Archives de Tag: Laurent Charpentier

ALERTE ROUGE : aujourd’hui 7 juillet, tout le monde se promène !

Le métro Barbès Rochechouard à Paris non loin de la porte de la Chapelle,
vu par Plantu, 2017, pour l’association « Cartooning for Peace », tous droits réservés

Depuis ce matin 6 h, 2771 migrants de la Porte de la Chapelle à Paris sont mis à l’abri pour l’été dans des gymnases d’Île de France encadrés par une foule de CRS. On les entasse à la queue leu leu dans 60 bus aux destinations inconnues, pendant que des pelleteuses détruisent les traces de leurs oripeaux… Au même moment, d’autres migrants, des vacanciers, envahissent les routes et les trains pour rejoindre leurs lieux de villégiatures à la mer ou la montagne. Eux-aussi sont partis tôt. À Hambourg, il est dix heures et les dirigeants du monde entier viennent d’arriver en avion pour participer au G 20. Ils vont parler du climat, du terrorisme, du libre échange et de la sécurité. Un séjour de deux jours à huis clos sous haute surveillance. Dans les rues de la ville allemande, depuis l’aurore, des manifestants anti capitalistes marchent aussi. « Nous voulons leur faire savoir que nous sommes le peuple » disent ces individus dits «violents» qui vont essayer de s’infiltrer dans la zone dite «rouge» de l’assemblée des plus riches chefs d’états de la planète. Une trentaine d’actions sont prévues par ces militants déterminés venus du monde entier.
Quelle drôle de journée. Quel monde fou, n’est-ce pas ?

Et que retiendra l’histoire de cette journée ? Sans doute celle de deux premières rencontres : celle de Donald Trump et de Vladinir Poutine, et celle d’Emmanuel Macron et du président chinois Xi Jinping. Les images de ces deux poignées de mains feront alors le tour de la planète à la vitesse de la lumière…
Pendant ce temps-là, d’autres CRS (comprendre Collectif Roya Solidaire) de la vallée de la Roya continuent leur travail de fourmis, prennent des trains, chez eux, entre la gare de Garavan et de Vintimille à la frontière italienne, pour témoigner des agissements «hors la loi» des polices des frontières vis à vis de migrants mineurs.
Voir leur vidéo édifiante ici :

http://www.europe1.fr/societe/video-une-association-francaise-denonce-le-renvoi-expeditif-de-migrants-vers-litalie-3381857

Aujourd’hui, c’est aussi la 7ème étape du Tour de France, 213 kms entre Troyes et Nuits-Saint-Georges pour ce peloton qui traversera sous la canicule les plus beaux vignobles de France…
Oui, aujourd’hui 7 juillet, tout le monde se promène.
Alerte rouge !

Fabienne Issartel, réalisatrice, 7 juillet 2017

QUELQUES MOTS SUR MON PROCHAIN DOCUMENTAIRE

Après « Chacun cherche son train », je prépare un nouveau documentaire qui s’appellera

« (DELITS) DE SOLIDARITE »

Des médecins viennent en aide aux boat-people vietnamiens qui viennent d’être recueillis sur le Rose Schiaffino en 1987, photo Laurent Charpentier

Cliquez :

couverture dossier de DELITS DE SOLIDARITE – copie

Voilà ci-dessus la couverture du dossier de mon prochain documentaire qui interroge l’idée de solidarité vis à vis des migrants des années 70 à nos jours, solidarité qui est devenue aujourd’hui souvent un délit. Le travail militant des citoyens du Collectif Roya Solidaire dont je parle plus haut, sera l’objet d’une séquence de ce documentaire. Seule une réponse politique planétaire sans déni pourra répondre aux violences du monde et aux réalités climatiques, qui poussent des milliers de gens en détresse à quitter leurs maisons vers un destin incertain : des flux humains qu’on ne pourra pas indéfiniment contenir derrière les murs qui s’élèvent partout.
Dans les années 70 et 80, les boat-people asiatiques ont pourtant été accueillis à bras ouverts chez nous et se sont bien intégrés. Que s’est-il passé depuis ? Que vaut la vie humaine ? Celle d’un enfant français vaut-elle celle d’un enfant syrien ou érythréen ?
Que dévoile cette situation sur l’état de nos démocraties occidentales ?

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« PRINTEMPS », un film promenade de 1996, réalisé par Fabienne Issartel, enfin numérisé !

En attendant les beaux jours, VOICI UN LIEN VIDEO POUR VISIONNER MON FILM « Printemps » de 37′, 1996/Le film a été mis en ligne par Laurent Charpentier le caméraman de ce film et de beaucoup de mes films promenade. Il a été numérisé par Yoann Dhenin/ Et puis un peu de lecture suit, sur cette  « Dé-marche » ainsi qu’un texte tout à la fin de Pacôme Thiellement qui vient de voir le film. Merci à tous.

