lück Gaye, toute la force dramatique – froide, clinique, et pourtant émouvante. En longs paragraphes, couvrant parfois plusieurs pages, Boris Pahor se faisait, au Struthof, P èlerin parmi les ombres (éditions La Table Ronde). Deux temporalités s’y articulaient l’une à l’autre : celle de la déportation, d’une traversée de l’enfer nazi dont la relation participe du défi de « l’incommunicable » ; et celle d’un Pahor retournant bien des années plus tard, dans ces hauteurs vosgiennes apaisées, réactivant sur place une mémoire meurtrie, imperméable aux attentes des visiteurs contemporains du site. De ce rapport quasi-hermétique du passé au présent, que double pourtant cette nécessité morale de témoigner, Pèlerin parmi les ombres est totalement imprégné. Peut-on encore parler aux morts ? « En cet instant, j’aimerais dire quelque chose à mes anciens camarades mais j’ai l’impression que tout ce que je leur dirai en pensée sera faux, écrit-il. Je suis vivant, voilà pourquoi mes sentiments les plus sincères sont quelque part impudiques. » Familier de la capitale alsacienne, dont il avait reçu en 2012 la médaille d’honneur de la Ville, Boris Pahor en est une nouvelle fois l’invité ainsi que du cercle Menachem Taffel qui lui remettra son 9e prix Véronique Dutriez. Il sera également accueilli par la librairie Kléber . Il y évoquera, en dialogue avec Georges Federman, sa trajectoire d’homme libre. Celle d’une conscience happée par la terrible mécanique de l’Histoire, d’un adolescent qui assiste, médusé, en 1920, à l’incendie de la Maison de la Culture slovène par les fascistes italiens. De quoi ancrer au plus profond de son âme cette volonté de s’exprimer à jamais, comme homme et comme auteur, dans cette langue slovène qu’on tenta de lui interdire. Ce refus de toute forme d’autoritarisme l’avait également conduit, en 2004, à participer, à Strasbourg, à un appel « contre l’extrémisme », lancé alors par la municipalité, en réaction à la tenue d’un meeting du Front National. Il y disait son espoir en l’homme. Mais sans angélisme, racontant comment, au sortir des camps, il eut l’impression de retrouver « le paradis terrestre ». Pour découvrir l’horreur de la bombe atomique. SERGE HARTMANN Rencontre avec Boris Pahor, vendredi 19 juin, à 17 h, à la librairie Kléber. © Dna, Samedi le 13 Juin 2015 – Tous droits de reproduction réservés

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STANDING OVATION PENDANT DE LONGUES MINUTES POUR BORIS PAHOR après la projection de mon documentaire « Boris Pahor, portrait d’un homme libre », 98’, AU FESTIVAL ETONNANTS VOYAGEURS DE SAINT-MALO LE DIMANCHE 24 mai À 14H À LA GRANDE PASSERELLE

Affiche Boris Pahor sans

Saint-Malo veille sur ses Etonnants Ecrivains Voyageurs de mai 2015. En sortant du restaurant avec Boris Pahor.

Saint-Malo veille sur ses Etonnants Ecrivains Voyageurs de mai 2015.
En sortant du restaurant avec Boris Pahor.

Un étonnant voyageur arrive ce samedi 23 mai 2015 par le train du livre. C'est Boris Pahor, le doyen du festival.

Un étonnant voyageur arrive ce samedi 23 mai 2015 par le train du livre. C’est Boris Pahor, le doyen du festival.

Salle comble pour cette projection à la Grande passerelle, un lieu qui vient d’être inauguré à St Malo d’une remarquable qualité technique. Une cinquantaine de personnes ont dû néanmoins rebrousser chemin par manque de place. La plus grande salle avait été donnée à Michel Serres en face à la même heure. A la fin de la projection, quand nous entrons dans la salle, Boris Pahor et moi, le public se lève et applaudit à tout rompre pendant de longues minutes.Je regarde les gens un par un et je vois qu’ils ont des larmes dans les yeux. Puis je dis quelques mots avant de laisser la parole à Boris Pahor. Chaque fois le miracle se reproduit. Les gens n’en reviennent pas de voir entrer en chair et en os le héros de mon film dont la facture s’apparente quelque peu à de la fiction. Boris Pahor, 102 ans leur parle en flots continus de l’esprit de résistance qui a régi toute sa vie. Je lui tiens le micro. Yann Nicol, médiateur du débat ne peut pas « en placer une » non plus. Tous ces moments sont à vivre au présent comme s’ils étaient les derniers. Alors nous écoutons Boris bien sagement comme des enfants.

Une petite photo envoyée par Michel et Michèle venus de la Ville Jaunet à côté de Saint-Brieuc. Après la projection du film, la rencontre avec Boris Pahor, Fabienne Issartel et Yann Nicol

Une petite photo envoyée par Michel et Michèle venus de la Ville Jaunet à côté de Saint-Brieuc. Après la projection du film, la rencontre avec Boris Pahor, Fabienne Issartel et Yann Nicol

« La grande passerelle » à St Malo, lieu de notre projection « Etonnants Voyageurs »

Boris Pahor au 25 ème festival Etonnants Voyageurs. Mai 2015.

Boris Pahor au 25 ème festival Etonnants Voyageurs. Mai 2015.

Pour lire le carnet de bord du festival par l’express : http://www.lexpress.fr/culture/livre/25-ans-d-etonnants-voyageurs-a-saint-malo_1683257.html Extrait du journal de bord : « 9h30: ça gronde au wagon-restaurant. La file d’attente s’allonge, le préposé aligne les cafés sans discontinuer, à croire qu’il n’y a que des Balzac dans le train. En attendant les effets du divin breuvage, l’heure est plutôt au recueillement – pensées profondes les yeux fermés, lectures assoupies, etc. Seul, ou presque, un petit homme semble avoir tous ses esprits et n’hésite pas à donner de la voix. Petit homme, mais grand écrivain, le doyen du TGV, Boris Pahor, affiche 101 ans et demi et une santé de fer. L’auteur slovène du Pèlerin parmi les ombres, récit de sa déportation dans un camp nazi en France, fera l’admiration de tous, trois jours durant. »

Boris Pahor et le grand écrivain d'Afrique du sud Breyten Bretenbach après leur rencontre du lundi 25 mai

Boris Pahor et le grand écrivain d’Afrique du sud Breyten Bretenbach après leur rencontre du lundi 25 mai

« cela commence dès le train qui emmène les participants, le samedi, premier jour du festival. Le Slovène Drago Jancar écrit comment, en 2003, un jour de grève, il a attendu sur le quai en compagnie du Triestin Boris Pahor, et s’est demandé si celui-ci se souvenait de la gare parisienne où il était arrivé, au printemps 1945, en provenance du camp où il avait été déporté. » Extrait de l’article de Libération  : http://www.liberation.fr/livres/2015/05/22/etonnants-voyageurs-l-odyssee-du-livre_1314789

Dans le livre

Dans le livre « 25 ans d’Etonnants Voyageurs », le texte de l’écrivain slovène Drago Jancar, qui raconte un voyage en train vers St Malo qu’il a fait avec Boris Pahor.

Dans notre train du livre de retour vers Paris, l’atmosphère était plutôt joyeuse. Les deux écrivains triestins devisaient avec entrain dans leur dialecte. Je faisais aussi l’extraordinaire rencontre de l’écrivain haïtien Frankétienne. Et Breyten Bretenbach était là lui aussi, par hasard… Moment de grâce…

Boris Pahor et son ami l'écrivain triestin Paolo Rumiz dans le train du livre au retour du festival lundi 25 mai 2015

Boris Pahor et son ami l’écrivain triestin Paolo Rumiz dans le train du livre au retour du festival lundi 25 mai 2015

Dans le train de retour du 25ème festival des Etonnants Voyageurs. En face de Boris Pahor (et moi) l'écrivain haïtien Frankétienne, Paolo Rumiz et aussi Breyten Bretenbach.

Dans le train de retour du 25ème festival des Etonnants Voyageurs. En face de Boris Pahor (et moi) l’écrivain haïtien Frankétienne, Paolo Rumiz et aussi Breyten Bretenbach.

Et le lendemain après une courte nuit près de la gare Montparnasse, nous repartons vers Tours où une nouvelle rencontre a été organisée par une association franco slovène et le comité de jumelage de Montbazon. Nouvelles conférences de Boris Pahor infatigable et projection du film…

A l’heure où se déroulait la panthéonisation officielle à Paris, Boris Pahor remettait un premier prix du concours de la résistance à une belle jeune fille à la préfecture de Tours. Un symbole fort qui montre que l’esprit de résistance de Boris Pahor perdure, tourné vers l’avenir. « N’oubliez jamais que le Mal peut revenir. Lisez des livres que vous choisissez vous-mêmes pour vous faire une idée personnelle de l’histoire et écrire votre avenir ».

L’esprit de résistance est avant tout évidemment une décision individuelle. La culture a un grand rôle à jouer dans cette liberté d’engagement citoyen. Dans ce domaine, Boris Pahor nous montre encore aujourd’hui cette voie.

Boris Pahor remet un premier prix du concours de la résistance à la préfecture de Tours le mercredi 27 mai 2015.

Boris Pahor remet un premier prix du concours de la résistance à la préfecture de Tours le mercredi 27 mai 2015.

Puis nous reprenons le train, encore et encore. Boris est un peu fatigué mais heureux.

Boris Pahor et Liza Japelj dans le train de retour Tours Paris le mercredi 27 mai 2015. Une leçon de vie en direct devant mes yeux !

Boris Pahor et Liza Japelj dans le train de retour Tours Paris le mercredi 27 mai 2015. Une leçon de vie en direct devant mes yeux !

LE DOCUMENTAIRE

« Le documentaire « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » donne la parole au grand écrivain slovène de Trieste, Boris Pahor, 101 ans, rescapé des camps.

Boris pahor au camp du Struthof en 2009 lors de mon tournage. Photo Sylvie GoubinI

Boris pahor au camp du Struthof en 2009 lors de mon tournage. Photo Sylvie GoubinI

Cet européen humaniste qui a traversé le siècle nous livre sa vision d’un monde où, pour gagner sa liberté, il a dû sans arrêt lutter contre les totalitarismes qui ont croisé sa vie. Tout commence à Trieste en 1920 quand il voit enfant les « Chemises Noires » de Mussolini mettre le feu à la Maison de la Culture Slovène tout près de chez lui. Puis on lui interdit de parler sa langue slovène. Le petit Boris doit devenir italien de force. Ce traumatisme sera le moteur de sa vie. Toute fumée ensuite, et jusqu’aux rougeoiements le soir dans le ciel de Trieste, lui rappelleront sans cesse que l’incendie lui a volé son âme. C’est avec la culture justement et sa machine à écrire qu’il participe auprès des siens – les slovène – à la résistance contre le fascisme, le nazisme, puis plus tard, le communisme de Tito. Il sera conduit pour cela, après 43, dans les camps nazis. Interné notamment en France au camp du Struthof, il ne devra sa survie qu’à sa capacité à parler de nombreuses langues étrangères et notamment l’allemand. Son récit des camps, « Pèlerin parmi les ombres », publié d’abord en France en 90, est souvent comparé à celui de Primo Levi « Si c’est un homme ». De retour à Trieste, après la guerre, il dirige une revue littéraire engagée – « Zaliv » (« Le Golf ») – qui est acheminé clandestinement vers la Yougoslavie, redonnant du souffle à ceux auxquels on a muselé la parole derrière le rideau de fer. Il paye cher sa liberté. Toujours boycotté d’un côté en tant que slovène par les intellectuels de la communauté italienne de Trieste, il est aussi interdit de séjour de l’autre, par la Slovénie de Tito. Il passe ainsi une grande partie de son existence dans l’anonymat. Professeur de littérature italienne pour gagner sa vie, il poursuit inlassablement son travail d’écrivain dans la cave de sa maison qu’il appelle son « bunker » ou au sein de la nature sauvage du plateau du karst. « Reconquérir dans ma langue mon pays, c’est la première liberté que je me suis donnée ! », dit Boris Pahor. En 2008, après voir lu avec infiniment de plaisir ses ouvrages traduits en français, je décide d’aller lui rendre visite chez lui à Trieste. L’homme m’intrigue ! Le rendez-vous est fixé. Je prends le train… Ce jour-là, quand j’arrive, il me tend joyeusement « La Républica », et « Le Picolo », deux importants quotidiens italiens qui consacrent des pleines pages à l’histoire de Boris Pahor. Je comprends rapidement que cet événement qui coïncide bizarrement avec notre rencontre est exceptionnel. Car Boris Pahor a vécu jusqu’à ce jour sans connaître la célébrité à laquelle il pouvait légitimement prétendre. Avec la réédition de son livre sur les camps – « Necropoli », préfacé par le célèbre écrivain Claudio Magris, l’Italie découvre tout à coup l’existence de ce nouvel héros de 95 ans. Boris Pahor devient alors en quelques mois la coqueluche de tout le pays qui s’émeut de son destin. L’engouement médiatique autour de lui ne cessera plus ensuite. Pas un jour sans que Boris Pahor ne se produise ici ou là, pour raconter inlassablement son histoire, celle de son peuple slovène, et exposer ses points de vues tranchés. Reçu en « prime-time » sur les chaînes de télévision, recevant des récompenses de toutes sortes, il sera même pressenti plusieurs fois pour le Nobel. Moi aussi j’ai été fascinée par l’énergie de Boris Pahor, par ce petit homme porté par la force de ses engagements et qui semblait faire fi du poids des âges. Le filmer serait la bonne façon de rendre compte de sa dimension évidente de personnage. Il fallait faire ce film. C’était une évidence. Son courage, et aussi le mien en donnerait sans doute à d’autres ! Alors, Boris Pahor m’a raconté son histoire, par bribes, dans un excellent français, et le récit de sa vie s’est naturellement superposé au journal de nos rencontres entre 2008 et 2013, de la France à l’Italie, et de la Slovénie à la Belgique. Que ce soit avec Stéphane Hessel à Paris, au camp du Struthof dans les Vosges, chez lui à Trieste, ou encore à Bruxelles, pour une remise d’une médaille du Citoyen Européen, Boris Pahor ne vrille pas dans sa tétermination, toujours préoccupé de vérité et de justice. Il s’applique à transmettre son message de mémoire, mais aussi d’amour pour l’humanité. Car il aime à dire que l’amour l’a sauvé de tout. Son amour pour les femmes, pour « la femme », transparaît partout dans son oeuvre dans des pages très sensuelles. Son amour pour la vie se lit en direct, dans ses yeux irradiant d’une lumière étrange, quand il aborde à la fin du film, dans la brume au sommet du Nanos, l’idée de sa propre disparition. « Vivre en homme libre rendrait-il immortel ? » La réalisatrice Fabienne Issartel