BONNE PROJECTION !

« PRINTEMPS »
Un film promenade de Fabienne Issartel, 37′, 4/3, 1996

Image : Laurent Charpentier
Son : Renaud Colas
Musique originale : Thierry Fournier
Musique live : Akosh S

Avec par ordre d’apparition :
Akosh S/Muriel Foures/Solveig Domartin/
Marie Baron Renault/Charlie Schlingo/
Claude Baron Renault/Raymond Mantchala/
Régine Fraval/Eric Roussel/
Claude Rizzo/
Les enfants : Juliette G., Juliette M et Zacharie G./
Hélène Hottiaux/Marc-Edouard Nabe/Gérard Tallet

ce film a été tourné le 1er et 2 juin 1996, à Paris, le long du canal Saint-Martin de République (rue du Fb du Temple) à place Stalingrad, et dans les cafés : l’Atmosphère (scène avec Akosh S/générique début), au Rapid Wolf de la gare de l’Est (scène de nuit), et au Jemmapes (le matin avec Charlie et Marie)
Moyens techniques : Jean-Stéphane Michaux, Corinne Bopp, Jean-Luc Bouvret, Charlotte Meunier
Autoproduction

Tournage de « Printemps », film de Fabienne Issartel, le 1er juin 1996
A la caméra : Laurent Charpentier
Preneur de son : Renaud Colas
Assise sur la barrière : Fabienne Issartel

Le site de laurent Charpentier :

www.laurentcharpentier.com

Fabienne Issartel par Hervé Sellin 1985

PRIORITE PIETONS
NAISSANCE DES « FILMS PROMENADE », par Fabienne Issartel, réalisatrice

Un jour d’hiver 1985, je marchais dans la neige à 5 h du matin dans le quartier Montorgueil. Mes pieds dessinaient dans cette virginité ouatée les premiers signes visibles de vie de cette journée historique pour moi. Je me retournais un instant tout en haut de la rue des Petit Carreaux dans le deuxième arrondissement de Paris pour le constater. L’empreinte de mes pas avait ouvert la route. Pourquoi diable n’y avait-il personne ce jour-là dans cette rue du centre de Paris non loin des vieilles Halles ? C’était inhabituel. Un rêve presque. Je me souviens. Il faisait très froid et j’étais harassée. Je n’avais pas voulu me reposer. Au contraire. J’avais tout fait pour échapper à mon destin, pour être à priori incapable de mettre un pied devant l’autre, ayant passé la nuit à épuiser unes à unes méthodiquement les compagnies aléatoires dont tout somnambule professionnel sait faire bon usage. Au-delà de la limite, la limite est dépassée. Aller jusqu’au bout pour déjouer la chance. Pourquoi ? Pour apercevoir l’au-delà sans doute, au bord du bord… C’est un jeu que l’on aime à 20 ans. Je me souviens. Ce matin là, mes pas crissaient dans la rue blanche et déserte et je me demandais avec justesse, avec acuité, qui j’étais ? Peut-être ce dessin tracé d’un chemin derrière moi, pas plus, pas moins, pulsé par la mesure battue de mes semelles.
Seule dans la ville si blanche et si froide, j’allais tourner mon tout premier film. C’était enivrant. Je me souviens. Il allait falloir que je sois un réalisateur qui réalise, qui sait ce qu’il veut et qui assume ce qu’il voit. Cela faisait peur. Je m’en souviens bien. Toute à cette concentration et dans une excitation bizarre, je retrouvais presque en lévitation mon équipe de tournage passage du Désir, sur le boulevard Magenta, non loin de la gare de l’Est. Formidable journée pendant laquelle j’oubliais toute fatigue et qui fut déterminante. Car ça y’était. J’avais été mordu par le grand serpent. Le plaisir de découvrir ce pourquoi on est fait, ce n’est pas rien. Si tourner des films, c’était ça, alors je décidais ce jour-là d’en faire toute ma vie et de ne plus faire que ça.
C’était une autre façon d’écrire le dessein de mes pas et de mes errances, de donner des visages aux rues, de faire battre le cœur de la ville à coups d’instantanés, de circonscrire l’esprit des lieux.
Alors je suis partie de là où j’étais, de mes pieds. Car c’est ainsi que je conçois la vie depuis toujours, comme une promenade où il faut savoir suivre ses pas. Les marcheurs regardent la ville et moi je regarde les marcheurs. Ce sont dans ces regards croisés que s’opèrent les modestes évènements quotidiens essentiels à la vie, générateurs de convivialité et d’humanité. « Les films promenade » sont nés d’évidences. L’aventure est au coin de la rue pour celui qui regarde les choses à sa hauteur. On s’arrête, on sourit, on discute, on s’installe à une terrasse, sur le parapet d’un pont, ou dans le travelling d’un bus. Et tout cela pour voir le ciel, la lumière d’un jour rouge qui disparaît, ou sous des trombes d’eau les flashs d’acier sur nos ombrelles d’outremer. Et il y a aussi les jours sans, où tout est bouché et où il n’y a que nous. Nous, les paysans de Paris, enfants du « grand monde » comme des bistrots picaresques, dandys effrangés de la nuit, sommes les orphelins toujours heureux sur les trottoirs célestes, de Léon-Paul Fargue et des poètes. La peinture du monde est d’abord infime. Elle donne la priorité aux piétons de toutes les vagues et de tous les temps, qui habitent ontologiquement leur vie là où ils sont. De celui qui immobilise les voitures au milieu du cours de Vincennes pour regarder passer un étrange groupe de mouettes, à ceux, les Zarathoustras ordinaires, qui veillent à Ménilmontant du haut de leur lucarne sur le ventre de Paris : tous ont le sang qui bout. Cela me plaît.
« Même si on nous donne des trucs pour rouler plus vite sur les trottoirs, on marche toujours, on marche toujours…» dit Denis B. à la fin de mon film « Chacun cherche son train ». Voilà des phrases, qui moi me donnent la chair de poule, qui valent de l’or quand elles sont prononcées devant ma caméra avec une gravité inspirée. Des moments qui me donnent envie de mettre une fois de plus la clé sous la porte et de repartir vers ce quelque part qui n’est peut-être nulle part, seule, le nez au vent, juste avec mes yeux, pour continuer à vivre et à tourner des « films promenade ».