Fabienne Issartel. Autoportrait à l'hôtel Océania de St Malo, après une belle soirée au festival Etonnants Boyageurs 2015

Fabienne Issartel. Autoportrait à l’hôtel Océania de St Malo, après une belle soirée au festival Etonnants Boyageurs 2015

UN PORTRAIT EN FORME DE PAYSAGE !

la jetée de Trieste

la jetée de Trieste

« L’expérience des camps pour Boris Pahor, forcément fondamentale, occupe dans le temps une seule année de sa longue vie, mais un an où il aura su rester vivant. Sans doute avait-il en lui cette propension rare, hors-norme à l’espérance. Le film raconte justement comment cette résistance intérieure lui a non seulement permis de survivre dans l’environnement hostile des camps, mais aussi de savoir conquérir sans cesse, avec courage et opiniâtreté, de nouveaux champs de connaissance et de liberté. Car la culture, l’instruction, et la littérature ont été ses chemins d’émancipation. C’est notamment grâce à sa bonne pratique de plusieurs langues étrangères qu’il devra sa survie dans les camps. L’esprit de Camus, de Dostoïevski, de Baudelaire ou encore du poète slovène Srecko Kosovel ont guidé sa vie. « J’écris pour tous les humiliés », déclare-t-il, faisant sienne la déclaration en 1954 de Camus dans « l’Eté » : « Oui, il y a la beauté et il y a les humiliés. Quelles que soient les difficultés de l’entreprise, je voudrais n’être jamais infidèle ni à l’une ni aux autres. »

Sur ma table de chevet d'Etonnants Voyageurs, quelques livres fétiches que j'emmène avec moi : Heiner Müller, le discours de Suède de Camus et aussi le recueil chez Seguers du poête visionnaire slovène Kosovel que Boris Pahor adore.

Sur ma table de chevet d’Etonnants Voyageurs, quelques livres fétiches que j’emmène avec moi : Heiner Müller, le discours de Suède de Camus et aussi le recueil chez Seguers du poête visionnaire slovène Kosovel que Boris Pahor adore.

Mes tournages – qui n’étaient à priori au début qu’un premier travail de repérage – ont démarré en 2008 dès notre première rencontre, chez lui, dans les hauteurs de Trieste. Six ans plus tard, je réalisais que j’avais chez moi quelques 120 h de rushs : précieuses archives tournées dans plusieurs pays. N’ayant trouvé aucun diffuseur français voulant s’impliquer financièrement dans de ce film, je continuais néanmoins à le retrouver dès qu’une opportunité se présentait, caméra à la main. Il y a un an et demi, je décidais qu’il était temps de donner à ce film sa forme avec les éléments tournés. J’avais hâte tout à coup de pouvoir montrer des images à mon héros. Je procédais alors au montage, d’abord seule, puis avec l’aide de Slobodan Obrenic et de Thomas Bertay de Sycomore Films. Peu à peu le portrait se dessinait sous mes yeux, trouvait naturellement sa vie et les rythmes dont j’avais imaginé les grandes lignes. Pour ce « portrait » qui implique à 100 % son portraitiste, – moi -, je décidais d’abord d’éliminer du film tout intervenant extérieur qui parlerait de Boris Pahor à sa place. L’omniprésence de notre personnage de 101 ans serait la ligne de force du documentaire. J’en étais convaincue ! Il faudrait comprendre comment un homme peut tisser la trame de son propre destin dans le temps donné de sa vie, avec les éléments incontournables et réels de toute existence : l’histoire d’une enfance, d’un peuple et d’un pays. Pour Boris, cette réalité nauséabonde avait surgi bien tôt dans son existence de petit garçon… Quelle avait pu être l’incidence de l’exercice de la littérature dans sa façon d’appréhender le monde ? Autrement dit, quelle part de fiction l’artiste écrivain Boris Pahor a-t-il pu ou su insuffler dans sa propre vie ? Je voulais réaliser là, autour de Boris Pahor, un film universel. Un film où l’on verrait vivre et parler un personnage archétypal, auquel chacun pourrait s’identifier comme dans une fiction. Un film avec un héros. Et Boris Pahor en avait de toute évidence l’étoffe ! J’imaginais que le film devait s’articuler autour d’une succession de plusieurs plans, qui feraient échos à ceux du paysage de Trieste. Au premier plan, donc il y aurait d’abord le corps de Boris. Car c’est son corps qui s’impose d’abord à mon regard. Celui d’aujourd’hui. Celui d’hier. « L’image n’a pas de passé », dit Bachelard. Je suis fascinée par son corps de vieillard qui est aussi un corps d’enfant. Jeune, il était déjà dans cette ambivalence. On peut le constater sur les photos. Filmer le corps de Boris Pahor serait donc une de mes priorités. La façon dont il tient ses mains par exemple est éloquente, car ses mains doublent sa pensée, et parfois, la précèdent. Souvent, elles sont posées devant lui ostensiblement, les doigts longs et reptiliens en attente. Soudain de mystérieux tempos les mettent en mouvement et la parole advient… Quand on le regarde en train d’écrire, la détermination avec laquelle il imprime son énergie sur les touches manuelles de sa machine à écrire est également significative. De toute évidence, son corps a la parole ! Une parole qui lui a été arrachée enfant, quand le slovène, sa langue maternelle lui fut interdite dans les rues et les écoles de l’Italie fasciste. Son corps a dû développer alors naturellement cette expressivité presque animale, garante de sa survie. Aujourd’hui encore, je vois que sa présence physique impressionne toujours ses interlocuteurs. Son rapport à l’idée de l’amour qui se révèle dans une expression littéraire éminemment sensuelle, relève sans doute de ce statut que Boris Pahor a su donner à son propre corps notamment dans les camps : une forme de respect total pour le corps humain érigé en absolu ! Au deuxième plan, on trouve les paysages de la région où il est né : celui de Trieste et de son arrière-pays. C’est un autre corps vivant dans lequel il est enchâssé, suscitant à la fois attirance et malaise au gré des évènements plus ou moins tragiques dont il est le théâtre. Pour aller de la mer Adriatique du golfe de Trieste jusqu’aux plus hauts sommets des Alpes Juliennes, il faut entre les deux, traverser ce plateau du karst, creusé de grottes souterraines qui s’insinuent au centre de la terre. La réalité physique, topographique une fois de plus, de ce paysage tridimensionnel, décrit les lignes de forces cosmiques du paysage mental, intérieur, de Boris Pahor, omniprésent dans son œuvre. Il fallait donc filmer avec soin ces trois lieux emblématiques, ces trois niveaux de conscience du paysage que sont la mer Adriatique, le plateau du Karst et les montagnes des Alpes Juliennes. « Quand je suis à la montagne », dit notre héros, « j’ai envie de retourner au bord de la mer. Et dès que je suis devant la mer, j’ai envie de rechausser mes chaussures de montagne ». Boris Pahor est un marcheur. Il a beaucoup pratiqué la randonnée en haute montagne, notamment autour du mont Triglav, dont les trois dents acérées du sommet orne le drapeau slovène. Au troisième plan du film, on trouve le corps des livres de Boris avec des mots et des phrases qu’il a fallu extirper des textes pour leur donner dans le film une vie autonome, portés par le timbre chaud et velouté de la voix du comédien Marcel Bozonnet. Enfin ma propre voix circonscrit en off tout le film. Il s’agit de dire que je suis là, que c’est bien moi qui scrute le paysage intérieur de Boris, et que ce documentaire est aussi l’histoire de ma rencontre avec lui. Je voulais depuis le début l’emmener sur ses montagnes… Finalement, ce ne fut pas au Triglav mais sur le mont Nanos, non loin de Trieste, où nous nous sommes rendus pour ses 99 ans. Le mont Nanos qui l’avait vu embrasser sa femme la première fois et où son beau-frère, grand résistant, avait mené de farouches combats contre les fascistes… Ce lieu avait du sens ! Nous nous sommes donc mis en route vers ce sommet étrangement recouvert en ce jour d’août d’une brume épaisse. Ce sale temps n’encourageait pas à la promenade. Aussi, comme par miracle, nous étions les seules âmes de ces contrées et la grâce de ce moment fut alors à la hauteur des efforts incessants que j’avais déployés pour vaincre les réticences de mon héros. Un bonheur intense nous envahit dès que nous nous trouvâmes sur cette lande déserte au-dessus du monde, et je pleurais de joie courant après lui avec ma caméra, toute interloquée d’être si bien parvenue à mes fins. Au loin, sur la toute dernière ligne d’horizon, je croyais voir de petits bateaux avec leurs voiles blanches gonflées par le vent, traçant leurs sillons sur la mer bleue de la baie de Trieste. » Fabienne Issartel, réalisatrice, mai 2015

L'écrivain Boris Pahor et la réalisatrice Fabienne Issartel : face à face  en descendant du mont Nanos en Slovénie...

L’écrivain Boris Pahor et la réalisatrice Fabienne Issartel : face à face en descendant du mont Nanos en Slovénie…

Retrouvez aussi Boris Pahor très bientôt à Strasbourg pour une signature à la Librairie Kléber le 19 juin, et une projection de mon documentaire « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » au cinéma Odyssée le 20 juin à 18 h. Boris Pahor sera là pour dialoguer avec vous ! Laissez vos commentaires sur mon site. Fabienne Issartel : https://fabienneissartel.wordpress.com L’article sur mon documentaire dans Médiapart : http://blogs.mediapart.fr/blog/alicia-deys/081014/boris-pahor-un-sommet-d-humanite QUI EST Fabienne Issartel ?

Fabienne Issartel Film Kodak Portra 400  Rolleiflex 2,8 GX 14 juin 2014

Fabienne Issartel
Film Kodak Portra 400
Rolleiflex 2,8 GX
14 juin 2014

Fabienne Issartel développe d’abord, dans les années 90, un travail très personnel autoproduit autour de lʼidée de « Films Promenade ». Le dispositif qu’elle met en place, entre réalité et fiction, permet, dans chaque film, de circonscrire poétiquement un lieu de Paris. C’est ainsi que naîtront « Là-haut sur la montagne » (rue de Ménilmontant), « Etat de Siège » (sur les Bateaux-bus de la Seine) ou « Printemps » (le long du canal Saint-Martin). Dans les documentaires de Fabienne Issartel, il y a toujours cette volonté de révéler la dimension de « personnages » des gens filmés. Cette approche cinématographique, proche de la fiction, la conduira ensuite à la réalisation de documentaires où les héros sont souvent des artistes dont elle veut percer le secret. Musiciens, sculpteurs, cinéastes, écrivains viennent ainsi faire un bout de chemin devant sa caméra. Fabienne Issartel les regarde avec la curiosité du promeneur qui se laisse entraîner dans une aventure. Car d’un film à l’autre, c’est la propre quête de la réalisatrice qui est sous-jacente, entre certitude et doute. « Ou allons-nous ? » se demande-t-elle. Ce à quoi elle répond : «vers ce quelque part qui n’est peut-être nulle part ! » Elle tourne ces jours-ci « chacun cherche son train », une réflexion sur le temps et l’accélération du monde mettant en scène des rencontres dans les trains, et montre le portrait qu’elle a réalisé du grand écrivain slovène de Trieste, Boris Pahor.

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LA MEMOIRE DES ATROCITÉS NAZIS DOIT PERDURER AU-DELÀ DU 27 JANVIER ! LISEZ « Pelerin parmi les ombres », le récit de la captivité de Boris Pahor, écrivain de Trieste, au camp nazi du Struthof en France ! SOUTENEZ MON FILM « BORIS PAHOR, PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE » QUI RELAIE LE TEMOIGNAGE DE CET HOMME HORS DU COMMUN !

Boris Pahor en 2009 lors de mon tournage au camp du Strthof. photo Sylvie GoubinI

Boris Pahor en 2009 lors de mon tournage au camp du Strthof. photo Sylvie GoubinI

« Boris Pahor, portrait d’un homme libre » : un film qu’il fallait tourner !

Depuis 2008, j’ai tournée seule le documentaire « Boris Pahor, portrait d’un homme libre », l’histoire d’un homme qui a aujourd’hui 101 ans et qui s’est battu toute sa vie contre l’oppression et les dictatures de notre monde. Malgré les vives émotions suscitées par les avant-premières que j’ai organisées l’année dernière en présence de mon héros, aucune chaîne de télévision n’a encore eu la curiosité et la volonté politique de vouloir diffuser mon film afin que le message de Boris Pahor touche enfin le plus grand nombre. C’est étrange à notre époque où l’on parle sans arrêt de devoir de mémoire…
J’ai voulu réaliser ce film pour relayer la parole et les combats de Boris Pahor, qui ont été aussi ceux de nombreux autres européens. « Ne rien oublier » doit encore et toujours être nôtre objectif de simples citoyens. Mais nous avons besoin de vos « hauts parleurs », et pas seulement pendant la seule journée du 27 janvier.
Qu’attendez-vous donc pour parler de notre camp nazi français dans les médias : Que les derniers témoins comme Boris Pahor qui y a séjourné aient disparus ?
Je voudrais que Boris Pahor soit encore vivant quand une grande chaîne de télévision française diffusera ce film qui est aussi le sien. J’aimerai vivement qu’il puisse s’exprimer en vrai après la diffusion. Ils ne sont plus très nombreux parmi nous les rescapés encore en énergie de témoigner. Ils sont notre or. Non ?
Alors ?