Le fameux panneau « PRIORITE PIETONS » présent partout dans les de Paris des années 80

« Printemps », un film promenade de Fabienne Issartel, 37′, 1996

Printemps est le dernier de mes « films promenade » des années 90 autoproduits. C’est sans doute le plus abouti techniquement, puisqu’il a même été mixé. Il est accompagné d’une musique originale très sensible et nerveuse composée sur mesure par le grand Thierry Fournier. Le tournage s’est déroulé sur deux journées autour du canal Saint-Martin. Une grosse organisation préalable avait été nécessaire pour organiser la venue des 16 personnages sur les lieux du tournage à des heures bien précises. Nous n’étions que trois : moi, Renaud Colas au son et « Le précieux » Laurent Charpentier à la caméra, un marin qui en avait « vu d’autres » et qui m’accompagnait avec passion dans ces aventures filmiques, y compris sur les montages. Son sens du cadre parfait, son enthousiasme désintéressé et son endurance hors-normes, ont permis que ces « films promenade » existent. Dévoué corps et âme à mon idée d’un travail à la fois très préparé mais aussi totalement ouvert au dernier moment à la spontanéité des personnages, il a été mon double. C’est d’ailleurs grâce à lui et via son site Viméo que ce film est aujourd’hui en ligne. Merci à lui. L’occasion de jeter un coup d’œil attentif sur son travail de photographe « qui a vu du pays ».
Á l’époque de Printemps, je vivais avenue Mathurin Moreau dans le 19 ème arrondissement de Paris près du parc des Buttes Chaumont. Je descendais par la rue Juliette Dodu, jusqu’à la cour intérieure de l’hôpital Saint Louis où je donnais mes rendez-vous, histoire de prendre l’air dans un endroit qui a de l’allure. Par l’avenue Richerand, à la nuit on rejoignait le canal pour prendre l’apéro de l’autre côté, à l’Atmosphère, toujours bien reçus par Souad, sa sœur et sa mère. Akosh S que l’on entend dans mon générique de début, un excellent musicien hongrois, jouait souvent dans ce café : au moins toutes les deux semaines. Solveig Dommartin -la grande dame des « Ailes du désir »- habitait une rue juste derrière et l’on pouvait terminer la soirée chez elle avec les amis. C’est grâce à Muriel Fourès que je connaissais depuis les années 80, et qui avait appelé sa fille Tarzana, bien avant de faire du trapèze elle-même (justement avec Solveig) que je l’avais connue. La belle amitié profonde de ces deux filles de grand caractère m’avait touchée.

Solveig Dommartin et Muriel Fourès.
Tournage de « Printemps », film de Fabienne Issartel, le 1er juin 1996

D’où l’idée de les filmer ensemble là, entre le canal et la gare de l’est, et notamment au Rapid Wolf où les nuits se terminaient toujours en poésie. J’avais aussi remarqué que Marie la jeune fille avec les grandes jambes, rencontrée dans une laverie de la rue St Sauveur en 1983, s’entendait fort bien avec Charlie, le dessinateur qui cocotte du nougat et qui me fait encore hurler de rire. Marie, avec sa voix de poupée fascinait Charlie Schlingo. Ils étaient très contents de se revoir à cette occasion et l’addition de Charlie – petits calvas du matin »- au bar le Jemmapes fut d’ailleurs salée.