MONSIEUR LE PRESIDENT…

Alors, j’adresse une requête ici au Président de la République, au Ministère de la Culture, aux responsables du Mémorial de la shoah et du Musée de l’Immigration, ainsi qu’à tous les décideurs des chaînes de télévisions françaises, pour que ce film soit enfin diffusé ! Pour que Boris Pahor qui a reçu plusieurs distinctions de la part de l’Etat français, puisse regarder avec douceur ce pays qu’il aime si fort. Je sais que Boris attend ce moment avec impatience. Nous ne devons pas le décevoir, mais le conforter dans l’idée que son combat incessant contre la barbarie et pour l’amour entre les hommes ne sera pas vain. Il en va de notre humanité !

Boris pahor au camp du Struthof en 2009 lors de mon tournage. Photo Sylvie GoubinI

Boris pahor au camp du Struthof en 2009 lors de mon tournage. Photo Sylvie GoubinI

Boris pahor au camp du Struthof en 2009 lors de mon tournage. Photo Sylvie GoubinI

Boris pahor au camp du Struthof en 2009 lors de mon tournage. Photo Sylvie GoubinI

Il y avait un camp de concentration nazi en France : celui de Struthof Natzweiler. Il est devenu « le Centre européen du résistant déporté ». Inauguré le 3 novembre 2005 par le Président de la République française, Jacques Chirac, il rend hommage à tous ceux qui, partout en Europe, ont lutté contre l’oppression. Il est le vecteur de l’histoire et de la mémoire de la déportation et des Résistances européennes.

http://www.struthof.fr/fr/accueil/

Sur France Inrer on parle de ce camp du Struthof :

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1038527

Quelques articles à propos du film :

http://blogs.mediapart.fr/blog/alicia-deys/081014/boris-pahor-un-sommet-d-humanite
http://www.humanite.fr/boris-pahor-portrait-dun-homme-libre-554108
http://www.pogledi.si/ljudje/boris-pahor-ambasador-strpnosti-dolgozivosti

Un portrait sur France Inter en juin 2014 :

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=922882

Arrêté à Trieste, voilà la carte des camps dans lesquels Boris Pahor a été interné.

Arrêté à Trieste, voilà la carte des camps dans lesquels Boris Pahor a été interné.

Boris Pahor revient de Bergen Belsen avec deux de ses camarades des camps à travers la Hollande, la Belgique, jusqu’à Lille. Il raconte ce moment incroyable dans une nouvelle qui s’appelle « le berceau du monde » et que vous pouvez acheter via ce lien.

http://www.blockbookster.com/StoryLab/Boris-Pahor/Le-berceau-du-monde/Interview

Boris Pahor se fait tirer le portrait avec sa veste de déporté à Lille avant de la quitter définitivement.

Boris Pahor décide de se faire photographier avec sa veste de déporté à Lille avant de la quitter définitivement !

IL FAUT LIRE D’URGENCE SON « PELERIN PARMI LES OMBRES » ré-édité en poche.
Stéphane Hessel et Boris Pahor se sont croisés dans le camp de Dora où ils ont été internés tous les deux. Ils ne se sont pas vus à ce moment-là, mais ont souhaité le faire pendant le temps de mon tournage.
J’ai voulu filmer évidemment une de leur rencontre très émouvante à Paris à la Maison de l’Amérique latine… Un extrait de ce moment apparaît dans le montage de mon film de 98 minutes.

Stéphane Hessel brandit le "Pelerin parmi les ombres" de Boris Pahor dans son édition originale de 1990 de La Table Ronde

Stéphane Hessel brandit le « Pelerin parmi les ombres » de Boris Pahor dans son édition originale de 1990 à « La Table Ronde »

 La carte de déporté, délivrée par la France, à Boris Pahor qui sera soigné pendant deux ans en France au sanatorium de Villiers sur Marne.

La carte de déporté, délivrée par la France, à Boris Pahor qui sera soigné pendant deux ans en France au sanatorium de Villiers sur Marne.

LA MEMOIRE DES ATROCITÉS NAZIS DOIT PERDURER AU-DELÀ DU 27 JANVIER.LISEZ « Pelerin parmi les ombres », le récit de la captivité de Boris Pahor, écrivain de Trieste, au camp nazi du Struthof en France ! SOUTENEZ MON FILM « BORIS PAHOR, PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE » QUI RELAIE LE TEMOIGNAGE DE CET HOMME HORS DU COMMUN !

Boris Pahor revient dans le camp du Struthof lors de mon tournage en février 2009. Photo Sylvie Goubin.I

Boris Pahor revient dans le camp du Struthof lors de mon tournage en février 2009. Photo Sylvie Goubin.I

Lisez aussi tous les articles précédemment publiés concernant mon travail sur ce film et les récits des avant-premières.

Boris Pahor au camp du Struthof et Fabienne Issartel pendant le tournage en 2009. Photo Sylvie Goubin.

Boris Pahor au camp du Struthof et Fabienne Issartel pendant le tournage en 2009. Photo Sylvie Goubin.

A travers ce film, et aujourd’hui, 27 janvier, je veux rendre hommage à toutes les victimes des atrocités nazis : les juifs génocidés de toute l’Europe, les tziganes, les homosexuels, les communistes et tous les résistants européens du triangle rouge. Il faut toujours se souvenir !
Boris Pahor va se recueuillir à chacun de ses passages à Paris au Mémorial de la Shoah.

Boris Pahor au camp du Struthof pendant mon tournage en 2009. Photo Sylvie Goubin.

Boris Pahor au camp du Struthof pendant mon tournage en 2009. Photo Sylvie Goubin.

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Boris pahor : mon pape à moi !

Pour mémoire, en ce jour officiel de discours papal, je vous encourage à ré-écouter aussi le discours prononcé au parlement européen en 2013 par l’écrivain slovène de Trieste Boris Pahor auquel j’ai consacré un film documentaire « Boris Pahor, portrait d’un homme libre », 98′.
Lui aussi parle d’éthique, d’humanité et de respect des cultures. Et tout cela va aussi avec l’idée de la conservation d’une « Mémoire » !

Fabienne Issartel et Boris Pahor au moment des adieux le 10 octobre 2014 à Montparnasse

Fabienne Issartel et Boris Pahor au moment des adieux le 10 octobre 2014 à Montparnasse

CLIQUEZ SUR CE LIEN ET VISIONNEZ L’EXTRAIT SUR VIMEO :

http://vimeo.com/77903018

Et aussi un article de Nathalie Courtial paru dans le quotidien du Puy en Velay « l’Eveil de la Haute-Loire ». C’est un petit portrait de moi dans lequel il est bien sûr question de Boris Pahor !

l’article portrait que le quotidien l’Eveil de la Haute-Loire m’a consacré

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SALLE PLEINE POUR L’AVANT-PREMIERE DE MON FILM « BORIS PAHOR PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE » A BAGNOLET EN PRÉSENCE DE MON HÉROS. LE GRAND ECRIVAIN SLOVÈNE DE TRIESTE, 101 ANS, A UNE FOIS DE PLUS SÉDUIT SON PUBLIC !

l'invitation de la mairie de Bagnolet pour la venue le 8 et 0 octobre de l'écrivain Boris Pahor

l’invitation de la mairie de Bagnolet pour la venue le 8 et 0 octobre de l’écrivain Boris Pahor

LISEZ LES DEUX ARTICLES RELATANT L’ÉVÈNEMENT DANS MEDIAPART ET L’HUMANITÉ. Cliquez sur les liens :
http://blogs.mediapart.fr/blog/alicia-deys/081014/boris-pahor-un-sommet-d-humanite

http://www.humanite.fr/boris-pahor-portrait-dun-homme-libre-554108

Boris Pahor trinque avec Liza Japelj à son arrivée à Paris le 7 octobre 2014

Boris Pahor trinque avec Liza Japelj à son arrivée à Paris le 7 octobre 2014

Boris Pahor est arrivé à Paris mardi en pleine forme, et il était le 8 octobre présent à la Médiathèque de Bagnolet pour une conférence, premier rendez-vous avec les habitants de Bagnolet.

Boris Pahor dans les rues de Paris, en route pour Bagnolet , octobre 2014

Boris Pahor dans les rues de Paris, en route pour Bagnolet , octobre 2014

La rencontre, animée par Liza Japelj, a duré au moins deux heures et demie devant un public très attentif. La traductrice de Boris Pahor ANDRÉE LÜCK-GAYE nous a fait part des émotions bien particulières ressenties pendant son travail autour de l’oeuvre de Boris Pahor, et notamment lors de la traduction du récit que Boris Pahor a consacré à sa détention au camps du Struthof : « Pélerin parmi les ombres ».

Le public de la conférence de Boris Pahor à la Médiathèque de Bagnolet le 8 octobre 2014

Le public de la conférence de Boris Pahor à la Médiathèque de Bagnolet le 8 octobre 2014

Quelques mots de sa traductrice Andrée Lück-Gaye en 2013 :

« « Nekropola », « Pèlerin parmi les ombres », a été ma première traduction publiée et qu’elle est encore maintenant, un peu plus de vingt ans plus tard, la plus visible, la plus lue, j’y reviendrai. Ce texte m’a beaucoup marquée quand je l’ai traduit. J’en ai des souvenirs très précis.
Récemment, avant sa publication en poche, j’ai relu « Printemps difficile » pour lui apporter quelques corrections, et à cette occasion j’ai redécouvert le texte. Pour « Nekropola », nul besoin de relire. De nombreux passages sont restés gravés dans ma mémoire et sans doute à jamais, et pas seulement parce que je tombais sur des mots qui me résistaient ni en raison de la longueur et de la complexité des phrases ; mais parce que la lecture du traducteur est, pour reprendre une belle expression de Boris A. Novak, « la seule qui aille si profondément dans le texte et le contexte », et que j’ai lu et relu ces mots, ces phrases, que j’ai dû m’arrêter sur chacune d’entre elles et que le traducteur n’a pas, comme le lecteur, la possibilité de passer rapidement sur les moments durs, de sauter les passages insupportables, qui font mal, voire de tourner la page.
Souvenir aussi de mes conversations avec M. Pahor, échanges, discussions, parfois confidences. Nous nous rencontrions dans un bistrot de la Place d’Italie pour discuter de ma traduction, corriger mes erreurs le cas échéant … et nous avions parfois de longs échanges à propos de certains termes. Je me rappelle entre autres le débat que nous avons eu pour déterminer si, dans les camps, les détenus portaient des sabots ou des galoches (…) Ce livre a aussi révélé à beaucoup de ses lecteurs l’existence d’un camp de concentration sur le sol français, ce que moi-même j’ignorais alors que j’avais pourtant lu dès les années 70 de nombreux ouvrages sur la deuxième guerre mondiale et les ignominies des nazis. Et quand j’ai visité le Struthof, j’ai eu moi aussi, toutes proportions gardées évidemment, l’impression de faire un pèlerinage, en retrouvant tous les lieux décrits par M. Pahor et qui m’avaient tellement impressionnée, la potence, les terrasses, la table de dissection avec la goulotte pour l’écoulement du sang… et qui me renvoyaient à certains moments intenses, comme la séance chez le coiffeur à l’arrivée dans le camp, la douche, la mort du petit Tchèque… Maurice Braun, du journal « le Déporté », cite quant à lui la description des corps nus dans la neige avant et après la douche et considère qu’il s’agit d’un morceau d’anthologie de la littérature concentrationnaire. (…)
Une autre traduction m’a profondément marquée, c’est celle du recueil de nouvelles « Arrêt sur le Ponte Vecchio » qui donne notamment à voir au lecteur un aspect de l’histoire italienne tout à fait inconnue –en tout cas des Français. Des autres nouvelles, je me souviens, bien sûr, de la campagne du Karst, de la bora, du cliquetis des trams. Mais je me rappelle surtout avoir découvert, là encore comme de nombreux lecteurs français, les horreurs commises par les fascistes italiens pour tenter d’éradiquer les Slovènes, leur langue, leur culture, leur nom même. Je n’oublierai jamais le chef de chœur à qui on fait boire de l’huile de machine, la petite fille que l’instituteur suspend par les tresses à un porte manteau. Dans une critique parue dans Charly Hebdo, Michel Polac a écrit à l’époque : « Il faut faire lire ces pages à nos gens de droite qui veulent faire croire que Mussolini était plus respectable que Hitler un peu trop fou… » (…) »

le samedi 24 mars 2012, Andrée Lück-Gaye a reçu la Bourse de Traduction du Prix Européen de Littérature.

le samedi 24 mars 2012, Andrée Lück-Gaye a reçu la Bourse de Traduction du Prix Européen de Littérature.

Boris Pahor, Liza Japelj et Andrée Lück-Gaye à la Médiathèque de Bagnolet le 8 octobre 2014

Boris Pahor, Liza Japelj et Andrée Lück-Gaye à la Médiathèque de Bagnolet le 8 octobre 2014

LE 9 OCTOBRE À 19 h 30, A EU LIEU LA PROJECTION DE MON DOCUMENTAIRE « BORIS PAHOR PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE », 98′, au cinéma le CIN’HOCHE, place de la mairie à Bagnolet.
L’intervention de Boris Pahor après la projection a été remarquable. D’un trait, il nous a proposé un raccourci d’histoire allant de la barbarie des baïonnettes en 1914, aux horreurs des camps de la deuxième mondiale, juqu’aux martyrs égorgés d’aujourd’hui. « A quoi servent donc la mémoire et les témoignages de ce mal, si le pire se reproduit sans cesse ? » a demandé avec énergie Boris Pahor à l’assistance.