Charlie Schlingo au café « Jemmapes », tournage de « Printemps » (film de Fabienne Issartel), 1er juin 1996

Gérard Tallet serait le docteur, son vrai métier qu’il avait exercé sur les bateaux de croisière, et aussi au sénat, une fonction qui nous permettait de profiter certains jours de la maison dédiée dans le jardin du Luxembourg. J’y retrouvais souvent Marc-Edouard et Hélène, un vrai couple « bras dessus, bras dessous » dans le film : mes chers promeneurs d’un dimanche au bord de l’eau… Régine et Eric allaient avoir un enfant. Ils étaient dans un tournant de leur vie. Claude ma belle violoncelliste n’était pas à une promenade près. Ce fut un plaisir pour elle de parler à ce garçon étrange au longs cheveux, Raymond, danseur infatigable de mes nuits au Satellit café de la rue de la Folie Méricourt.

« Printemps » de Fabienne Issartel, 1996

Enfin, un des rôles principaux fut donné à Claude Rizzo, le pêcheur du canal, l’amoureux dont je ne dirai rien, sinon qu’il fut parfait, et bien au-delà du moment de ce tournage… Beaucoup des protagonistes de Printemps nous ont aujourd’hui quitté. Mais ils sont avec moi, et un peu avec vous maintenant aussi. Bonne projection !

Tournage de Printemps, avec Solveig Dommartin et Muriel Fourès
Réalisation Fabienne Issartel
Paris, 1er juin 1996

Et ci-dessous un texte de Pacôme Thiellement qui vient de voir « Printemps », Pacôme avec lequel j’aimerai tourner prochainement un film que j’appellerai justement « Le piéton de paris ».

NOTRE CINEMA, FABIENNE ISSARTEL

Par Pacôme Thiellement, mars 2017

Pacôme Thiellement en promenade à Montmartre, 2015, photo Fabienne Issartel

Printemps, d’abord, c’est de la musique. Un son incroyable : le saxophone soprano d’Akosh dans une improvisation fiévreuse au bar L’Atmosphère un soir. Un son capable à lui seul de ressusciter immédiatement les années 90 à Paris si vous les avez vécues… A l’époque, on pouvait encore fumer dans les bars et ça se voit immédiatement : les gens sont intenses ; ils ont une ivresse joyeuse, amoureuse, lyrique. La cigarette, c’est l’innocence des poses cinématographiques. Jouer à fumer « comme les stars », faire semblant de savoir fumer jusqu’à qu’on fume vraiment. Jouer à vivre « comme les grands » jusqu’à comprendre que c’était ça, vivre, justement. Qu’il n’y avait rien de plus vivant que cette innocence, cette jeunesse.
Printemps, ensuite, ce sont des hommes et des femmes qui parlent. Ils parlent d’amour bien sûr : de sexe, de beauté, de conneries, de vie future et de réincarnation. Ils s’étalent sur les pelouses. Ils dansent. Ils chantent même ! Mais surtout ils marchent. Ils marchent le long du canal Saint-Martin et le ciel est bleu. Fabienne Issartel, c’est le cinéma des poètes, des errants, des piétons de Paris. La marche, ce n’est pas l’innocence comme la cigarette ; mais c’est encore plus beau : c’est le début du nouveau monde, la victoire sur l’Enfer. C’est peut-être le sens du fragment énigmatique de Walter Benjamin : « Vaincre le capitalisme par la marche à pieds. » On n’a jamais vu un tyran, un affameur ou un businessman se promener.
Dans Printemps, on a l’impression de voir des hommes et des femmes libres. Ou plutôt on les voit en train de se libérer. De quoi se libèrent-ils ? De ce qui les détermine et de ce qui les entrave, de ce qui les sépare et de ce qui les enferme. Ils se libèrent de leur solitude ; ils se libèrent de leur prison. Fabienne Issartel, c’est le cinéma de l’amour qui circule entre les êtres. Et ils sont tous beaux, tous. Pourquoi ne le seraient-ils pas ? Puisque Fabienne Issartel les aime pour ce qu’ils sont, tous. Un peu comme Giacometti qui répétait à Genet : « Comme vous êtes beau ! Comme vous êtes beau ! » alors qu’il dessinait son portrait avant d’ajouter : « Comme tout le monde, hein ? Ni plus ni moins. »
Jusque là, le cinéma n’a pas été fait pour nous. Il ne nous parlait pas, ne nous regardait pas : il nous tournait même le dos. Nous avons besoin d’un cinéma qui nous ressemble, un cinéma qui nous aime et qui nous le montre. Nous avons besoin d’un cinéma dans lequel on puisse marcher.
Printemps, ça date du milieu des années 90 et pourtant ça semble avoir été fait ce matin. Plus exactement, ça a été fait (vécu, tourné, monté) pour ce matin. Vingt ans ont passé qu’on a vécu les yeux fermés ou occupés d’autre chose. C’est maintenant, et maintenant seulement, que les films de Fabienne Issartel peuvent rayonner de leur poésie solaire, de leur lumière d’avant midi.
Nous avons besoin du cinéma de Fabienne Issartel. Libre, ouvert, intense, au plus près de l’instant, aéré comme un jour de printemps : notre cinéma, ni plus ni moins.