Tournage des dernières images du documentaire "Boris Pahor portrait d'un homme libre au sommet du mont Nano. Boris Pahor et Fabienne Issartel.

Tournage des dernières images du documentaire « Boris Pahor portrait d’un homme libre au sommet du mont Nanos. Boris Pahor et Fabienne Issartel.

« Il se pencha sur ses lèvres, retenant sa nuque et ses cheveux dans ses mains, tandis qu’elle s’agrippait à son cou et que son sein le frôlait, à la fois tendu et accueillant. Sous ses paupières mi-closes, il vit à nouveau et clairement que, après l’extermination et la mort, l’irremplaçable entente entre l’homme et la femme constituait la seule vérité de ce monde ; grâce à elle, grâce à la femme, toute chose existante prenait un sens. C’est elle qui devrait enseigner aux enfants de l’homme l’alphabet d’une nouvelle paix. Et pendant qu’il caressait le corps de Luciana, une promesse solennelle naissait de sa passion : « femmes, nous devons t’aimer à la fois avec intensité et avec attention, pour savoir aimer de nouveau notre monde et ceux qui y vivent, avec intensité car c’est seulement d’un amour intense que naîtront la fierté et l’audace, et c’est seulement de l’audace que naîtra la liberté ».
Boris Pahor, Extrait de La Villa sur le Lac, p 201-202, 1955

Toutes les femmes étaient émoustillées d’avoir rencontré ce drôle de personnage encore mystérieusement désirable à 101 ans… Et je me souviens avoir dit à Boris Pahor : « le prochain film que je ferai sur vous s’appellera « le bourreau des coeurs » ».
Mais je crois qu’il ne connaît pas le sens de cette expression en français.

Dernière promenade dans Paris de Boris Pahor avant de prendre l'avion le 10 octobre 2014

Dernière promenade dans Paris de Boris Pahor avant de prendre l’avion le 10 octobre 2014

J’ai reçu de nombreux messages de soutien après la projection. Voilà celui de la présidente des Slovène de Paris »

Chère Madame,

J’ai été émue en regardant la projection de votre film « Boris Pahor, portrait d’un homme libre ».
Le message universel d’humanité y est omniprésent.
En plus, c’est une belle leçon de vie sur les idées reçues et le tabou sur la vieillesse.
Le portrait de l’homme libre est bien réussi. Je me permets d’affirmer que de telles rencontres dans la vie sont rares et d’une
qualité humaine précieuse.

Mes parents ont vécu le fascisme, l’interdiction de parler, chanter…en slovène.Mon père a été interné à Berlin…
Il est revenu à pied, en wagons pour les animaux…ayant 35 kg. Son voyage a duré 40 jours.

Merci pour ce film exceptionnel, incluant les témoignages et les preuves du passé sombre et inhumain de l’Europe mais aussi
porteur de messages d’amour, de vie, de liberté, de pardon et de paix.
J’éspère qu’il trouvera « sa route » en grande diffusion prochainement.
J’ai bien aimé votre conclusion à la fin : une lecture du texte de Boris Pahor; message d’amour à la Femme.

Au nom de notre communauté Slovène à Paris, je vous exprime notre gratitude pour ce cadeau mémorable
que vous avez fait à Boris Pahor, au peuple slovène, ainsi qu’à tous les autres peuples.

Anna Vicic, Présidente de l’ASSOCIATION DES SLOVENES DE PARIS

Fabienne Issartel et Boris Pahor au moment des adieux le 10 octobre 2014 à Montparnasse

Fabienne Issartel et Boris Pahor au moment des adieux le 10 octobre 2014 à Montparnasse

Encore des photos de Boris Pahor à Paris toujours curieux et toujours en action :

A chacun de ses déplacements Boris Pahor envoie à tous ses amis européens des cartes postales. Octobre 2014 au "Bistrot du Dôme", Paris.

A chacun de ses déplacements Boris Pahor envoie à tous ses amis européens des cartes postales. Octobre 2014 au « Bistrot du Dôme », Paris.

Boris Pahor veut savoir à quoi ressemble le poisson "lotte" qu'il vient de manger. "Ah, un poisson avec des ailes" dit-il en le découvrant sur le smartphone du garçon. Octobre 2014, au "Bistrot du Dôme".

Boris Pahor veut savoir à quoi ressemble le poisson « lotte » qu’il vient de manger. « Ah, un poisson avec des ailes » dit-il en le découvrant sur le smartphone du garçon. Octobre 2014, au « Bistrot du Dôme ».

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UN PETIT MOMENT DE GLOIRE !

Voilà un petit moment de gloire dans ma modeste existence de réalisatrice de documentaires : des projections, un prix, deux avant-premières… Deux films, deux hommes libres, Jean Lacombe et Boris Pahor, qui m’ont porté chance.
Je suis donc dans tous mes états, mais heureuse !

La réalisatrice Fabienne Issartel à Ljubljana, Slovénie le 31 mars 2014

La réalisatrice Fabienne Issartel à Ljubljana, Slovénie le 31 mars 2014

Une projection à Niort !

L'affiche du festival DOCS D'ICI 2014

L’affiche du festival DOCS D’ICI 2014

Le 8 avril mon documentaire sur « Jean Lacombe » était encore à l’honneur dans DOCS D’ICI A 10 h 45 A Niort :
Cliquez ici pour le programme : http://poitou-charentes.france3.fr/docs-d-ici

Le catalogue complet de la manifestation :
http://issuu.com/francetelevisionspoitou-charentes/docs/programme_2014_3/19?e=6085329/7298959

Le navigateur solitaire  Jean Lacombe en 1960

Le navigateur solitaire Jean Lacombe en 1960

Un article en anglais à propos de la première OSTAR à laquelle participa Jean Lacombe en 1960 :
http://www.valhowells.com/skippers.html

Un extrait de 5 minutes du début du film :

La couverture de la revue BATEAUX avec Jean Lacombe sur son Golif des chantiers Jouët, le premier bateau de paisance en polyester :

Jean Lacombe sur son Golif pour la 2ème OSTAR

Jean Lacombe sur son Golif pour la 2ème OSTAR

La jaquette du film. Cliquez ici :
Jaquette_DVD_Lacombe-1

BELLE PROJECTION DE « MOI JEAN LACOMBE MARIN ET CINÉASTE » A L’EDEN THEÂTRE DE LA CIOTAT LE 23 MARS

cinephiles-la provence 29.03.14

La calanque de Figuerolle à la Ciotat le 24 mars

La calanque de Figuerolle à la Ciotat le 24 mars

Le débat après la projection de "Moi Jean lacombe" à l'Eden Théâtre de la Ciotat

Le débat après la projection de « Moi Jean lacombe » à l’Eden Théâtre de la Ciotat

REMISE DU PRIX « MEMOIRES DE LA MER » À LA Maison des Travaux Publics, rue de Berri, le 24 mars 2014
Le dossier de presse :
Dossier Presse Mémoires de la mer 2014 annonce des lauréats-1

Remise du prix du film "Mémoires de la mer" 2014, décerné par La Corderie Royale de Rochefort, à Fabienne Issartel.

Remise du prix du film « Mémoires de la mer » 2014, décerné par La Corderie Royale de Rochefort, à Fabienne Issartel.

Remise du prix "Mémoires de la mer". Le buffet. De gauche à droite, Yann Dhenin, mon producteur, Melwin Israël, musicien, Juliette Guichard, architecte et Ariane Issartel, violoncelliste qui a composé la musique du film.

Remise du prix « Mémoires de la mer ». Le buffet. De gauche à droite, Yann Dhenin, mon producteur, Melwin Israël, musicien, Juliette Guichard, architecte et Ariane Issartel, violoncelliste qui a composé la musique du film.

AVANT-PREMIÈRE INTERNATIONALE A Trieste de « BORIS PAHOR, PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE » le 28 mars

Le Musée d'art moderne Revoltella à Trieste où a eu lieu la projection de l'avant première de mon film sur Boris Pahor.

Le Musée d’art moderne Revoltella à Trieste où a eu lieu la projection de l’avant première de mon film sur Boris Pahor.

L'article annonçant la projection de "Boris Pahor portrait d'un homme libre" dans le quotien de Trieste "Le Picolo"

L’article annonçant la projection de « Boris Pahor portrait d’un homme libre » dans le quotien de Trieste « Le Picolo »


L'auditoire attentif à l'avvant première internationale du documentaire "Boris Pahor portrait d'un homme libre", le 28 mars, organisé par l'Alliance française.

L’auditoire attentif à l’avvant première internationale du documentaire « Boris Pahor portrait d’un homme libre », le 28 mars, organisé par l’Alliance française.

Boris Pahor et Fabienne Issartel présentent le film "Boris Pahor, portrait d'un homme libre", 28 mars 2014

Boris Pahor et Fabienne Issartel présentent le film « Boris Pahor, portrait d’un homme libre », 28 mars 2014

http://www.informatrieste.eu/articoli/?x=entry:entry140327-113937

Un article dans le quotidien slovène de Trieste Primorski, à prpos de l'avant première du film "Boris Pahor, portrait d'un homme libre"

Un article dans le quotidien slovène de Trieste Primorski, à prpos de l’avant première du film « Boris Pahor, portrait d’un homme libre »

LE PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE QUI CROIT AU POUVOIR DE L’AMOUR
Dans les yeux de Fabienne Issartel Boris Pahor est un héros . La réalisatrice française ce vendredi l’a dit très clairement avec sa voix de velours profonde aux gens qui s’étaient rassemblés dans l’auditorium du Musée de Trieste Revoltella pour la première de son documentaire « Boris Pahor : portrait D’UN homme libre » qui a été filmé pendant cinq ans.
Du film se dégage une sincère admiration de la brune Fabienne pour ce bel écrivain à travers ses romans , et puis aussi à travers de nombreuses rencontres personnelles . Elle prend le train pour Trieste pour la première fois en Janvier 2008 , quand Boris Pahor était encore presque inconnu en Italie , et termine en octobre dernier à Bruxelles , avec sa remise du prix citoyen de l’Europe où on le voit ouvertement dire au Président du Parlement européen Martin Schulz que l’Europe doit être plus attentive aux combattants de la liberté contemporains qui meurent dans la mer Méditerranée . Il parle aussi de la nécessité pour l’Europe de créer « un conseil de l’éthique ».
Entre ces deux moments on découvre des photos de famille, entrelacées avec des images d’archives, les extraits de ses romans, Trieste et la mer, et ses rapports avec Albert Camus et Drago Jančar . L’histoire ne suit pas un ordre chronologique. Passé et présent sont constamment entremêlés : de la maison de la culture slovène en feu, on arrive à Paris , où Pierre- Guillaume de Roux explique pourquoi en 1990, il est le premier éditeur étranger de « Nécropola » (« Pélerin parmi les ombres »). On passe des camps nazis , à Ljubljana , où Pahor fête son 99ème anniversaire,en présentant « son livre de Rada », hommage à sa femme, et dans lequel il parle aussi de ses maîtresses.
Pahor avec sincérité désarme presque le spectateur lorsque, par exemple, il mime le premier baiser avec Danica Tomažič ou qu’il reconnait vouloir encore caresser à son âge le corps de la femme . « Toute ma vie, j’ai admiré le corps humain » , dit l’auteur qui a vu ces mêmes corps brûler dans les fours crématoires. La culpabilité qui a marqué la majorité des rapatriés des camps , il l’a dépassé avec l’aide de l’amour . Il a cette conviction que même quelqu’un qui est nu dans le gel des baraques du camp du Struthof Narzweiler peut se sauver avec l’aide de l’amour et croire encore en la vie.
(Traduction française approximative)

Un portrait de Boris Pahor et de Fabienne Issartel, mars 2014, vu par Slobodan Obrenic

Un portrait de Boris Pahor et de Fabienne Issartel, mars 2014, vu par Slobodan Obrenic

Slobodan Obrenic m’a prêté main forte tous ces derniers mois pour terminer le montage du film. Il m’a accompagnée dans ces belles et émouvantes aventures en Italie et en Slovénie pour les deux avant premières de : « Boris Pahor, portrait d’un homme libre ». Boris Pahor était chaque fois à nos côtés à Trieste et à Ljubljana ! C’était magique.

Slobodan Obrenic sur la jetée de Trieste

Slobodan Obrenic sur la jetée de Trieste

Une deuxième avant-première a lieu quelques jours après à Ljubljlana en Slovénie le 31 mars !

Avant première du film "Boris Pahor, portrait d'un homme libre" à Ljubljana

Avant première du film « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » à Ljubljana

Un article en slovène paru dans un magazine culturel bi-mensuel de Ljubljana :
Cliquez ici si vous comprenez le slovène :
http://www.pogledi.si/ljudje/boris-pahor-ambasador-strpnosti-dolgozivosti

Et, tiens, tiens, que vois-je par hasard sous ma fenêtre à Trieste ???

Je découvre des anges sous ma fenêtre dans mon appartement de Trieste... Fabienne Issartel. Mars 2014

Je découvre des anges sous ma fenêtre dans mon appartement de Trieste… Fabienne Issartel. Mars 2014

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Mon « BORIS PAHOR PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE » sera projeté pour la première fois à Trieste ! Hourra ! Mission accomplie !

Mon film portrait sur l’écrivain slovène de Trieste, Boris Pahor est enfin terminé grâce à l’aide précieuse de merveilleux amis… Merci à vous tous !

Le premier carton d'invitation pour la toute première projection du film "Boris Pahor, portrait d'un homme libre" de Fabienne Issartel, organisée par l'Alliance française de Trieste.

Le premier carton d’invitation pour la toute première projection du film « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » de Fabienne Issartel, organisée par l’Alliance française de Trieste.

La deuxième projection aura lieu quelques jours plus tard en Slovénie, à l’Institut Français de Ljubljana.
Voir le lien ci-dessous
http://www.institutfrance.si/spip.php?article498

L’invitation : CLIQUEZ !
BORIS PAHOR PORTRAIT D’UN HOMME LIBRE-1

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