Pacôme Thiellement, mars 2017

http://www.pacomethiellement.com

Mes « films promenade » avaient été montrés en 2012 en VHS durant les Portes ouvertes de bagnolet

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On a retrouvé Hippocampe !

Une petite information bien réjouissante pour cette fin d’année : mes deux héros – Laurent Charpentier et Eric Vibart – présents dans mon film « Moi Jean Lacombe marin et cinéastes » ont retrouvé le bateau que le navigateur Jean Lacombe avait dessiné pour sa toute première traversée en solitaire de l’Atlantique dans les années 50.

"À MOI L'ATLANTIQUE", éditions Robert Laffont, avril 1957 : l'extraordinaire récit de la toute première traversée de l'Atlantique en solitaire de Jean Lacombe sur Hippocampe, un bateau construit par lui-même !

« À MOI L’ATLANTIQUE », éditions Robert Laffont, avril 1957 : l’extraordinaire récit de la toute première traversée de l’Atlantique en solitaire de Jean Lacombe sur Hippocampe, un bateau construit par lui-même !

Voici l’article qui paraîtra ces jours-ci dans Voiles & Voiliers, et où il est fait mention du film documentaire que j’ai consacré à cet intrépide navigateur solitaire.

Cliquez ici pour lire l’article en PDF :
527_HIPPOCAMPE_mont*

LE TEXTE DE L’ARTICLE

On a retrouvé Hippocampe !

En 1955, Jean Lacombe traversa l’Atlantique à bord d’un bateau de sa conception de 5,50 m : Hippocampe. Ce voilier libertaire illustrait la vitalité d’un héros modeste, plus tard engagé dans les transats en solitaire de 1960 et 1964 avec, entre autres, un célèbre Golif de 6,50 m. Hippocampe restait quant à lui présumé disparu. Nous l’avons retrouvé aux Eats-Unis. Avec bonheur.
Texte Eric Vibart photos Laurent Charpentier

Fin novembre dans un coin perdu de Caroline du Nord. Deux coups frappés à la porte d’une humble maison en bois déclenchent une déferlante d’aboiements. Agitation confuse, des objets cascadent sur le sol. Roy Mascari, un reste de cheveux longs en bataille, T-shirt verdâtre, bas de jogging tirebouchonné, surgit comme un diable à ressort. A peine présentés, nous voilà saisis par une accolade sans ménagement. Pieds nus dans l’herbe, abordant tous les sujets à la fois, Roy nous entraîne dans une danse de sioux – quand bien même sommes-nous en territoire Cherokee – autour d’une coque devenue sculpture moderne. Le Jack Russel s’époumone toujours : « Stop it, Roses ! Stop ! »
Roy, 70 ans, revenu de son travail de nuit peu avant notre arrivée se révèle tout aussi impossible à interrompre. Un débit si rapide que des phrases entières nous échappent. Puis, après une bonne demi-heure, l’homme se fige : « Hé les gars, ça caille ! Attendez-là, je vais passer un pull ! » Partagés entre fou-rire et sidération, Laurent et moi disposons enfin d’un moment pour contempler Hippocampe en silence, effleurer sa coque, sonder ses plaies. Il n’est guère paré pour un concours d’élégance « notre » Hippocampe, mais il est enfin là. L’étrave béante, vidée de son bois pourri, laisse chaque bord déchiré à distance l’un de l’autre. N’en subsiste pour l’instant que deux ailes stylisées élancées dans le bleu très pur du ciel, impression accentuée par la hauteur exceptionnelle de la coque dont le tirant d’eau atteint 1,20 m pour seulement 4,70 m à la flottaison.
« She’s one of a kind ! » lance Roy qui nous a rejoint, réchauffé par un gros pull bleu, de solides chaussures, et qui paraît davantage dominer son enthousiasme. Certes, il n’y en eut pas deux comme Hippocampe, bateau juvénile, fondateur, cotre norvégien miniature qui reste l’un des plus petits voiliers à avoir traversé l’Atlantique. La suite nous confirmera ce que nous pressentions : Hippocampe et Roy sont faits pour s’entendre.
Tout a débuté à Paris, au Salon nautique 1996. Guy Lacombe, frère de Jean, vint sur notre stand annoncer la disparition du navigateur oublié. Quelques semaines plus tard, ma première rencontre avec Guy et son épouse Gisèle, couple chaleureux s’il en fut, marquait le début d’une belle complicité. Dès lors, commença de se dérouler l’enfance des trois frères Lacombe, les événements familiaux, la vie méconnue de Jean aux Etats-Unis dont la traversée à bord d’Hippocampe avait constitué le voyage d’immigration. Un tout premier voyage épique mené sans le sou entre Toulon et New York, avec escales et échouages entre Barcelone, Mazagan, les Canaries où le bateau jeté à la côte traversa même un isthme par voie de terre, halé sur des rondins à la force des bras de tout un village. Quand au comportement d’Hippocampe, le seul récit publié du vivant de Jean « A moi l’Atlantique » ne laisse guère de doute. Le cotre lilliputien est inconfortable au possible. Gîtard, il progresse liston dans l’eau, mouille, tape dans la vague, se trimballe « à la vitesse d’un enfant qui joue à la marelle », mais avance malgré tout. Jean étant décédé en Martinique, Guy en avait rapporté souvenirs et documents : correspondances, manuscrits inédits, photos, livres. « Et puis çà aussi ! » m’annonça-t-il, ouvrant un carton plein de bobines de films de trois minutes. Une vingtaine, emportées « pour voir » furent visionnées précautionneusement, en tournant la manivelle d’un vieux projecteur d’enfant.
Au fil des rendez-vous, Guy me remit davantage de documents, de papiers, mais surtout des bobines de films de grand diamètre en boîte d’acier marquées par le temps. Cela commençait à faire beaucoup pour un ignare en cinéma connu pour être le plus mauvais photographe de la revue. Heureusement, l’ami Laurent Charpentier était là ! Lacombe devint notre sujet et il nous aura fallu de longs mois pour visionner près de sept heures de rushes, découvrir et inventorier des séquences historiques, enthousiasmantes par leur qualité et l’esprit de leurs prises de vues.
« Would you like to climb in ? » demande Roy approchant une échelle de l’arrière du bateau. « Mind your steps ! » L’emplacement du cockpit parait minuscule, peut-être un mètre de long, une quarantaine de centimètres au plus étroit. La profondeur est en revanche impressionnante. Prenant garde à ses appuis, on se glisse après quelques contorsions dans une coquille sombre à forte odeur d’écorce après l’averse, descente dans le cœur arrêté d’une aventure modeste et inouïe. Même si les emménagements ont été modifiés depuis la mise à l’eau du bateau en décembre 1953, l’ensemble reste protecteur. Je songe à qu’en a dit Jean avec sa bonhommie sans réplique : « J’entends le vent qui siffle dans les haubans et la mer bouillonner sur la coque. M’en fous, c’est dehors ; moi, je suis dedans. » Roy passe une tête par la descente et me bombarde de questions : où était le réchaud ? Ce meuble existait-il ? Et ces équipets ? Cette cloison ? « C’est, dit-il, que je tiens à une restauration la plus authentique possible ! »
Aboutissement des entretiens avec Guy et Gisèle Lacombe, de la recherche de témoins et de l’étude des archives, l’article consacré à Jean ne parut qu’en avril 2001 (voir VV n° 362). En 2007, Laurent est moi réalisions un petit documentaire pour un DVD Voiles et Voiliers utilisant des passages du seul film monté par Jean pour illustrer ses conférences (à voir sur voilesetvoiliers.com et YouTube). Puis, pendant des années, le projet d’un documentaire professionnel de 52 minutes nous préoccupa. Sans résultats tangibles. Au moment on nous apprêtions à tout abandonner, notre amie la réalisatrice Fabienne Issartel reprit le dossier et, en quelques mois, décrochait producteur et financement minimum. Pour Laurent et moi il n’y avait plus à balancer. Lacombe ayant passé trente ans de sa vie à New York, il nous fallait nous rendre aux Etats-Unis interviewer les derniers amis de Jean et son ex-compagne pour compléter le sujet. Faute de budget, nous irions à nos frais avec une caméra prêtée.
Depuis l’origine, une question persistait : où étaient passés les voiliers de Jean ? Pour faire court, tous ses bateaux sont documentés, qu’il s’agisse d’unités de série ou d’éléments retrouvés dans ses archives. Seul échappe le juvénile et fondateur Hippocampe, minuscule cotre norvégien imaginé par Lacombe, artisan maroquinier en mal d’évasion. Avec un soin infini et un désarmant bon sens, Jean avait dessiné des lignes et construit au dixième un modèle naviguant de son transatlantique de 5,50 m, objet que j’avais examiné et photographié chez Guy et Gisèle. Construit en lattes d’acajou de 24 mm collées sur champ par le chantier Croizer de Sartrouville, procédé avant-coureur du strip-planking, Hippocampe était un char d’assaut. Jean en avait calculé le lest comme nul autre: « Il m’a suffit de remplir la baignoire, d’y faire flotter mon modèle en le lestant jusqu’à ce que l’eau atteigne la ligne de flottaison. D’après le principe d’Archimède, il me suffisait de peser l’ensemble pour obtenir le déplacement. Celui-ci était de deux kilos. Il fallait donc que le vrai bateau pèse, tout armé pour la traversée, deux mille kilos […] Pour calculer le lest j’en avais fait une forme en bois, l’avais moulé dans du plâtre puis coulée en plomb. En appliquant le rapport de densité du plomb à la fonte et en multipliant par mille, j’obtins 875 kilos. » Corrigeant ce calcul hasardeux, Jean rajoutera quelques mois plus tard 280 kilos de lest intérieur en ferraille et ciment.
« Look ! » interpelle Roy, brandissant une billette de fonte de 25 cm de long sur 4 à 5 centimètres de section, j’en ai retiré un paquet comme çà ! » Des restes de ciment s’émiettent en frottant la pièce. Mais ce ne fut pas le plus gros travail de Roy qui a passé les dernières semaines à arracher le doublage verre-polyester stratifié sur la coque à une époque indéterminée. « C’était dur ?
– Tu parles ! Autant dépouiller un alligator ! »
En dessous, des mauvaises surprises se sont révélées : étrave pourrie, fonds rongés par endroits, lattes à changer… Les infiltrations par le pont et le manque d’entretien n’ont rien pardonné.
Mais lors de la réalisation du documentaire, le sort d’Hippocampe demeurait inconnu. Peu avant notre départ aux Etats-Unis, pour tenter d’en avoir le cœur net, j’adressais près de 300 emails aux marinas et clubs nautiques de la côte Est, autour de New York, à Long Island, dans le Connecticut et le New Jersey, supposant que le bateau, s’il avait survécu, aurait pu rester dans sa zone géographique d’origine. Peu de réponses, aucune positive. Mais mon message parvint à Bridget Walter, rédactrice en chef d’une revue internet de Long Island « Li Sail » qui me proposa d’écrire un article en anglais, m’assurant que ses lecteurs adoreraient se lancer dans une chasse au trésor. Je bouclais en hâte une traduction anglaise de l’article de Voiles de 2001, papier rapidement mis en ligne et suivit d’une grande page de Bridget exhortant ses lecteurs à partager toute information utile. Mais aucun retour, silence absolu.
Fabienne Issartel réalisa un 52 minutes intitulé « Moi, Jean Lacombe, marin et cinéaste ». Diffusé de multiples fois sur France 3, il obtint le prix Mémoire de la Mer 2014 dans la catégorie film documentaire. Mais toujours rien sur Hippocampe jusqu’à une nuit du printemps dernier où l’insomnie m’avait conduit vers mon ordinateur. A 4 heures du matin arriva un email qui aurait filé directement à la poubelle s’il n’avait été intitulé « Hippocampe ». Message obscur. Dans un anglais nébuleux (je devais apprendre plus tard que Roy utilisait une tablette peu pratique), un certain Roy Mascari me laissait entendre qu’il avait retrouvé Hippocampe et tentait de l’acquérir. Mascari, Mascarille, mascarade, mon premier sentiment fut de soupçonner un canular. Je répondais néanmoins, demandant photos et détails. Quelques jours plus tard arriva une réponse tout aussi confuse et sans images. Un plaisantin ou quelqu’un s’étant trompé de bateau ? Bridget, sur le répondeur de qui Roy avait déposé un message, partageait mes doutes. Quelques emails plus tard, il devenait évident que mon correspondant ne tenait pas à me donner trop de précisions tant que le bateau ne serait pas à lui. Enfin arrivèrent trois photos de détails en plans très serrés. L’une d’elle révélant le rouf caractéristique du bateau leva en grande partie le doute pour Laurent et moi : il s’agissait très probablement d’Hippocampe.
Il fallut des semaines pour que Roy nous adresse enfin des images complètes du bateau et même des vues sous voiles prises lors d’une sortie menée à bord de cette semi-épave qu’il avait découverte trois ans plus tôt lors de ses propres pérégrinations à bord de Blakie, sa vieille baleinière convertie en voilier. Abandonné sur un ponton de Little Snug Harbor Marina, à Deltaville, Virginie, il avait découvert Hippocampe capot de descente ouvert, pont verdâtre et coque pleine d’eau. « Un scandale ! s’exclame Roy, mais en le visitant, j’ai compris tout de suite qu’il n’avait rien de commun. Il s’en dégageait une impression de solidité et de qualités marines, même s’il doit être très gîtard. J’en suis tombé amoureux. Il me le fallait absolument mais le type qui le possédait refusait le contact. »
Le nom en lettres de laiton miraculeusement restées sur le capot coulissant, Roy fit une recherche et, bien que ne parlant pas un mot de français, découvrit le livre de Jean Lacombe « A moi l’Atlantique » puis l’article de « Li Sail » qui lui donnèrent l’essentiel des informations manquantes. Sans beaucoup de moyens financiers – ce qui le rapproche de Lacombe – et doué d’un sens inné de la récupération et de la débrouillardise qui confine au mimétisme, Roy finit par acquérir Hippocampe pour les 500 dollars que son propriétaire devait à la marina. Il acquit une remorque déglinguée, la répara et, en août dernier, perdant une roue en route et réparant de nouveau, finit par parcourir 400 miles sous une pluie battante pour rapporter le bateau chez lui. Touchant une maigre retraite, Roy travaille chaque nuit de 3 à 7 heures du matin à décharger des camions chez Federal Express pour acquérir un peu de « play money » dont une fraction sert à restaurer Hippocampe. « Et puis ça maintient en forme ! » s’exclame Roy gonflant ses biceps comme un lutteur de foire.
Chapeau l’artiste ! Hippocampe qui demande une restauration en profondeur a trouvé un bonhomme digne de lui, une sorte de Lacombe, d’ailleurs à peine plus grand que lui, partagé entre ingénuité et sensibilité, ingéniosité et détermination. L’aide tonique qu’il nous apporta pour effectuer le relevé de la coque ne fut qu’une succession d’habiletés judicieuses. Roy, dont Hippocampe est le sept ou huitième bateau n’a rien d’un plaisantin. Grâce à lui, à Bridget, à beaucoup d’autres et à une longue chaîne de rencontres, le sort d’Hippocampe, cotre hauturier lilliputien, est élucidé.
Nous savons tous que les voiliers sont des objets « chargés », ethniques, magico-religieux. Comme Joshua ou les répliques du Spray, comme Damien ou l’épave d’Anahita, comme chaque fois que des êtres humains ont mis leur âme dans un bateau, œuvre d’art par principe, quand bien même approximative, déroutante ou naïve. Avec Hippocampe et Roy Mascari, l’esprit de Jean Lacombe continue de souffler et c’est bien là l’essentiel.
Eric Vibart.

Hippocampe, 1953. (Dessin Fch dans le serveur)
Architecte : Jean Lacombe
Constructeur : Chantier Croizer, Sartrouville. Construction sur gabarits en lattes d’acajou 20 x 29 collées et clouées sur chants et rivetées sur membrures frênes. Deux virures de fond sur chaque bord, préceintes et pavois en bordés classiques. Charpente axiale, lisses et bauquières en chêne. Pont contreplaqué de 10 mm. Cockpit fait d’une cuve de zinc autovideuse.
Maître-voilier et plan de voilure définitif : Jacques Grivot, Champigny-sur-Marne.

Caractéristiques :
Long., 5,50 m ; long. flottaison, 4,70 m ; largeur, 1,94 m ; largeur flottaison,1,60 m ; franc-bord AV, 0,85 m ; franc bord AR, 0,60 m ; tirant d’eau, 1,20 m ; voilure au près 25 m2 ; déplacement, 2,3 tonnes à vide ; lest, 875 kilos externe, 280 kilos interne.

Remise du prix du film "Mémoires de la mer" 2014, décerné par La Corderie Royale de Rochefort, à Fabienne Issartel.

Remise du prix du film « Mémoires de la mer » 2014, décerné par La Corderie Royale de Rochefort, à Fabienne Issartel.

Le site du yacht club classique en parle :

http://yachtclubclassique.com/2014/12/on-a-retrouve-hippocampe/

Et tout le monde est content et ému !

C’est formidable de voir Hippocampe, ce petit bateau, mythique pour beaucoup, reprendre vie.
En tout cas je souhaite de grandes joies a son nouveau capitaine, et des remerciements à tous ceux qui ont permis cette renaissance.
Claude Sorin

Bonjour de New York,
Quelle aventure! Encore une espieglerie de Jean Lacombe. Cette retrouvaille est bien dans l’esprit de Jean. Il aimait la difficulte. Il en etait l’auteur parfois.Quelle bonne et heureuse nouvelle. Et bravo a Eric Vibart et Laurent Charpentier pour leur poursuite fidele et romantique du bateau fantome.
Pierre gazarian

Bonne nouvelle que d’avoir retrouvé ce bateau !
Le Maître de port principal de La Rochelle, Patrice BERNIER.

Merci de m’avoir envoyé cette information importante et émouvante. En allant sur le chemin de mes chantiers, j’avais vu l’HYPPOCAMPE être mis à l’eau : Il avait été construit par CROIZER, un ancien du chantier JOUËT!
Jean-Pierre Jouët

Merci. Cette nouvelle est assez émouvante quand on a bien connu Jean.Vous connaissez certainement l’existence de son livre « A MOI L’ATLANTIQUE » qui raconte cette première traversée et dont il m’avait donné un exemplaire.
Eric Giblain

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Belles fêtes à vous tous !

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